Abbaye de Saint-Wandrille 

Situation géographique

L’abbaye de Saint Wandrille est située en Seine Maritime dans le parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande. Surplombant la vallée de la Fontenelle, cette abbaye millénaire est le témoin de la présence au monde de la réalité spirituelle et de l'absolu de Dieu.

L’abbaye aujourd’hui :

L’abbaye de Saint Wandrille compte aujourd’hui une communauté de 35 moines. Pendant les horaires consacrés au travail, les moines confectionnent des produits encaustiques tels que de la cire pour parquets, décapant, cire d’imprégnation pour terre cuite... Un atelier de restauration de peintures anciennes a ouvert dans les années 1990. Toujours en service, ce savoir-faire monastique ravive et donne une seconde vie aux tableaux malmenés par l’histoire. L’abbaye de Saint Wandrille vous propose également des pains d’épices, nonnettes, confitures et moutardes à base de miel, ainsi qu’une large gamme de confiseries. Les moines sélectionnent également avec soin une gamme de miels français et étrangers.

Histoire

En 649, un maire du palais de Clovis II cède ses droits sur un domaine royal situé au bord d'un ruisseau affluent de la Seine, la Fontenelle, dans la forêt de Jumièges, à deux moines, Wandrille et Gond. Wandrille, plein d'obéissance envers l'évêque de Rouen, Saint Ouen, qui avait voulu cette fondation monastique, veille jusqu'à sa mort, le 22 juillet 668 sur une communauté florissante, construisant sept églises dédiées à saint Pierre, saint Paul, saint Laurent, saint Pancrace, saint Saturnin, saint Amand, Notre-Dame. Cette prospérité dure jusque vers 740. A cette époque vont se succéder des abbés laïcs qui mettront à mal spirituel et temporel.

Une communauté se reconstitue à partir de Saint-Bavon de Gand, et vient en 960 avec l'abbé Maynard, faire renaître la vie monastique à Fontenelle. En 1006, le duc de Normandie Richard II relancera l'œuvre de restauration monastique en confiant Fontenelle à l'abbé saint Gérard. Ce dernier reconstruit les bâtiments modestes laissés par ses prédécesseurs, en particulier le réfectoire et le dortoir, grâce à de généreuses aumônes de nobles dames normandes, et grâce au développement du culte de saint Vulfran. On avait en effet découvert ses reliques dans les fondations de l'église en 1008.

Le monastère est à son apogée sous l'abbatiat de Gerbert : plusieurs de ses moines deviennent abbés. Guillaume le Conquérant fait donation à l'abbaye Saint-Wandrille de nombreux domaines en Normandie et en Angleterre. Durant le XIIe siècle, le scriptorium s'enrichit, la régularité se maintient, l'aumône est largement pratiquée.

Mais la guerre de Cent Ans désole le pays. Se succèdent alors jusqu'en 1450 des périodes de tranquillité, pendant lesquelles on travaille aux bâtiments, et des périodes de troubles, pendant lesquelles les religieux trouvent refuge dans leur hôtel de Rouen. La commende apparaît à la fin du XVe siècle. Si la régularité vacille, les constructions vont bon train : trois galeries du cloître sont reconstruites à partir de 1494 et achevées sous l'abbatiat de Jacques Hommet (1505-1523).

La congrégation de Saint-Maur, congrégation nationale issue en 1618 de la congrégation lorraine de Saint-Vanne, apporte une ferveur et une vitalité spirituelle issues directement du grand mouvement qui réforma l'Eglise après le concile de Trente, une organisation centralisée, un supérieur général issu d'un chapitre général triennal, des supérieurs locaux triennaux nommés par ce même chapitre général. L’intégration de Saint-Wandrille à la congrégation de Saint-Maur entraîne également l'exemption de visite épiscopale. Quinze mauristes prennent possession du monastère le 14 janvier 1636. Quant aux anciens religieux, ils restent sur place dans des demeures indépendantes, et gardent leurs charges et revenus jusqu'à leur mort. Les moines mauristes, jeunes et pleins d'ardeur, reprennent donc à Saint-Wandrille la vie régulière. Ils reconstruisent les uns après les autres les bâtiments vétustes : hôtellerie, infirmerie, sacristie, chapitre, promenoir et dortoir.

A partir de 1666 et jusqu'à la Révolution, Saint-Wandrille est le siège d'un cours pour les moines étudiants de la province, ou un séminaire de jeunes profès, ou le noviciat (de 1723 à 1739). Matières enseignées, professeurs, lecteurs et enseignants s'y succéderont d'année et année, y maintenant une bonne vitalité. Comme toute la congrégation de Saint-Maur, Saint-Wandrille est agité par la crise janséniste à partir de 1720.

La fin du XVIIIe siècle à Saint-Wandrille est caractérisée par une relative prospérité financière retrouvée depuis l'achèvement des grands travaux de reconstruction, un certain relâchement dans l'austérité de la vie, l'introduction des idées philosophiques, l'affiliation de plusieurs moines à des loges maçonniques. Pendant les années précédant immédiatement la Révolution, le nombre de vocations connaît une tendance à se redresser.

A son déclin lors de la Révolution, la congrégation connaîtra un certain nombre de religieux qui affrontèrent la situation et la persécution avec sérieux, comme les trois martyrs de septembre.

