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Abbaye Notre-Dame d’Autrey : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 16 septembre 2026
communauté nouvelleordre
Vosgesdépartement
vivantecommunauté mixte
Abbaye de Autrey
Abbaye de Autrey

Fondée en 1149, l’Abbaye Notre-Dame d’Autrey conserve près de neuf siècles d’histoire religieuse, industrielle et diocésaine. Son église classée, ses bâtiments conventuels, son parc de quatre hectares et la présence de la communauté des Béatitudes composent aujourd’hui un site vivant des Vosges.

Histoire de l’Abbaye Notre-Dame d’Autrey en dates

L’Abbaye Notre-Dame d’Autrey se trouve dans la commune d’Autrey, dans le département des Vosges, en région Grand Est. Elle est fondée en 1149 par le cardinal Étienne de Bar, évêque de Metz, au retour de la deuxième croisade. La châtellenie de Rambervillers marque alors l’extrémité méridionale des possessions de l’évêché de Metz.

Étienne de Bar confie l’établissement aux chanoines réguliers de saint Augustin. Ces religieux vivent en communauté sous une règle tout en assurant un ministère pastoral. Anselme, premier abbé connu, dirige le monastère de 1172 à 1182.

Le culte de saint Hubert, deuxième patron de l’abbaye, contribue au rayonnement d’Autrey. Une relique tenue pour bienfaisante attire des pèlerins. Les guerres de la fin du Moyen Âge endommagent ensuite l’ensemble monastique.

Année Événement
1149 Le cardinal Étienne de Bar fonde l’abbaye et la confie aux chanoines réguliers de saint Augustin.
1172-1182 Anselme, premier abbé connu, dirige la communauté.
1537-1545 L’abbé Claude Stevenel restaure l’église et fait édifier le chevet, le transept et deux chapelles.
1704-1715 Le monastère et la nef sont reconstruits après les épreuves du XVIIe siècle.
1777 L’abbé de Chaumont devient le premier évêque de Saint-Dié et Autrey perd son titre d’abbaye.
Juin 1792 Le domaine est vendu comme bien national à l’industriel Colombier.
1856 Louis-Marie-Joseph-Eusèbe Caverot acquiert le site et y transfère le petit séminaire de Senaide.
8 juillet 1911 L’église est classée au titre des monuments historiques.
1931 Les façades et les toitures des deux ailes sont classées, puis le petit séminaire reprend son activité.
Septembre 1944 Un bombardement détruit partiellement le clocher et la nef.
1952 Des travaux mettent au jour les vestiges de la première abbaye.
1982 La communauté des Béatitudes s’établit à Autrey à l’appel de l’évêque de Saint-Dié.

Claude Stevenel conduit la grande campagne de restauration du XVIe siècle après les guerres de Charles le Téméraire. Le chevet, le transept et les chapelles nord-est et sud-est associent alors formes gothiques et vocabulaire de la Renaissance. La chapelle Saint-Hubert constitue le principal témoin Renaissance de cet ensemble vosgien.

Au XVIIe siècle, les religieux appartiennent à la congrégation de Notre-Sauveur, réformée par saint Pierre Fourier. Autrey reçoit le noviciat, c’est-à-dire la maison de formation des futurs religieux. Aucune date précise de mise en commende, régime dans lequel les revenus sont confiés à un abbé extérieur à la communauté, n’est établie pour le parcours retenu ici.

Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communauté

Après la vente de 1792, Colombier installe une manufacture de tréfilerie dans l’ancienne abbaye. Le clocher roman est démoli. Un canal traverse la nef afin d’alimenter les installations industrielles. Les bâtiments conventuels servent de logements ouvriers, ce qui évite leur démolition. La manufacture ferme en 1850.

Le petit séminaire ouvert en 1856 est placé sous le patronage de Marie Immaculée. Le chanoine Morquin organise l’établissement et le dirige pendant ses quatorze premières années. La loi de séparation touche le séminaire en 1906. Un hospice départemental de vieillards occupe les lieux en 1912, puis devient un hôpital de guerre en 1914.

Le diocèse rachète le bâtiment en 1930. Le 3 novembre 1931, jour de la fête de saint Hubert, les grands élèves des petits séminaires vosgiens reviennent à Autrey. L’établissement fonctionne jusqu’en 1974. Durant la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes occupent l’abbaye.

Ce que l’on voit aujourd’hui à l’abbaye d’Autrey

L’ensemble conservé comprend l’église abbatiale et deux ailes de bâtiments conventuels. L’église présente plusieurs campagnes de construction. Le chevet, le transept et les chapelles du XVIe siècle côtoient la nef reconstruite entre 1704 et 1715, puis réparée après les destructions de 1944.

La chapelle Saint-Hubert se situe au nord-est. Son décor appartient à la Renaissance. Sa conception rappelle celle de la chapelle des évêques de la cathédrale Saint-Étienne de Toul. Les vestiges dégagés en 1952 correspondent à la première abbaye et comprennent l’espace devenu la chapelle Saint-Bernard.

