Établie en 1841, la communauté actuelle de l’Abbaye de La Trappe poursuit une tradition monastique fondée à Soligny-la-Trappe en 1140. Ce monastère de l’Orne a donné son nom aux trappistes et reste leur maison mère historique dans le Perche.
L’histoire de l’Abbaye de La Trappe en dates
L’Abbaye de La Trappe se trouve à Soligny-la-Trappe, dans le département de l’Orne, en région Normandie. Sa fondation remonte à 1140. Le comte Rotrou est à l’origine de l’établissement monastique.
Le projet prend forme après le naufrage de la Blanche-Nef, le 25 novembre 1120. Mathilde du Perche, épouse de Rotrou et fille illégitime d’Henri Ier d’Angleterre, périt dans la catastrophe. Rotrou fait bâtir un oratoire à Soligny en 1122. Il appelle ensuite des religieux du Breuil-Benoît, monastère rattaché à la congrégation de Savigny.
Les moines s’installent près de l’oratoire le 10 septembre 1140. Une bulle du pape Eugène III confirme la charte de fondation en juin 1147. La même année, La Trappe rejoint l’ordre cistercien avec l’ensemble de la congrégation savignienne. Son ordre historique est l’ordre cistercien de la Stricte Observance.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1120 | Mathilde du Perche meurt dans le naufrage de la Blanche-Nef. |
| 1122 | Le comte Rotrou fait construire un oratoire à Soligny. |
| 1140 | Des moines du Breuil-Benoît fondent l’Abbaye de La Trappe. |
| 1147 | La fondation est confirmée et le monastère rejoint l’ordre cistercien. |
| 1214 | L’église abbatiale est achevée et consacrée à Notre-Dame le 27 avril. |
| 1215 | La Trappe fonde l’abbaye cistercienne féminine des Clairets, à Mâle. |
| 1360 | Les moines quittent temporairement le monastère pendant la guerre de Cent Ans. |
| 1434 et 1469 | L’abbaye subit deux nouveaux pillages. |
| 1527 | François Ier impose le régime de la commende. |
| 1660 | Armand Jean Le Bouthillier de Rancé engage la réforme de La Trappe. |
| 1814 et 1841 | Les religieux reviennent d’exil en 1814 ; la communauté actuelle est établie en 1841. |
| 1898 et 2024 | La Trappe cesse d’être la tête de l’ordre en 1898 ; le monument est sélectionné par la mission d’identification du patrimoine immobilier en péril en 2024. |
De la commende à la réforme de Rancé
La guerre de Cent Ans frappe durement l’abbaye. Vers 1360, les religieux se réfugient durant deux ans au château de Bonsmoulins. Un incendie détruit ensuite une grande partie du monastère. L’église et la salle du chapitre, lieu de réunion quotidienne des moines, sont épargnées.
La commende est imposée le 5 avril 1527. Ce régime confie les revenus et la direction de l’abbaye à un abbé extérieur à la communauté. Jean du Bellay devient le premier abbé commendataire de La Trappe. Les religieux tentent de rétablir l’élection d’un abbé régulier en 1548, mais le roi révoque leur choix dès le lendemain.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéArmand Jean Le Bouthillier de Rancé reçoit l’abbaye en commende en 1637. Lorsqu’il arrive en 1660, sept moines y résident. Il engage une réforme fondée sur une application plus stricte de la règle cistercienne. Il devient abbé régulier en 1664, après son noviciat à Perseigne.
La réforme dite de l’« étroite observance », puis de la « Stricte Observance », prend le nom de « trappiste » en référence directe à l’Abbaye de La Trappe.
La Révolution française ferme le monastère. Augustin de Lestrange part en exil avec plusieurs religieux. Les moines reviennent en 1814 et rétablissent à La Trappe l’ordre cistercien de la Stricte Observance. En 1898, la restauration de Cîteaux retire à La Trappe son rôle de tête de l’ordre.
Ce que l’on voit aujourd’hui à l’Abbaye de La Trappe
La Trappe reste un monastère occupé. L’ensemble comprend l’église abbatiale, les bâtiments conventuels, la porterie, l’hôtellerie et les dépendances agricoles. La porterie désigne l’accueil placé à l’entrée du monastère.
