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Abbaye Notre-Dame-des-Neiges : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 16 septembre 2026
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Abbaye de Notre-Dame-des-Neiges
Abbaye de Notre-Dame-des-Neiges

À 1 100 mètres d’altitude, l’Abbaye Notre-Dame-des-Neiges maintient une présence cistercienne commencée en 1850 sur le plateau ardéchois. Des moniales y vivent depuis le 1er décembre 2022, dans un monastère où les offices, l’hôtellerie et le travail manuel organisent encore chaque journée.

Histoire de l’Abbaye Notre-Dame-des-Neiges en dates

L’Abbaye Notre-Dame-des-Neiges se trouve à Saint-Laurent-les-Bains, dans le département de l’Ardèche et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Sa fondation remonte à 1850. Elle relève historiquement de l’ordre cistercien de la Stricte Observance, aussi appelé ordre trappiste.

Le projet naît autour de la ferme de La Felgère. Casimir Chalbos, prêtre de Saint-Sulpice, et son frère Théodore Chalbos, curé dans le diocèse de Viviers, destinent leur héritage à une fondation monastique. Leur grand-père, Jean Chalbos, avait acheté cette ancienne grange de l’abbaye des Chambons en 1791.

Le 5 août 1850, sept religieux partent de l’abbaye Notre-Dame d’Aiguebelle. Le groupe compte deux pères et cinq frères. Il voyage sous la conduite du père Geniez. Les religieux atteignent La Felgère le 25 août et donnent au lieu le nom de Notre-Dame-des-Neiges.

La communauté construit une chapelle, un dortoir, une hôtellerie et une salle du chapitre, pièce où les religieux se réunissent pour entendre la règle et traiter les affaires du monastère. Un mur délimite la clôture, espace réservé à la vie communautaire.

Année Événement
1791 Jean Chalbos achète la ferme de La Felgère, ancienne grange de l’abbaye des Chambons.
5 août 1850 Sept religieux d’Aiguebelle partent établir une trappe sur le plateau ardéchois.
25 août 1850 Les fondateurs arrivent à La Felgère et nomment le lieu Notre-Dame-des-Neiges.
29 septembre 1852 Notre-Dame-des-Neiges devient un prieuré titulaire.
1854 La construction d’un nouveau monastère commence sur l’ancien domaine de Compans.
20 juillet 1858 Le père Polycarpe impose la reprise du chantier interrompu.
16 juillet 1861 Le nouveau monastère est béni et occupé par la communauté.
3 mars 1874 Le prieuré de La Felgère est élevé au rang d’abbaye.
26 septembre 1878 Robert Louis Stevenson séjourne à Notre-Dame-des-Neiges pendant son voyage dans les Cévennes.
16 janvier 1890 Charles de Foucauld entre au monastère avant de prendre l’habit sous le nom de frère Marie-Albéric.
Septembre 2022 Les derniers moines trappistes quittent définitivement l’abbaye après 170 ans de présence.
1er décembre 2022 Des cisterciennes venues de l’abbaye de Boulaur prennent officiellement la suite des moines.

La Révolution française précède la fondation de 1850. Elle n’a donc supprimé ni dispersé cette communauté. Le régime de commende, qui confiait les revenus d’une abbaye à un supérieur extérieur, appartient également à une période antérieure à son histoire.

L’essor du domaine repose sur l’agriculture et les métiers ruraux. Les religieux cultivent le seigle et la pomme de terre. Ils développent des plants de sapins et récoltent l’arnica. Le père Polycarpe organise aussi un alumnat destiné à la formation de futurs religieux prêtres.

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Robert Louis Stevenson dort à l’abbaye le 26 septembre 1878. Son passage nourrit plusieurs pages de son récit de voyage. Charles de Foucauld y entre le 16 janvier 1890 et reçoit l’habit le 26 janvier sous le nom de frère Marie-Albéric. Il part pour la trappe d’Akbès, en Syrie, le 26 juin 1890. Le pape François le proclame saint en 2022. Durant la Seconde Guerre mondiale, Robert Schuman trouve refuge au monastère.

Ce que l’on voit aujourd’hui à Notre-Dame-des-Neiges

Notre-Dame-des-Neiges demeure un monastère en activité. Les bâtiments répondent aux fonctions d’une abbaye cistercienne : église, lieux communautaires, espaces de travail, hôtellerie et dépendances agricoles. Leur état permet le maintien d’une communauté permanente et l’accueil de retraitants.