L’Abbaye Notre-Dame d’Autrey est un monument historique classé : l’église bénéficie d’un classement depuis le 8 juillet 1911, tandis que les façades et les toitures des deux ailes sont classées depuis 1931.

Le clocher roman d’origine a disparu pendant la période industrielle. Le clocher et la nef visibles portent aussi la trace des destructions de septembre 1944 et des travaux réalisés en 1952. La lecture du bâtiment demande donc de distinguer les parties médiévales, les ajouts Renaissance, la reconstruction du XVIIIe siècle et les restaurations contemporaines.

Le domaine comprend un parc de quatre hectares. Son fonds botanique rassemble 2 500 essences, avec des hydrangéas, des rhododendrons, des rosiers anciens et des glycines. La pépinière cultive 550 variétés de rosiers anciens, ainsi que des plantes de terre acide, des arbres, des arbustes, des hydrangéas et des plantes grimpantes.

Visiter l’Abbaye Notre-Dame d’Autrey

L’abbaye reste un lieu religieux habité. L’accès ne suit donc pas le fonctionnement continu d’un monument sans communauté. L’église accueille les fidèles lors des offices, les prières célébrées à heures déterminées. Les horaires évoluent avec le calendrier liturgique et communautaire.

Consultez la fiche pratique du site de l’abbaye avant votre déplacement pour connaître les heures du jour, les conditions d’ouverture des jardins et l’existence d’une visite guidée. Sur place, la porterie, espace d’accueil situé à l’entrée du monastère, indique les secteurs accessibles. La clôture, partie réservée à la vie interne de la communauté, ne se franchit pas.

  • Regardez l’articulation entre le chevet du XVIe siècle et la nef reconstruite au XVIIIe siècle.
  • Repérez la chapelle Saint-Hubert au nord-est de l’église.
  • Observez les façades et les toitures classées des deux ailes conventuelles.
  • Demandez à la porterie les conditions d’accès à la chapelle Saint-Bernard et aux jardins.
  • Vérifiez sur place la disponibilité des productions liées à l’abbaye avant de vous rendre à un éventuel espace de vente.

La manifestation Plantes en fête se tient à l’abbaye le troisième week-end du mois de mai. Elle met en relation le patrimoine bâti, le parc et l’activité horticole. Pour préparer un circuit plus large, la page consacrée aux lieux à visiter et la carte des abbayes facilitent le repérage géographique.

La communauté des Béatitudes à l’Abbaye Notre-Dame d’Autrey

La communauté des Béatitudes occupe l’abbaye depuis 1982. Il s’agit d’une communauté mixte rattachée au diocèse de Saint-Dié. Ses membres assurent une présence religieuse et entretiennent un rythme quotidien structuré par la prière et les offices.

Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communauté

Le cours Agnès-de-Langeac ouvre en 1988. Il reçoit de jeunes garçons engagés dans un discernement sacerdotal ou religieux. L’école ferme en 2007.

En janvier 2023, le quotidien La Croix publie un reportage consacré à des abus sexuels allégués au sein de cette école. Dix anciens élèves y déclarent avoir subi des agressions commises par les pères Dominique Savio et Henri Suso, prêtres de l’internat. Plusieurs personnes présentées comme victimes se sont suicidées. Ces faits allégués appartiennent à l’histoire contemporaine du lieu et doivent être distingués de l’accueil actuel de la communauté.

L’abbaye est également associée à une bière blonde de haute fermentation titrant 6,9° d’alcool. Le père Jean Bosco, membre de la communauté des Béatitudes d’Autrey, en a conçu le projet. Le brassage est réalisé par la brasserie La Madelon à Saint-Étienne-lès-Remiremont.

Autour de l’Abbaye Notre-Dame d’Autrey dans le Grand Est

Autrey se situe dans les Vosges, à huit kilomètres au sud de Rambervillers. Son implantation permet de relier plusieurs traditions monastiques présentes dans la région Grand Est. La liste des abbayes aide à organiser un parcours par département ou par ordre religieux.

Baumgarten conduit vers le patrimoine monastique alsacien. Murbach conserve les traces d’une puissance abbatiale médiévale distincte de l’histoire canoniale d’Autrey. Hohenbourg associe un sanctuaire actif à la mémoire de sainte Odile et complète un itinéraire entre les Vosges et l’Alsace.

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Le plan de abbaye Notre-Dame d'Autrey

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

L’horaire des offices

Une communauté vit ici : sept fois par jour, l’église s’ouvre pour un office. Les heures exactes varient d’une maison à l’autre — celles-ci sont celles de la Règle, à l’heure de votre montre.

Il est 21 h 55 — dernier office : Complies, avant le grand silence. Prochain : Vigiles dans 6 h 35.

VigilesLaudesTierceSexteNoneVêpresComplies

Les abbayes voisines

N
Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

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