Dernier office : Complies · prochain : Vigiles dans 7 h 03Les Grands Tours — 12 itinéraires9 €

Abbaye d’Aubazine : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 16 septembre 2026
1101fondation
communauté nouvelleordre
Corrèzedépartement
vivantemoniales
Abbaye de Aubazine
Abbaye de Aubazine

Au XVIIe siècle, l’abbaye d’Aubazine comptait près de 300 religieux et administrait un réseau de domaines agricoles entre Limousin et Quercy. Son abbatiale raccourcie, ses bâtiments conventuels et sa communauté de moniales melkites permettent aujourd’hui de lire neuf siècles d’histoire sur un même site.

L’histoire de l’abbaye d’Aubazine en dates

La fondation de l’abbaye d’Aubazine, également nommée Obazine dans les textes anciens, remonte à 1101. Étienne de Vielzot, connu comme saint Étienne d’Obazine, en est le fondateur. Le prêtre Pierre participe aux débuts de la communauté.

Vers 1125, les deux hommes établissent un ermitage à la Manse de Corbières, près de Vergonzac. L’arrivée de disciples transforme cette vie érémitique en cénobitisme, c’est-à-dire en vie religieuse organisée en communauté. Le groupe rejoint alors Aubazine. En 1127, l’évêque de Limoges reconnaît la communauté et autorise la construction d’un monastère sur des terres accordées par le vicomte Archambault.

Étienne organise une abbaye double. Le monastère masculin occupe le versant sud. Le monastère féminin est installé au Coyroux, au fond du vallon. En 1142, Étienne reçoit l’habit cistercien et devient abbé d’Obazine. L’affiliation à l’ordre de Cîteaux intervient en 1147.

Le chapitre, assemblée chargée des décisions de la communauté, impose alors au monastère féminin du Coyroux l’autorité canonique de l’abbé d’Obazine.

La première pierre de l’abbatiale est bénie le vendredi précédant les Rameaux de 1156. Étienne meurt en 1159 à Bonnaigue, l’une des abbayes issues d’Obazine. L’église est consacrée en 1176 par Guarin de Gallardon, archevêque de Bourges. Les restes du fondateur sont transférés dans le croisillon sud vers 1280.

Au XVIIe siècle, la communauté atteint près de 300 religieux. Les granges cisterciennes alimentent l’abbaye et commercialisent leurs productions en Limousin et en Quercy. En 1667, Aubazine devient le noviciat central de la commune Observance pour les provinces de Bordeaux et de Poitiers.

Les abbayesAbbaye Notre-Dame de Tamié : histoire, visite et communauté

La commende, régime dans lequel un abbé perçoit les revenus sans résider nécessairement sur place, marque aussi cette période. François d’Escoubleau de Sourdis puis Charles Antoine de La Roche-Aymon figurent parmi les abbés commendataires. En 1731, Guillaume Mathurin de Sers fait démolir six travées de la nef pour réduire les frais d’entretien.

Année Événement
1101 Fondation de l’abbaye d’Aubazine.
1127 Reconnaissance de la communauté par l’évêque de Limoges.
1142 Étienne reçoit l’habit cistercien et Obazine est érigée en abbaye.
1147 Affiliation à l’ordre de Cîteaux.
1156 Pose et bénédiction de la première pierre de l’abbatiale.
1176 Consécration de l’église abbatiale.
1280 Transfert des restes d’Étienne d’Obazine dans l’abbatiale.
1667 Installation du noviciat central cistercien.
1731 Démolition de six travées de la nef.
1791 Dissolution et fermeture de l’abbaye.
1840 Classement de l’abbatiale au titre des monuments historiques.
1963 Établissement de religieuses melkites.

La Révolution place les biens de l’Église à la disposition de la Nation en 1789. La dissolution et la fermeture sont fixées à 1791. L’abbatiale devient ensuite l’église paroissiale. Vers 1860, les religieuses du Saint-Cœur de Marie installent un orphelinat de filles dans l’ancien monastère. Gabrielle Chanel, future Coco Chanel, y passe une partie de sa jeunesse.

L’ordre historique indiqué pour le site est la communauté du Verbe de Vie. L’histoire médiévale des bâtiments reste liée à la règle cistercienne et à l’ordre de Cîteaux.

Ce que l’on voit aujourd’hui à Aubazine

L’abbatiale conserve le plan et la sobriété fonctionnelle de l’architecture cistercienne. La nef mesurait initialement 92 mètres. La démolition de 1731 lui a retiré six travées, soit 36 mètres. Sa longueur a donc été ramenée à 56 mètres.

Le croisillon sud abrite le tombeau de saint Étienne d’Obazine. Les stalles témoignent des réaménagements conduits entre la fin du XVIIe siècle et le début du XVIIIe siècle. Le visiteur doit aussi observer l’équilibre du transept, le traitement des volumes et l’absence de décor narratif abondant, conforme à la discipline architecturale cistercienne.

