En 1953, les moniales cisterciennes quittent Sainte-Anne-d’Auray pour un monastère neuf construit à Campénéac. L’Abbaye de la Joie Notre-Dame reste aujourd’hui une communauté vivante de Trappistines, avec une église accessible pour les offices et une production monastique vendue à la porterie.
Histoire de l’Abbaye de la Joie Notre-Dame en dates
L’Abbaye de la Joie Notre-Dame se trouve à Campénéac, dans le département du Morbihan, en Bretagne. Son ordre historique est l’ordre cistercien. La communauté actuelle appartient aux Trappistines, moniales cisterciennes de la stricte observance.
Son histoire ne commence pas à Campénéac. La communauté est fondée en 1920 à Auray par des sœurs venues de l’abbaye Notre-Dame de la Coudre, à Laval, en Mayenne. Elle porte alors le vocable de « Notre Dame de Bonne Garde ».
Les bâtiments d’Auray se révèlent mal adaptés à la règle monastique. La propriété ne fournit pas non plus l’espace agricole nécessaire à la communauté. La décision de transférer le monastère est prise en 1947.
La même année, les frères de l’Abbaye Notre-Dame de Timadeuc achètent la propriété du château La Ville Aubert et sa ferme. Ils commencent la construction du nouveau monastère. Les moniales s’y établissent en 1953.
Le monastère visible à Campénéac date du XXᵉ siècle. Son nom conserve toutefois la mémoire d’une abbaye bretonne fondée au XIIIᵉ siècle.
Le nom choisi en 1953 reprend celui de La Joye d’Hennebont. Cette ancienne abbaye avait été fondée en 1260 par Blanche de Navarre, comtesse de Champagne et femme de Jean Ier, duc de Bretagne. Elle disparaît lors de la Révolution française.
La commende désigne l’attribution des revenus d’une abbaye à un titulaire extérieur. Ce régime ne structure pas l’histoire de la communauté fondée à Auray en 1920. Son développement relève du mouvement cistercien contemporain et de sa filiation avec Laval puis Timadeuc.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1260 | Fondation de La Joye d’Hennebont par Blanche de Navarre. |
| Révolution française | Disparition de l’ancienne abbaye dont le nom sera repris à Campénéac. |
| 1920 | Fondation à Auray de la communauté « Notre Dame de Bonne Garde » par les sœurs de Notre-Dame de la Coudre. |
| 1921-1938 | Abbatiat de M. Marie Perney. |
| 1947 | Décision du transfert et achat de La Ville Aubert par les frères de Timadeuc. |
| 1953 | Installation des moniales à Campénéac sous le nom de La Joie Notre-Dame. |
| 1954-1971 | Abbatiat de M. Bernarde Moal. |
| 1994 | Fin de la production du fromage au lait cru commencée en 1953. |
| 2021- | Abbatiat de M. Soazig (Marie-Françoise) Connan. |
Ce que l’on voit aujourd’hui à Campénéac
L’ensemble de Campénéac est un monastère construit pour une communauté active. Il ne s’agit ni d’une abbaye médiévale conservée ni des vestiges de La Joye d’Hennebont. Aucun bâtiment du XIIIᵉ siècle n’a été transféré sur place.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéLe domaine acquis en 1947 comprenait le château La Ville Aubert et une ferme. La construction monastique a ensuite organisé les espaces nécessaires à la vie cistercienne. L’église accueille la liturgie. Les bâtiments conventuels réunissent les lieux de prière, de travail, de repas et de repos.
Le chapitre, salle où la communauté se réunit pour les décisions et la lecture de la règle, appartient aux espaces réguliers. Ces parties ne forment pas un circuit patrimonial libre. Elles relèvent de la clôture, zone réservée aux moniales.
L’architecture répond aux usages d’une abbaye du XXᵉ siècle. Les lignes sont sobres. L’organisation privilégie la circulation de la communauté entre l’église et les bâtiments conventuels. Le monastère bénéficie du label « Patrimoine du XXᵉ siècle ».
Le visiteur doit donc regarder l’ensemble comme une création monastique contemporaine. La continuité cistercienne tient à la règle, à la liturgie et au travail. Elle ne repose pas sur la conservation d’un cloître médiéval.
