En 1863, quarante-quatre trappistes quittent l’abbaye d’Aiguebelle pour fonder l’Abbaye Notre-Dame-des-Dombes au milieu des étangs de l’Ain. Le monastère du Plantay porte encore les traces de leur travail agricole, de leur engagement dans la Résistance et de la communauté mixte du Chemin Neuf qui l’occupe depuis 2001.
Histoire de l’Abbaye Notre-Dame-des-Dombes en dates
L’Abbaye Notre-Dame-des-Dombes se trouve au Plantay, dans le département de l’Ain, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Sa fondation remonte à 1863. Pierre-Henri Gérault de Langalerie, évêque de Belley, porte le projet dès la fin des années 1850. Il veut soutenir le développement sanitaire, social et spirituel de la Dombes par l’établissement d’une communauté monastique.
L’évêque choisit l’ordre cistercien de la stricte observance, dont les religieux sont couramment appelés trappistes. L’abbaye Notre-Dame d’Aiguebelle envoie quarante-quatre moines. La nouvelle fondation reçoit 160 hectares de terres, une ferme et un cheptel. Notre-Dame-des-Dombes devient ainsi une fille d’Aiguebelle.
Les architectes Pierre Bossan et Jean-Baptiste Bernoux conçoivent le monastère. Les religieux défrichent les terres et participent à l’assainissement des marais. Le coût réel de l’assèchement de l’étang Flèche atteint 600 francs par hectare. La prime initialement prévue atteignait 250 francs par hectare, sur une dotation de 1 500 000 francs destinée à assécher 6 000 hectares. Les frères Lucien et Félix Mangini la réduisent à 100 francs. Dom Augustin complète cette somme aux frais du monastère afin de rémunérer davantage les paysans. Cette décision pèse lourdement sur les comptes de l’abbaye.
Fondée en 1863, l’abbaye n’a connu ni régime de commende ni confiscation pendant la Révolution française. Ces deux étapes appartiennent à l’histoire de nombreux monastères d’Ancien Régime, mais elles précèdent la création de Notre-Dame-des-Dombes.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1863 | Fondation au Plantay par quarante-quatre trappistes venus de Notre-Dame d’Aiguebelle. |
| 1866 | Dom Augustin d’Abzac de La Douze est élu premier abbé le 24 février. |
| 1880 | Dom Benoît Margerand organise la recherche d’un refuge face aux mesures visant les congrégations. |
| 1939 | Après la déclaration de guerre du 3 septembre, 25 moines sont mobilisés. Deux meurent pendant la bataille de France. |
| 1942 | Le 11 décembre, les Allemands fouillent l’abbaye sans trouver les armes ni les citernes d’essence dissimulées. |
| 1943 | Le père Bernard Curis est arrêté par la Gestapo le 8 décembre après la messe. |
| 1944 | Le père Bernard meurt le 11 avril à Bergen-Belsen. Le 19 mai, le père Maurice et le père Amédée Neyret sont tués à l’abbaye. |
| 1946 | L’abbaye reçoit la croix de chevalier de la Légion d’honneur et la Croix de guerre 1939-1945. |
| 2001 | La communauté mixte du Chemin Neuf s’établit à Notre-Dame-des-Dombes. |
| 2002 | Le 5 octobre, une plaque commémorative est inaugurée lors du bicentenaire de la Légion d’honneur. |
Notre-Dame-des-Dombes dans la Résistance
Dès l’automne 1940, le monastère soutient les maquis voisins. Des armes, des munitions et des citernes d’essence sont cachées sous la paille, dans les granges et les dépendances. L’abbaye accueille aussi des Juifs, des résistants et, après la création du STO, des réfractaires au Service du travail obligatoire.
Le père Bernard, Gabriel Curis à l’état civil, est arrêté une première fois en janvier 1943. Il est relâché après la remise de cinq mille litres d’essence par le préfet de l’Ain. La Gestapo démantèle ensuite son réseau. Les Allemands occupent le monastère dès le 15 novembre 1943. Bernard Curis refuse de fuir pour ne pas exposer ses confrères.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéDéporté à Buchenwald, Dora puis Bergen-Belsen, il meurt le 11 avril 1944. Le 19 mai, la Gestapo et des miliciens reviennent. Le père Maurice, Octave Cordier à l’état civil, est abattu dans le jardin des malades. Le père Amédée Neyret est tué dans la bibliothèque. Un autre trappiste est blessé. Notre-Dame-des-Dombes demeure le seul lieu du département de l’Ain décoré pour des faits de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale.