Les bâtiments conventuels entourent les espaces autrefois réservés à la vie commune. Le dortoir agrandi par des moines bâtisseurs venus de Bourgogne forme le volume le plus vaste de l’ensemble monastique. Le chapitre désignait à la fois l’assemblée des religieux et la salle où elle se réunissait. Le cloître distribuait l’abbatiale, le dortoir, le réfectoire et les lieux de travail.

Le monastère féminin du Coyroux n’occupait pas cette enceinte. Ses vestiges se trouvent dans le vallon. Le canal des moines rappelle l’organisation hydraulique du domaine. Il acheminait l’eau vers le monastère, les moulins, les ateliers, les potagers et les prairies.

L’abbatiale est classée au titre des monuments historiques depuis 1840. Les bâtiments conventuels sont classés depuis le 13 octobre 1988. L’ensemble est aussi un monument sélectionné par la mission d’identification du patrimoine immobilier en péril (2020).

Visiter l’abbaye d’Aubazine

L’abbatiale sert d’église paroissiale. Elle reste un lieu de culte avant d’être un espace de visite. L’accès s’organise autour des offices et des célébrations. Une tenue discrète et le silence sont attendus pendant la liturgie.

Le parcours doit distinguer l’église, les bâtiments conventuels et les espaces réservés à la communauté. La clôture, partie interdite au public qui protège la vie des moniales, ne se franchit pas. La porterie, point d’accueil du monastère, renseigne les visiteurs sur les accès ouverts le jour même.

Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communauté

Une visite commentée donne les clefs nécessaires pour comprendre la nef amputée, le tombeau du fondateur, le dortoir et l’organisation d’une abbaye double. Le billet se prend à l’accueil lorsque le parcours est proposé sous cette forme. Les horaires précis, les conditions de visite guidée et l’ouverture de la boutique doivent être vérifiés sur la fiche pratique du site de l’abbaye avant le déplacement.

  • Dans l’abbatiale : regardez la rupture de longueur provoquée par la démolition de 1731.
  • Dans le transept : repérez le tombeau de saint Étienne d’Obazine.
  • Dans les bâtiments conventuels : identifiez les circulations entre prière, sommeil, repas et travail.
  • Hors de l’enceinte : suivez le rôle du canal des moines et la séparation avec le Coyroux.

Pour préparer un parcours plus large, la rubrique visiter les abbayes précise les usages propres aux monuments et aux communautés vivantes. La carte des abbayes aide à organiser les étapes sans multiplier les détours.

La communauté de l’abbaye d’Aubazine aujourd’hui

L’abbaye accueille aujourd’hui une communauté vivante de religieuses melkites. Ces moniales sont établies à Aubazine depuis 1963. Elles relèvent du diocèse de Tulle.

La tradition melkite appartient au christianisme catholique de rite byzantin. Les offices suivent donc une expression liturgique distincte du rite latin qui structura l’ancienne abbaye cistercienne. La présence des moniales maintient une fonction religieuse dans des bâtiments qui ont connu la suppression révolutionnaire, l’usage paroissial et l’orphelinat.

La vie quotidienne s’organise autour de la prière, des offices et du travail communautaire. L’accès du public s’arrête à la clôture. La porterie assure le lien avec les visiteurs. L’existence d’une communauté ne signifie pas que l’hôtellerie reçoit sans réservation. Toute demande de séjour ou de retraite doit être adressée directement à l’accueil monastique. Les disponibilités et les modalités du jour figurent sur la fiche pratique de l’abbaye.

Autour de l’abbaye d’Aubazine en Nouvelle-Aquitaine

Aubazines se situe dans le département de la Corrèze, en région Nouvelle-Aquitaine. Le territoire réunit des fondations médiévales, des prieurés encore habités et des abbatiales affectées au culte paroissial.

Site voisin Distance depuis Aubazine
Prieuré du Jassonneix 56 km
Abbaye de Solignac 71 km
Abbaye de Cadouin 75 km

Le Prieuré du Jassonneix constitue l’étape la plus proche. Solignac permet de comparer Aubazine avec une autre grande fondation monastique du Limousin. Cadouin prolonge le parcours vers la Dordogne et un autre ensemble lié à l’histoire cistercienne. La rubrique consacrée aux abbayes de France permet de replacer ces trois sites dans leur ordre, leur état actuel et leur usage.

Donnez votre avis

Soyez le 1er à noter cet article
ou bien laissez un avis détaillé


Partagez cet article maintenant !


Le plan de abbaye d'Aubazine

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

L’horaire des offices

Une communauté vit ici : sept fois par jour, l’église s’ouvre pour un office. Les heures exactes varient d’une maison à l’autre — celles-ci sont celles de la Règle, à l’heure de votre montre.

Il est 21 h 27 — dernier office : Complies, avant le grand silence. Prochain : Vigiles dans 7 h 03.

VigilesLaudesTierceSexteNoneVêpresComplies

Les abbayes voisines

N
Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

Réagissez à cet article

La Feuille du mois

Une feuille glissée sous la porte, une fois par mois

Les abbayes qui ouvrent exceptionnellement, les portes ouvertes, les brassins et les fromages de saison, une hôtellerie qu’on a testée. Rien d’autre, rien de plus souvent.

Une feuille par mois. On se désabonne d’un clic.

Partagez votre réaction