Fondée en 1142, l’Abbaye de Boulaur associe neuf siècles d’architecture religieuse à une communauté cistercienne établie en 1949. À Boulaur, dans le Gers, les moniales vivent aujourd’hui de leur ferme, accueillent des hôtes et entretiennent un ancien prieuré fontevriste.
Histoire de l’Abbaye de Boulaur en dates
L’Abbaye de Boulaur se trouve dans la commune de Boulaur, dans le département du Gers, en région Occitanie. Elle est fondée en 1142 par Pétronille de Chemillé, abbesse de Fontevraud. L’archevêque d’Auch et Sanche Ier, comte d’Astarac, soutiennent cette création.
Le nouvel établissement est un prieuré de l’ordre de Fontevraud. Sa première abbesse, Longuebrune, est la veuve du comte d’Astarac. Le nom Boulaur vient de Bonus Locus, « Bon lieu » en latin. Le village portait auparavant le nom de Saint-Germier.
Le prieuré reste l’un des établissements les plus pauvres de l’ordre de Fontevraud. Aucun apogée monumental comparable aux grandes abbayes royales n’est documenté. Aucune date de mise en commende, régime dans lequel les revenus d’un monastère sont confiés à un supérieur extérieur, n’est retenue dans la chronologie établie du lieu.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1142 | Fondation par Pétronille de Chemillé avec le soutien de l’archevêque d’Auch et de Sanche Ier, comte d’Astarac. |
| Révolution française | Le prieuré devient bien national. La suppression du clergé régulier entraîne la dispersion des religieuses. |
| Fin du XIXe siècle | La vie monastique reprend dans les bâtiments. |
| 1903 | Les religieuses sont expulsées en application des lois visant les congrégations. |
| 1949 | Des bénédictines restaurent la vie monastique et rejoignent l’ordre cistercien. Sœur Marie-Pia Le Thomas dirige le prieuré. |
| 21 décembre 1972 | Le couvent est inscrit au titre des monuments historiques. |
| 1979 | La communauté compte cinq religieuses, trente ans après son rétablissement. |
| 1990 | Le prieuré est érigé en abbaye. Sœur Marie-Pia Le Thomas devient abbesse. |
| 1998 | La communauté essaime à l’abbaye de Rieunette, près de Narbonne. |
| 2026 | Le monument est sélectionné par la mission d’identification du patrimoine immobilier en péril. |
L’ordre historique indiqué pour l’abbaye actuelle est l’ordre cistercien. Cette identité date de la restauration de 1949. Elle ne modifie pas l’origine fontevriste de l’architecture médiévale.
À Boulaur, il faut distinguer deux filiations : un prieuré fontevriste fondé en 1142 et une communauté de moniales cisterciennes établie en 1949.
Ce que l’on voit aujourd’hui à l’Abbaye de Boulaur
L’église conserve une base romane. Sa nef comprend trois travées couvertes de voûtes gothiques et deux travées de la Renaissance. Des contreforts épais renforcent les murs extérieurs. Une suite d’arcatures en plein cintre court sous la toiture.
Le chevet à pans coupés est également épaulé par des contreforts. Une galerie haute répondait à des fonctions de surveillance et de défense. Le clocher adopte un plan carré. Ces éléments appartiennent à l’ancien ensemble fontevriste, et non à une construction cistercienne de 1949.
Les fresques, les grilles et la Belle Dame de Boulaur
Le chœur et la travée suivante portent des fresques du XIVe siècle. Les grilles en fer forgé de l’avant-chœur datent du XVIIIe siècle. Leur décor emploie la tôle repoussée.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéLe cloître date du XVIIe siècle. Il distribue les bâtiments conventuels réservés à la communauté. Une aile de la fin du XIIIe siècle associe la brique et la pierre en assises alternées. Elle a été remaniée au XVIIe siècle.
Le monastère conserve aussi une Vierge à l’Enfant de la fin du XIIIe siècle ou du début du XIVe siècle. Retrouvée sous un carrelage, elle porte le nom de « Belle Dame » de Boulaur. Le chapitre, salle où la communauté se réunit pour traiter les affaires du monastère, appartient à l’espace conventuel.
Visiter l’Abbaye de Boulaur
L’Abbaye de Boulaur est un monastère vivant. La visite ne fonctionne donc pas comme celle d’un monument intégralement ouvert. L’église accueille les fidèles lors des offices, les prières liturgiques célébrées à heures régulières. Les horaires changent avec le calendrier de la communauté. Consultez la fiche pratique publiée par l’abbaye pour connaître les heures du jour.