Le 13 février 1790, l'Assemblée constituante supprime les vœux solennels de religion ; quatre jours plus tard le dernier prieur mauriste est élu maire de la commune, avant de devenir curé constitutionnel, membre de la Convention puis du Conseil des Cinq-Cents. Le 28 avril 1790, aux termes de l'inventaire opéré par la municipalité, les vingt religieux mauristes déclarent vouloir se retirer. En octobre 1790, la vie conventuelle cesse, certains moines continuant à vivre quelque temps à l'abbaye ou le village, se réunissant encore à l'église les jours de fête.

Les bâtiments sont vendus en 1791 comme biens nationaux, et utilisés comme ateliers, ou pour l'église abbatiale comme carrière de pierres. Ils seront achetés en 1863 par le marquis de Stacpoole qui réunit les lots composant la clôture de l'abbaye, et transforme les bâtiments conventuels en demeure de campagne. Toute vie religieuse régulière cessa donc dans l'ancien monastère de 1790 à 1894.

En 1894, l'archevêque de Rouen, le cardinal Thomas, souhaitait qu'une communauté monastique issue de la congrégation de France - puis de Solesmes - s'implante dans son diocèse. Après plusieurs mois de pourparlers, quelques moines viennent le 13 février 1894 sous la conduite de dom Jean Martial Besse, reprendre possession de l'abbaye. Les fondateurs ont la nette conscience de s'enraciner dans sa tradition monastique propre, qui n'avait connu que deux brisures en plus de douze siècles d'existence.

En 1901, suite à la loi sur les associations, les trente-sept moines s'exilent et gagnent la Belgique, dans le diocèse de Namur, à Vonêche, puis dans le diocèse de Malines, à Dongelberg. En 1924, la communauté avec son nouvel abbé dom Jean-Louis Pierdait, rentre en France, et s'installe provisoirement dans le diocèse de Moulins, au Réray d'Aubigny, avant de réintégrer son monastère normand définitivement le 26 janvier 1931.

Pour subvenir aux besoins matériels de la communauté est créée en 1937 un atelier de fabrication d'encaustique, lequel sera relayé dans les années 1970 par un atelier de microcopie, puis, dans les années 1990, un atelier de restauration d’œuvres peintes.

En 1996, dom Pierre Massein succède à dom Levasseur. Sous son abbatiat une rénovation est effectuée de nos maisons d’accueil : hôtellerie intérieure, accueil Saint-Joseph, aménagement de la salle Saint-Paul. D’importants travaux sont aussi entrepris pour la modernisation de la cuisine. Le réfectoire est achevé d’être rénové en 1997. Dom Jean-Charles Nault est élu 82e abbé de Fontenelle le 22 avril 2009 et reçoit la bénédiction abbatiale des mains de Mgr Jean-Charles Descubes en la fête de saint Vulfran de la même année. Il entreprend une rénovation intérieure de l’édifice qui commence en août 2010.

Communauté religieuse

Les 35 moines de Saint Wandrille ont appartiennent à la communauté des bénédictins. Les bénédictins obéissent à la règle monastique rédigée par Benoît de Nursie (saint Benoit) en 529 pour l'abbaye du Mont-Cassin en Italie centrale. De 1901 à 1931, les moines s’exilent en Belgique. Ils réintègrent les lieux de l’abbaye de Saint Wandrille de manière définitive, après les dégâts de la première guerre mondiale le 26 janvier 1931.

La journée de la vie d’un moine

A cinq heures du matin, la cloche réveille les moines pour le premier office, l'office des vigiles qui dure une heure ou plus. Les moines disposent ensuite d'environ trois quarts d'heure pour la lecture de la Bible ou la prière privée. A 7 heures 30, les laudes ou louanges saluent le lever du soleil, et invitent toute la création à louer Dieu.

Après le petit-déjeuner, la plupart des moines disposent d'une bonne heure pour la lecture spirituelle ou la prière, avant la messe à 9 heures 30. Les moines se rassemblent dans la salle du chapitre pour chanter l'office de tierce. De là ils se rendent en procession, dans l'église abbatiale, pour célébrer le sacrifice eucharistique. Après la messe vient le temps de la formation monastique et intellectuelle pour les jeunes moines : les novices étudient la Règle de saint Benoît, l'histoire monastique et les bases de la vie spirituelle. Cette formation philosophique et théologique s'étale sur plusieurs années.

L'office de sexte, au milieu du jour, est immédiatement suivi par le déjeuner. Les repas sont pris dans le grand réfectoire, en silence, accompagnés d'une lecture. Le déjeuner est suivi d'une récréation qui favorise les échanges fraternels dans la communauté. L'office de none y met fin, et est suivi du travail manuel : l'entretien de vastes bâtiments, ou l'atelier de restauration de tableaux et la librairie.

A 17 heures 10, les cloches donnent annoncent l'office de vêpres. Ensuite, l'office du chapitre a lieu dans la salle capitulaire. Les frères disposent d'une grande heure avant le repas du soir pour s'adonner à la lecture spirituelle et à l'étude, ou à la prière.

Le dîner est pris au réfectoire à 19 heures 30. Les jours de jeûne, il est remplacé par une simple collation. A 20 heures 30, les frères se rassemblent dans la salle du chapitre, où l'on fait pendant quelques minutes une lecture spirituelle. Puis les frères se rendent à l'église pour y chanter le dernier office du jour, l'office de complies.