Dernier office : Complies · prochain : Vigiles dans 3 h 19Les Grands Tours — 12 itinéraires9 €

Abbaye Notre-Dame des Gardes : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 16 septembre 2026
trappisteordre
Maine-et-Loiredépartement
vivantemoniales
Abbaye de Les Gardes
Abbaye de Les Gardes

Le 7 août 1818, dix religieuses conduites par Dom Augustin de Lestrange arrivent sur le puy des Gardes. Deux siècles plus tard, l’Abbaye Notre-Dame des Gardes demeure un monastère vivant, occupé par des moniales trappistines.

Histoire de l’Abbaye Notre-Dame des Gardes en dates

L’Abbaye Notre-Dame des Gardes se situe à Saint-Georges-des-Gardes, dans le Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire. Son histoire commence avant l’installation des trappistines. Une chapelle existe sur le puy des Gardes dès le Moyen Âge. Elle constitue le centre d’un ancien pèlerinage marial.

Des chanoines augustins s’établissent près de cette chapelle au XVIIe siècle. Leur communauté est chassée pendant la Révolution. Le couvent est alors laissé en ruine. Notre-Dame des Gardes ne suit donc pas le parcours classique d’une grande abbaye médiévale passée sous la commende, régime dans lequel les revenus monastiques sont attribués à un supérieur extérieur à la communauté.

La fondation monastique actuelle est l’œuvre de Dom Augustin de Lestrange. Ce réformateur cistercien avait conduit des religieuses à travers l’Europe pendant la période révolutionnaire. Il applique les règlements de La Valsainte, issus de la réforme trappiste.

Année Événement
Moyen Âge Une chapelle est attestée sur le puy des Gardes, déjà associé à un pèlerinage marial.
XVIIe siècle Des augustins s’installent près de la chapelle et forment une communauté.
Révolution Les augustins sont chassés et leur couvent tombe en ruine.
Mai 1816 Dom Augustin de Lestrange installe à Forges, dans l’Orne, une partie des moniales revenues avec lui en Europe.
7 août 1818 Dom Augustin transfère dix religieuses de Forges à Saint-Georges-des-Gardes, près de l’abbaye Notre-Dame de Bellefontaine.
Octobre 1818 et 1821 Les religieuses de Bégrolles-en-Mauges rejoignent les Gardes, puis Dom Augustin y transfère toute la communauté afin de la soustraire à l’opposition de l’évêque de Sées aux règlements de La Valsainte.
7 juillet 1828 La duchesse de Berry visite le monastère.
26 juillet 1838 La statue de Notre-Dame des Gardes est inaugurée.
26 février 1875 Mgr Freppel obtient de Pie IX le bref autorisant le couronnement de Notre-Dame des Gardes.
27 août 1899 Mgr Rumeau bénit et pose la première pierre du sanctuaire actuel.
1904 à 1911 Le monastère et ses biens sont saisis. Le tribunal de Cholet vend les fermes du 22 au 27 mars 1907. L’abbaye est vendue aux enchères en 1911, puis rachetée par un bienfaiteur.
1924 Les travaux reprennent et la communauté de Notre-Dame de Bellefontaine prend en charge la gestion de l’abbaye.

Notre-Dame des Gardes appartient à l’Ordre cistercien. Elle est fille de l’abbaye de Cherlieu. En 2010, Mère Andrée Grollier exerce la charge d’abbesse.

Le site réunit deux histoires distinctes : un pèlerinage marial médiéval et une communauté cistercienne installée en 1818 dans les ruines du couvent augustin.

Ce que l’on voit aujourd’hui à Notre-Dame des Gardes

Le sanctuaire de l’Abbaye Notre-Dame des Gardes

Le monastère actuel s’organise autour du sanctuaire marial et des bâtiments nécessaires à la vie des trappistines. Le sanctuaire visible aujourd’hui résulte de la campagne ouverte par la pose de la première pierre en 1899. Les travaux ont encore été poursuivis en 1924.

La statue inaugurée en 1838 occupe une place centrale dans l’histoire religieuse du lieu. Les moniales restent les gardiennes de ce pèlerinage ancien. L’église sert à la fois aux offices, les prières communes célébrées à heures régulières, et à l’accueil des pèlerins.

Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communauté

Le couvent des augustins ne subsiste pas dans son état du XVIIe siècle. Il était déjà ruiné lors de l’arrivée des religieuses en 1818. Les constructions actuelles traduisent les reconstructions et agrandissements engagés après cette installation. Aucune dimension vérifiée n’est retenue pour l’église ou les ailes monastiques.

Une partie des bâtiments appartient à la clôture, espace réservé aux moniales. Le chapitre, réunion où la communauté traite ses affaires sous l’autorité de l’abbesse, se tient également hors du parcours public. La présence d’une communauté vivante impose donc une lecture extérieure de plusieurs ailes du monastère.