La clôture, partie du monastère réservée aux moniales, ne se franchit pas. Le cloître et les bâtiments communautaires ne constituent pas un parcours libre. Une visite guidée, lorsqu’elle est programmée, suit un horaire fixé par l’abbaye. La porterie, lieu d’accueil situé à l’entrée du monastère, renseigne les visiteurs sur les accès du jour.
Préparer une visite de l’Abbaye de Boulaur
- Vérifiez les offices et les conditions d’accès avant votre déplacement.
- Entrez dans l’église en respectant le silence liturgique.
- Ne franchissez aucune porte signalant la clôture.
- Adressez-vous à la porterie pour une visite annoncée ou un séjour.
- Prévoyez un passage à la boutique pour les productions de la ferme.
Dans l’église, regardez d’abord la succession des travées romanes, gothiques et Renaissance. Levez ensuite les yeux vers les fresques du XIVe siècle. Les grilles de l’avant-chœur donnent un repère précis sur les aménagements du XVIIIe siècle.
Pour organiser un parcours monastique plus large, la rubrique visiter les abbayes permet de distinguer les monuments en accès libre, les visites guidées et les communautés soumises à une clôture.
La communauté cistercienne de Boulaur aujourd’hui
La communauté vivante est formée de moniales cisterciennes. Elle est établie en 1949 et relève du diocèse de Auch. Le monastère reste un prieuré jusqu’en 1990, date de son érection en abbaye.
Sœur Marie-Pia Le Thomas exerce la charge de supérieure de 1949 à 1990, puis celle d’abbesse de 1990 à 2000. Sœur M. Pauline Couette lui succède de 2000 à 2012. Sœur M. Emmanuelle Desjobert est abbesse depuis 2012.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéLa communauté compte vingt-sept moniales en 2020, puis trente-et-une sœurs en 2021. En septembre 2022, huit moniales de Boulaur s’installent à l’abbaye Notre-Dame-des-Neiges après le départ des moines cisterciens.
Hôtellerie et accueil des femmes et des familles
L’hôtellerie monastique reçoit des femmes pour une durée de quelques jours. Les moniales cisterciennes vivent d’une ferme : vous pouvez séjourner sur place et parfois aider, dans le cadre fixé par la communauté. L’hôtellerie accueille également les familles. Une demande préalable auprès de la porterie reste nécessaire.
Un séjour à Boulaur s’inscrit dans le rythme des offices et du travail agricole. Il ne correspond ni à une visite hôtelière ordinaire ni à un accès aux espaces de clôture.
Ferme, ateliers et produits de l’abbaye
La ferme couvre vingt-sept hectares en 2017 et quarante-cinq hectares en 2020. Le verger est conduit en permaculture. La démarche d’agriculture biologique est renforcée après l’encyclique Laudato si’ de 2015.
Les moniales transforment leur production sur place. En 2020, elles produisent deux tonnes et demie de fromages, huit cents kilogrammes de pâtés et quatre tonnes de confitures par an. Elles fabriquent aussi des farines. Deux sœurs sont ingénieurs agricoles.
Le projet de « grange cistercienne du XXIe siècle » est présenté au début de 2020. Il prévoit l’accueil de vingt-cinq vaches, d’une douzaine de cochons, d’ateliers, d’une fromagerie, d’une charcuterie, d’un espace d’accueil et d’une salle d’exposition. Le bâtiment emploie la tuile, la pierre, la terre et le bois afin de respecter le périmètre protégé. À l’été 2023, les sœurs lancent une bière élaborée avec le blé de l’abbaye.
Autour de l’Abbaye de Boulaur dans le Gers
Boulaur se situe en Occitanie, dans un secteur où plusieurs maisons religieuses permettent de comparer monastère vivant, patrimoine restauré et site culturel. La région Occitanie et ses abbayes rassemble ces différentes formes d’occupation.
- L’Abbaye Sainte-Marie du Désert se trouve à 32 km.
- L’Abbaye de Flaran se trouve à 50 km.
- L’Abbaye de mas grenier se trouve à 51 km.
Ces trois étapes se repèrent sur la carte des abbayes de France. Boulaur se distingue par la continuité d’une communauté cistercienne, son hôtellerie pour femmes et familles, et une économie monastique fondée sur l’agriculture et la transformation à la ferme.