Ce que l’on voit aujourd’hui à l’Abbaye Notre-Dame-des-Dombes
Le site conserve un ensemble monastique du XIXe siècle conçu par Pierre Bossan et Jean-Baptiste Bernoux. L’église abbatiale en constitue le centre liturgique. Les bâtiments communautaires s’organisent autour du cloître, galerie fermée qui relie les espaces de prière, de réunion et de vie quotidienne.
Les ailes conventuelles, les dépendances agricoles et les granges rappellent la double fonction du domaine. Le monastère était un lieu de prière et une exploitation chargée de mettre les terres en valeur. Cette organisation reste lisible dans l’implantation des bâtiments et dans leur relation avec les terres et les étangs.
La plaque inaugurée le 5 octobre 2002 rappelle l’engagement des trappistes pendant la guerre. Elle donne une clé de lecture précise du lieu. Les espaces liés à la Résistance ne forment pas un musée autonome. Ils restent intégrés à une abbaye habitée.
Le pluriel du nom « des Dombes » renvoie aux dombes, c’est-à-dire aux fonds d’étangs et à leurs eaux troubles. Le nom ne désigne donc pas simplement la région de la Dombes. Il rappelle l’implantation du monastère parmi ses nombreux étangs.
Visiter l’Abbaye Notre-Dame-des-Dombes
L’abbaye reste un lieu religieux vivant. L’église accueille les fidèles pendant les offices, les prières célébrées à heures régulières. Le calendrier varie avec les sessions et la vie communautaire. Consultez la fiche pratique officielle de l’abbaye avant votre déplacement pour connaître les heures du jour.
La porterie, espace d’accueil situé à l’entrée du monastère, renseigne les visiteurs. Elle indique les parties accessibles, les éventuelles visites organisées et les conditions d’accès à la boutique. Aucun horaire ni tarif ne doit être déduit d’un ancien programme. Les modalités en vigueur sont celles annoncées pour la date choisie.
La clôture désigne la partie réservée à la communauté. Elle ne se franchit pas sans autorisation. Les cellules, les lieux de travail et plusieurs salles communautaires restent donc hors du parcours public. Le chapitre, salle où la communauté se réunit pour traiter ses affaires, relève aussi de cette organisation monastique.
- Vérifiez les horaires des offices avant de venir.
- Présentez-vous à la porterie dès votre arrivée.
- Respectez le silence pendant les célébrations.
- Ne franchissez aucune porte signalant la clôture.
- Renseignez-vous sur place pour la boutique et les visites guidées programmées.
Pour préparer un itinéraire plus large, la rubrique visiter les abbayes précise les usages propres aux monuments et aux communautés vivantes. La carte des abbayes permet d’organiser les étapes dans l’Ain et les départements voisins.
La communauté du Chemin Neuf à Notre-Dame-des-Dombes
La communauté trappiste a quitté le site. Depuis 2001, l’Abbaye Notre-Dame-des-Dombes abrite une communauté vivante du Chemin Neuf. Cette communauté mixte réunit différents états de vie. Elle relève du diocèse de Belley.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéLe Chemin Neuf assure la prière quotidienne, l’entretien des bâtiments et l’accueil. L’hôtellerie reçoit dans le cadre des retraites, des sessions et des séjours proposés par la communauté. L’admission repose sur une inscription préalable. Les dates, la durée des accueils et les conditions de séjour figurent sur la fiche pratique officielle de l’abbaye.
La présence d’une communauté implique des limites claires. L’hôtellerie n’est pas un hôtel ordinaire. Les repas, les temps de silence et les offices suivent le programme du séjour. La boutique présente les articles disponibles au moment de la visite. L’origine de chaque produit doit être vérifiée sur son étiquette, car une vente en abbaye ne signifie pas automatiquement une fabrication dans ses ateliers.
Autour de l’abbaye dans l’Ain et en Auvergne-Rhône-Alpes
Notre-Dame-des-Dombes se situe dans une région marquée par des fondations monastiques de périodes très différentes. La page consacrée aux abbayes d’Auvergne-Rhône-Alpes permet de replacer Le Plantay dans cet ensemble historique.
Le Monastère royal de Brou se trouve à 21 km. Cet ensemble de Bourg-en-Bresse relève d’une fondation princière et d’une histoire distincte de la tradition trappiste. Cluny III est située à 55 km. Son ancienne église abbatiale rappelle la puissance de l’ordre clunisien au Moyen Âge. L’Abbaye de Venière, à 64 km, complète ce parcours consacré aux communautés monastiques vivantes.




