Abbaye d’Aiguebelle

Situation géographique

L’Abbaye cistercienne d’Aiguebelle est située aux confins du Dauphiné et de la Provence dans la Drôme provençale entre Montélimar et Orange.

La communauté et l’abbaye aujourd’hui

La communauté de Notre-Dame d'Aiguebelle compte actuellement 24 moines de 39 à 92 ans et poursuit toujours sa vie monastique en cherchant à vivre du travail de ses mains, à aider les pauvres dans la mesure de ses possibilités, à accueillir ceux et celles qui veulent prendre un temps d'arrêt dans leur vie. Les moines d’Aiguebelle confectionnent des produits artisanaux tels que l’Alexion, véritable boisson énergisante monastique du Comptoir des Abbayes, le baume d’Aiguebelle, également très recherché, des miels, du pollen, plantes et tisanes à utiliser en infusion, le lavandin de Provence et le café camerounais de Koutaba.

Histoire

Aiguebelle a été fondée en 1137, aux confins du Dauphiné et de la Provence, par les moines de Morimond, quatrième fille de Cîteaux fondée en 1115 en Champagne. Le monastère est bâti dans un vallon isolé, comme le voulait la tradition cistercienne, au confluent de trois ruisseaux, d'où le nom de "belles eaux", Aiguebelle. Au XII° siècle, le monastère bénéficie des donations des seigneurs voisins et accroît considérablement son domaine : il possède des terres jusqu'au pied du Mont Gerbier-de-Jonc. À partir du XIV° siècle, les épreuves vont se multiplier : guerre de Cent Ans, peste noire, chute des vocations, surtout des frères convers qui entretenaient les granges et les terres. Les possessions sont pour la plupart données en bail. Après 1515, les abbés ne sont plus élus par les moines mais nommés par le roi : ce sont les abbés commendataires, extérieurs au monastère et qui ne se préoccupent donc pas toujours des nécessités de leurs moines ni de la ferveur de leur communauté. Lors de la dispersion des moines en 1791, ils ne sont plus que trois. Le monastère est alors pillé puis vendu comme bien national. Son éloignement par rapport aux voies de communication va le sauver de la démolition.

L'absence des moines durera moins de 25 ans : en 1815, un groupe de cisterciens vient faire revivre le monastère. Ils viennent de Suisse et sont issus d'un groupe de moines français de l’abbaye de La Trappe qui, sous la conduite du Père Augustin de Lestranges, ont parcouru toute l'Europe pourchassés par les armées révolutionnaires et permettent le renouveau monastique et cistercien en France après la chute de Napoléon.

La communauté d'Aiguebelle va se développer rapidement : en 1850, elle compte 233 moines, et fonder de nombreux autres monastères dont la plupart sont toujours vivants : Staouéli qui deviendra N.D. de l'Atlas en Algérie (d'où sont nés deux nouvelles communautés : N.D. de Tibhirine en Algérie et N.D. de l'Atlas au Maroc), Les Neiges en Ardèche, le Désert près de Toulouse, les Dombes au nord-est de Lyon, Acey dans le Jura puis Koutaba au Cameroun. Elle assure aussi la paternité d'une communauté de moniales : N.D. de Bon Secours (Blauvac) dans le Vaucluse.

La journée de la vie d’un moine

Les moines vivent selon la règle énoncée par Saint Benoît au VIè siècle : « Ora et Labora » : prie et travaille. Le travail manuel, qui de préférence doit rester assez simple pour pouvoir s'allier à la prière intérieure, est un élément très important de la vie du moine. Dans certaines traditions monastiques, le travail intellectuel et théologique s'ajoutait au travail manuel.

Les moines se réunissent pour les tâches de travail et également pour les 7 offices quotidiens que sont : les Vigiles (4h), les Laudes (7h), la messe (7h30), l’office de Tierce (9h15), l’office de Sexte avant le déjeuner (12h15) et de None (14h15) après le repas, les vêpres à 18h et enfin les Complies à 20h.