Visiter l’Abbaye de la Joie Notre-Dame
L’église est accessible dans le cadre des offices. Un office est une prière liturgique célébrée à heures régulières par la communauté. Vous entrez en silence et vous vous installez dans la partie destinée aux fidèles.
Les horaires varient avec le calendrier liturgique et l’organisation de la communauté. Consultez la fiche pratique publiée par l’abbaye pour connaître les heures du jour. Cette vérification évite d’arriver pendant la fermeture des accès.
La visite ne correspond pas à celle d’un monument doté d’un parcours permanent. Vous ne franchissez pas la clôture. Les bâtiments conventuels, le chapitre et les espaces de travail restent réservés aux moniales. Aucune entrée dans ces parties ne doit être déduite de l’ouverture de l’église.
Porterie, boutique et produits monastiques
La porterie désigne le point d’accueil situé à l’entrée du monastère. Elle renseigne sur l’accès à l’église et sur les modalités du jour. La boutique distribue les produits fabriqués par la communauté.
Les moniales confectionnent des galettes sablées bretonnes, des gâteaux bretons, des pains d’épices et des croque-thés. Ces derniers sont proposés aux amandes, aux noisettes et à l’orange. Elles travaillent également le chocolat, avec une place privilégiée accordée au chocolat noir.
La communauté a aussi produit un fromage au lait cru portant le nom de l’abbaye. Cette activité s’est déroulée de 1953 à 1994. Le fromage appartient donc à l’histoire économique du monastère, et non à sa gamme actuelle.
Avant votre déplacement, consultez les modalités indiquées par l’abbaye pour la boutique et l’accueil. N’assimilez pas la porterie à un guichet de monument. Pour préparer d’autres déplacements monastiques, la rubrique visiter une abbaye précise les usages propres aux communautés vivantes.
La communauté de l’Abbaye de la Joie Notre-Dame aujourd’hui
L’Abbaye de la Joie Notre-Dame abrite une communauté vivante de Trappistines établie à Campénéac en 1953. Elle relève du diocèse de Vannes. M. Soazig (Marie-Françoise) Connan exerce la charge d’abbesse depuis 2021.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéLes Trappistines suivent une forme exigeante de la règle de saint Benoît dans la tradition cistercienne. Leur journée associe les offices, la lecture, le travail manuel et les tâches communes. Le silence organise une partie de la vie quotidienne sans supprimer l’accueil à la porterie.
La Joie Notre-Dame reste liée à Timadeuc. Le père abbé de Timadeuc est le père immédiat des moniales. Dans le vocabulaire cistercien, ce titre désigne l’abbé chargé d’un accompagnement régulier de la communauté et de ses visites canoniques.
La communauté possède aussi une fondation à Madagascar, Notre-Dame d’Ampibanjinana. Le père abbé de Timadeuc en est également le père immédiat. Cette filiation inscrit Campénéac dans un réseau cistercien qui dépasse la Bretagne.
La fabrication alimentaire participe au travail monastique. Elle procure des ressources à la communauté. Elle maintient aussi un lien concret avec les visiteurs par la boutique.
Les conditions d’un séjour ou d’un accueil spirituel doivent être demandées directement à la porterie. Une hôtellerie monastique fonctionne selon les disponibilités de la communauté, et non comme un hébergement touristique. Il faut attendre une confirmation avant d’organiser votre venue.
Autour de l’abbaye, entre Morbihan et Bretagne monastique
Campénéac se situe dans le Morbihan, à l’orée de la forêt de Paimpont. L’abbaye constitue un point de départ cohérent pour parcourir plusieurs fondations religieuses de Bretagne. La carte des abbayes aide à organiser l’ordre des visites.
- Abbaye Notre-Dame de Timadeuc à 32 km : cette abbaye cistercienne de Timadeuc entretient un lien institutionnel direct avec La Joie Notre-Dame.
- Abbaye Notre-Dame de Boquen à 39 km : l’Abbaye Notre-Dame de Boquen se trouve dans les Côtes-d’Armor.
- Abbaye Sainte-Anne de Kergonan à 73 km : l’Abbaye Sainte-Anne de Kergonan appartient au paysage monastique du Morbihan.
Ces distances permettent de construire un itinéraire entre communautés vivantes et architectures de périodes différentes. Le répertoire des abbayes de France permet de prolonger le parcours au-delà de la région.