Les destructions médiévales, les reconstructions et la fermeture révolutionnaire ont profondément transformé les bâtiments. Le visiteur ne se trouve donc pas face à une abbaye conservée dans son état du XIIIe siècle. Les volumes actuels témoignent des campagnes successives de restauration et de réoccupation.
L’église suit une orientation inhabituelle. Son axe se dirige vers le nord-est avec un écart proche de soixante degrés par rapport à l’orientation liturgique classique vers l’est. Le site occupe la vallée de l’Itonne, petit affluent de l’Iton, au pied de la forêt domaniale du Perche et de la Trappe.
À l’est et au sud s’étendent les étangs creusés par les moines. Ils portent, d’amont en aval, les noms de Robin, Dais, Chaumont et Rancé. Ces aménagements rappellent la maîtrise cistercienne de l’eau, employée pour l’alimentation, l’élevage et le fonctionnement du domaine.
L’ensemble a été retenu comme monument sélectionné par la mission d’identification du patrimoine immobilier en péril en 2024. Cette sélection concerne la conservation du patrimoine immobilier de l’abbaye.
Visiter l’Abbaye de La Trappe
La Trappe n’est pas un monument vide. La visite s’organise autour des exigences d’une communauté en activité. L’église accueille les fidèles lors des offices, les temps de prière liturgique chantés par les moines. Le silence reste de règle pendant ces célébrations.
La clôture, espace réservé à la communauté, ne se franchit pas. Les bâtiments conventuels, le cloître et les lieux de travail des moines ne relèvent pas d’un parcours libre. Une visite guidée n’est accessible que lorsqu’elle figure sur le programme communiqué par l’abbaye.
Préparer sa venue à l’Abbaye de La Trappe
- Consultez la fiche pratique du site officiel de l’abbaye pour les heures du jour.
- Présentez-vous à la porterie pour connaître les espaces accessibles.
- Entrez dans l’église avant le début de l’office afin de ne pas interrompre la célébration.
- Respectez les panneaux signalant la clôture monastique.
- Renseignez-vous à l’accueil sur l’ouverture de la boutique et les productions disponibles.
Les conditions d’accès varient avec le calendrier liturgique et la vie de la communauté. La page visiter une abbaye précise aussi les usages à respecter dans un monastère vivant.
La communauté trappiste et l’hôtellerie aujourd’hui
L’Abbaye de La Trappe abrite une communauté vivante de Trappistes (moines), établie en 1841, dans le diocèse de Séez. Les religieux appartiennent à l’ordre cistercien de la Stricte Observance. Leur journée s’organise autour des offices, de la lecture, du travail et des repas communautaires.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéLa Trappe demeure la maison mère des trappistes, dans le Perche. Cette filiation ne signifie plus qu’elle dirige l’ordre. Ce rôle a cessé en 1898 lors de la restauration de Cîteaux.
L’hôtellerie monastique reçoit les hommes pour une durée de 2 à 8 jours. Le séjour suit le rythme de la communauté sans transformer l’hôte en moine. La participation aux offices structure néanmoins la retraite.
Les femmes sont reçues à la ferme de l’abbaye. Toute demande de séjour passe par l’accueil de l’hôtellerie. Les disponibilités, les conditions matérielles et les dates d’arrivée sont confirmées directement par la communauté.
Autour de l’Abbaye de La Trappe en Normandie
Soligny-la-Trappe appartient au Perche ornais. La forêt, les étangs monastiques et le réseau d’anciennes fondations religieuses permettent de replacer La Trappe dans la géographie des abbayes de Normandie. La carte des abbayes aide à organiser les étapes.
- L’Abbaye Notre-Dame du Bec se trouve à 67 km.
- L’Abbaye Saint-Étienne de Fontenay se trouve à 88 km.
- L’Abbaye Royale Saint-Pierre de Jumièges se trouve à 90 km.
Ces trois étapes montrent des situations distinctes du patrimoine monastique normand. Le Bec conserve une communauté religieuse. Fontenay présente un autre héritage conventuel. Jumièges donne à lire une grande abbaye à travers ses vestiges.





