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Abbaye Notre-Dame de Tamié : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 16 septembre 2026
1101fondation
trappisteordre
Savoiedépartement
vivantemoines
Abbaye de Tamié
Abbaye de Tamié

À 900 m d’altitude, l’Abbaye Notre-Dame de Tamié maintient une présence monastique dans le vallon de Tamié, près du col du même nom. Les moines trappistes y célèbrent les offices en français, accueillent des retraitants pendant 2 à 8 jours et fabriquent un fromage au lait cru depuis 1861.

Histoire de l’Abbaye Notre-Dame de Tamié en dates

L’Abbaye Notre-Dame de Tamié se trouve à Plancherine, dans le département de la Savoie. Sa fondation est datée de 1101. Son histoire institutionnelle est liée à l’ordre cistercien de la Stricte Observance.

L’établissement durable de la communauté est documenté au XIIe siècle. Pierre, ancien abbé de La Ferté et archevêque de Tarentaise, souhaite établir des religieux dans son diocèse. Les seigneurs de Chevron cèdent le vallon en 1132. Le 16 février 1133, des moines venus de l’abbaye de Bonnevaux, en Dauphiné, arrivent sous la conduite de Pierre, futur archevêque de Tarentaise sous le nom de Pierre II.

Les premières ressources viennent de l’élevage, des alpages et des domaines agricoles. Une bulle du pape Alexandre III place les biens de Tamié sous protection pontificale en 1171. Elle mentionne notamment des possessions dans les secteurs de Doussard, Tournon, Annecy, Montmélian, du Haut-Grésivaudan et du Haut-Bugey.

Année Événement
1101 Fondation de l’Abbaye Notre-Dame de Tamié.
1132 Les seigneurs de Chevron cèdent le vallon de Tamié.
1133 Arrivée, le 16 février, des moines envoyés depuis Bonnevaux.
1171 Le pape Alexandre III protège les possessions de l’abbaye par une bulle.
1381 Guillaume Guinard de Narbonne est désigné dans le cadre de la commende.
1677 Jean-Antoine de la Forest de Somont rétablit la vie régulière et engage la réforme.
1749 Les moines reprennent l’installation métallurgique du torrent du Bard.
1792 L’abbaye est supprimée et ses biens sont déclarés biens nationaux.
1861 La vie monastique est rétablie et la fabrication du Tamié commence.
1881 La communauté trappiste actuelle est établie à Tamié.

De la commende à la réforme de 1677

Les incendies, les disettes, les épidémies et les passages de troupes endommagent plusieurs fois le monastère. Une partie des archives disparaît. Les religieux poursuivent néanmoins l’exploitation de leurs terres. Le cadastre de 1730 recense six exploitations agricoles organisées autour de l’abbaye.

La commende, régime dans lequel l’abbé est nommé de l’extérieur et perçoit une part des revenus, affaiblit la communauté. Georges Jocerand de Cons est désigné par le duc de Savoie, puis confirmé par le pape Nicolas V en 1454. Pierre de Beaufort, abbé de 1537 à 1581, laisse des bâtiments dégradés et des finances désorganisées.

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Jean-Antoine de la Forest de Somont, nommé abbé en 1659, adopte la réforme en 1677. Il suit la ligne de l’abbé de Rancé à La Trappe. La discipline communautaire reprend. Un nouveau monastère est construit plus au sud, car les bâtiments médiévaux ne répondent plus aux besoins de la communauté.

Suppression révolutionnaire et retour des moines

À l’automne 1792, les possessions de l’abbaye deviennent des biens nationaux. Des soldats français occupent le site en avril 1793 afin de contrôler le col de Tamié. Dom Antoine et les religieux quittent alors les lieux pendant la nuit.

Le clocher est abattu après le décret du conventionnel Albitte ordonnant la démolition des clochers de Savoie. L’intérieur est dévasté. Une grande partie de la bibliothèque est brûlée, dispersée ou volée. La vie monastique revient en 1861 grâce à des cisterciens-trappistes venus de l’abbaye de la Grâce-Dieu. La communauté présente aujourd’hui est établie en 1881.

À Tamié, les dates de 1861 et de 1881 désignent deux étapes distinctes : le rétablissement de la vie monastique, puis l’établissement de la communauté trappiste actuelle.

Ce que l’on voit aujourd’hui à Tamié

L’abbaye occupe un vallon situé à 900 m d’altitude, sur le territoire de Plancherine. Les bâtiments actuels correspondent principalement au monastère reconstruit après la réforme de 1677, puis restauré lors du retour des religieux au XIXe siècle.

L’ensemble s’organise autour des espaces nécessaires à la règle cistercienne : église, bâtiments communautaires, lieux de travail et dépendances agricoles. Le chapitre, réunion quotidienne des moines et salle où elle se tient, appartient aux espaces communautaires. Il n’entre pas dans le circuit ordinaire des visiteurs.