Visiter l’Abbaye Notre-Dame des Gardes

La visite ne fonctionne pas comme celle d’un monument doté d’un circuit continu. Vous entrez dans un monastère en activité. L’accès public se concentre sur le sanctuaire, les offices et les espaces d’accueil. La clôture monastique ne se franchit pas.

L’église ouvre en lien avec les célébrations et l’accueil des pèlerins. Les horaires évoluent selon le calendrier liturgique et la vie de la communauté. Consultez la fiche pratique publiée par l’abbaye pour connaître les heures du jour avant votre déplacement. Une arrivée avant le début d’un office permet de gagner sa place sans perturber la prière.

  • Gardez le silence dans l’église et à proximité de la clôture.
  • Évitez de circuler pendant un office.
  • Adressez vos demandes à la porterie, point d’accueil situé à l’entrée du monastère.
  • Vérifiez séparément l’ouverture de la boutique et les conditions d’accueil de l’hôtellerie.

La boutique permet d’acheter les produits issus du travail monastique, notamment les confitures préparées par les trappistines. Ses horaires ne se confondent pas nécessairement avec ceux du sanctuaire. La porterie renseigne sur l’accès du jour.

Pour organiser une étape plus large, la rubrique visiter une abbaye précise les usages propres aux monastères habités. La carte des abbayes aide à construire un trajet dans les Mauges sans multiplier les détours.

La communauté trappistine de Notre-Dame des Gardes aujourd’hui

L’Abbaye Notre-Dame des Gardes abrite toujours une communauté vivante de trappistines. Ces moniales appartiennent à l’Ordre cistercien de la stricte observance. Leur présence à Saint-Georges-des-Gardes remonte à 1818. Le monastère relève du diocèse d’Angers.

La journée suit l’équilibre cistercien entre prière, lecture, travail et vie communautaire. Les offices structurent le temps. Le travail assure une part des ressources du monastère. La fabrication de confitures constitue l’activité d’atelier la plus directement visible pour le visiteur grâce à la boutique.

Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communauté

L’hôtellerie monastique reçoit des personnes venues effectuer un séjour de retraite et de silence. Elle ne fonctionne pas comme un hébergement touristique ordinaire. La participation aux offices s’inscrit naturellement dans le séjour. Toute demande passe par l’accueil de l’abbaye, qui confirme les disponibilités et les modalités applicables.

Une hôtellerie monastique accueille des hôtes dans le rythme de l’abbaye. Elle ne donne accès ni au cloître réservé ni aux espaces de vie de la communauté.

La communauté assure aussi la garde du sanctuaire de Notre-Dame des Gardes. Cette mission relie la tradition cistercienne au pèlerinage marial antérieur à l’arrivée des moniales.

Autour de l’abbaye, dans les Pays de la Loire

Saint-Georges-des-Gardes se trouve dans le Maine-et-Loire, au sein de la région Pays de la Loire. Le territoire des Mauges permet de relier plusieurs établissements religieux aux histoires très différentes. La page consacrée aux abbayes des Pays de la Loire replace Notre-Dame des Gardes dans cet ensemble régional.

À 15 km se trouve l’Abbaye Notre-Dame de Bellefontaine. Cette proximité compte dans l’histoire des Gardes. Les dix religieuses transférées en 1818 s’installent non loin de Bellefontaine, dont la communauté reprend la gestion de Notre-Dame des Gardes en 1924.

À 43 km, l’Abbaye Notre-Dame de la Grainetière constitue une autre étape monastique. À 60 km, l’Abbaye de Fontevraud relève d’une histoire institutionnelle et architecturale différente. Ces trois sites figurent parmi les abbayes de France accessibles depuis le sud du Maine-et-Loire.

Donnez votre avis

Soyez le 1er à noter cet article
ou bien laissez un avis détaillé


Partagez cet article maintenant !


Le plan de abbaye Notre-Dame des Gardes

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

L’horaire des offices

Une communauté vit ici : sept fois par jour, l’église s’ouvre pour un office. Les heures exactes varient d’une maison à l’autre — celles-ci sont celles de la Règle, à l’heure de votre montre.

Il est 1 h 11 — dernier office : Complies, avant le grand silence. Prochain : Vigiles dans 3 h 19.

VigilesLaudesTierceSexteNoneVêpresComplies

Les abbayes voisines

N
Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

Réagissez à cet article

La Feuille du mois

Une feuille glissée sous la porte, une fois par mois

Les abbayes qui ouvrent exceptionnellement, les portes ouvertes, les brassins et les fromages de saison, une hôtellerie qu’on a testée. Rien d’autre, rien de plus souvent.

Une feuille par mois. On se désabonne d’un clic.

Partagez votre réaction