Les constructions de l’abbaye médiévale ont été remplacées après leur dégradation. Les installations industrielles rappellent une autre partie de l’économie monastique. Dès le XVIIe siècle, le torrent du Bard fournit l’énergie nécessaire à une activité métallurgique. Les moines reprennent le haut-fourneau en 1749. Ils produisent des barres de fer, des plaques de cheminée et du métal destiné aux cloutiers des environs.

La lecture du site repose donc sur plusieurs états successifs. Le vallon conserve la fonction agricole du domaine. Le monastère témoigne de la réforme trappiste. Les bâtiments de production relient la communauté à l’élevage laitier et au travail des ressources locales.

Visiter l’Abbaye Notre-Dame de Tamié

Tamié est une abbaye vivante. La visite respecte la clôture, partie du monastère réservée aux religieux. Vous ne franchissez pas les espaces communautaires, les cellules, le chapitre ni les lieux de travail internes.

L’église accueille les fidèles lors des offices, les prières liturgiques célébrées à heures régulières. Les moines chantent en français. L’accès dépend du calendrier liturgique et de la vie de la communauté. Consultez la fiche pratique de l’abbaye avant votre déplacement pour connaître les heures du jour.

La porterie, lieu d’accueil situé à l’entrée du monastère, oriente les visiteurs et les hôtes. La boutique distribue les produits liés à l’abbaye, notamment le fromage de Tamié. Les espaces accessibles, les modalités de visite et les éventuelles visites guidées sont annoncés sur place. Pour préparer d’autres parcours monastiques, la rubrique visiter les abbayes rassemble les informations pratiques utiles.

  • Arrivez avant le début de l’office afin de ne pas interrompre la célébration.
  • Gardez le silence dans l’église et près de la clôture.
  • Vérifiez les conditions d’accès le jour de votre venue.
  • Adressez-vous à la porterie pour toute demande liée à l’accueil.

La communauté trappiste et l’hôtellerie aujourd’hui

L’Abbaye Notre-Dame de Tamié abrite une communauté vivante de Trappistes (moines), établie en 1881. Elle relève du diocèse de Chambéry. Son ordre historique est l’ordre cistercien de la Stricte Observance.

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La journée est structurée par les offices, la lecture, le travail et les repas communautaires. L’activité fromagère assure une part du travail manuel. Le Tamié est une pâte pressée non cuite au lait cru des vaches de la vallée. Il est affiné trois semaines à l’abbaye. Il est fabriqué par les moines trappistes depuis 1861.

Séjourner à l’hôtellerie de Tamié

L’hôtellerie monastique reçoit tous les hôtes, hommes et femmes, pour une durée de 2 à 8 jours. Cette hôtellerie de montagne est très demandée. La réservation s’effectue directement auprès de l’accueil de l’abbaye.

Le séjour suit le rythme du monastère. Les hôtes viennent pour le silence, la fromagerie et les offices chantés en français. L’accueil monastique n’est pas un hébergement touristique classique. Il suppose de respecter les horaires communs, la sobriété des lieux et la clôture.

L’hôtellerie reçoit des personnes de toute conviction. Le séjour reste lié au rythme liturgique et au fonctionnement quotidien de la communauté.

Les produits de Tamié s’inscrivent dans une tradition de travail monastique documentée depuis le XIIe siècle. Les premières mentions associent déjà les frères convers, chargés des travaux agricoles, aux alpages, au pain et au fromage. La rubrique comptoir des productions monastiques permet de situer ce travail parmi les activités des abbayes françaises.

Autour de l’abbaye dans les Alpes et en Savoie

Plancherine appartient à la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le vallon de Tamié se situe près d’Albertville, entre les reliefs savoyards et les voies reliant les anciens diocèses de Tarentaise, de Chambéry et d’Annecy.

À 19 km, l’Abbaye de Talloires présente un autre devenir monastique au bord du lac d’Annecy. À 37 km, l’Abbaye royale d’Hautecombe conserve la mémoire dynastique de la maison de Savoie sur les rives du lac du Bourget. À 54 km, la Grande Chartreuse témoigne d’une règle différente, fondée sur l’équilibre entre solitude en cellule et vie communautaire.

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Le plan de abbaye Notre-Dame de Tamié

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

L’horaire des offices

Une communauté vit ici : sept fois par jour, l’église s’ouvre pour un office. Les heures exactes varient d’une maison à l’autre — celles-ci sont celles de la Règle, à l’heure de votre montre.

Il est 21 h 08 — dernier office : Complies, avant le grand silence. Prochain : Vigiles dans 7 h 22.

VigilesLaudesTierceSexteNoneVêpresComplies

Les abbayes voisines

N

Y dormir

Hôtellerie de montagne, hommes et femmes, très demandée. On vient pour le silence, la fromagerie et les offices chantés en français.

Qui est reçuhommes et femmes
Durée habituelle2 à 8 jours
Commentpar courrier ou par le site de l’abbaye, jamais par téléphone le soir
Ce qu’on donneune participation aux frais, laissée à chacun

Le Registre des hôtelleries

Ce qu’on y fabrique

Tamié — Pâte pressée non cuite au lait cru des vaches de la vallée, affinée trois semaines à l'abbaye. Fabriqué par les moines trappistes depuis 1861.

Le comptoir

Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

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