L’église constitue l’espace directement accessible pendant les offices. Le cloître distribue les parties réservées à la communauté. La salle du chapitre appartient à cet ensemble régulier. La clôture monastique sépare les espaces publics des lieux où les moniales vivent, travaillent et prient.

La première installation de La Felgère ne correspond plus au centre du monastère actuel. Les bâtiments élevés à partir de 1854 sur le domaine de Compans ont remplacé les locaux devenus trop petits. La prise de possession du nouvel ensemble intervient le 16 juillet 1861.

Un Mémorial présente le passage de Charles de Foucauld et les débuts de sa vie religieuse sous le nom de frère Marie-Albéric. La cave de l’abbaye prolonge la fonction économique du domaine. Aucun circuit libre ne donne accès aux bâtiments de clôture.

À Notre-Dame-des-Neiges, la limite entre accueil et clôture reste nette : l’église et les espaces signalés reçoivent les visiteurs, tandis que les lieux communautaires demeurent réservés aux moniales.

Visiter l’Abbaye Notre-Dame-des-Neiges

La visite s’organise d’abord autour de l’église et des offices. Un office est la prière liturgique célébrée à heures fixes par la communauté. Le public y assiste en silence, sans franchir la clôture.

  • Vigiles à 5 h 15.
  • Laudes à 6 h 45.
  • Tierce et messe à 9 h 30, ou à 10 h le dimanche.
  • Sexte à 12 h 45.
  • Vêpres à 18 h 30 en semaine.
  • Vêpres à 18 h les dimanches et solennités, avec adoration du Saint-Sacrement.
  • Complies à 20 h 30.

Les horaires suivent la vie liturgique et connaissent des ajustements lors de certaines célébrations. Vérifiez la fiche pratique de l’abbaye pour les heures du jour avant le déplacement. La page consacrée à la manière de visiter une abbaye précise aussi les usages à respecter pendant un office.

La porterie, lieu d’accueil placé à l’entrée du monastère, renseigne les visiteurs et les hôtes. La cave constitue le point à retenir pour les productions de l’abbaye. Sur place, respectez les panneaux, les accès fermés et les périodes de silence. La visite ne prend jamais la forme d’une traversée libre du cloître ou des ateliers.

La communauté cistercienne et l’hôtellerie aujourd’hui

L’abbaye est une communauté vivante du diocèse de Viviers. Des cisterciennes, ou moniales, y sont établies depuis le 1er décembre 2022. Elles viennent de l’abbaye de Boulaur, dans le Gers. Elles ont succédé aux moines trappistes partis en septembre 2022.

L’établissement monastique remonte à 1850. Pendant 170 ans, il a été occupé par des hommes. La diminution de leur nombre ne leur permettait plus d’administrer et d’entretenir l’ensemble. Leur départ a été organisé vers d’autres monastères, sans fermeture de Notre-Dame-des-Neiges.

Les moniales suivent la tradition cistercienne de la Stricte Observance. Leur journée associe prière, silence, lecture et travail manuel. Les offices structurent le temps communautaire. Les activités économiques assurent une part de la subsistance du monastère.

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L’hôtellerie reçoit tous les hôtes pour une durée de 2 à 8 jours. Elle accueille les personnes venues effectuer une retraite, partager le rythme des offices ou prendre un temps de retrait. Les demandes passent par la porterie et doivent être préparées avant l’arrivée. Les repères généraux de l’hôtellerie monastique expliquent ce type de séjour.

Robert Louis Stevenson a lui-même dormi ici en 1878. Le chemin qui porte son nom, aujourd’hui GR 70, traverse les Cévennes sur 250 kilomètres entre Le Monastier-sur-Gazeille et Saint-Jean-du-Gard. Le monastère reste ainsi lié aux marcheurs autant qu’aux retraitants.

Autour de l’abbaye sur le plateau ardéchois

Notre-Dame-des-Neiges se situe à 1 100 mètres, au nord des Cévennes. Saint-Laurent-les-Bains appartient à l’Ardèche et à la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le relief impose de vérifier l’état des routes et la météo avant un déplacement hors saison.

Trois autres fondations complètent un parcours monastique régional. L’abbaye Notre-Dame de la Paix-Dieu se trouve à 61 km. L’abbaye Notre-Dame d’Aiguebelle, maison d’origine des fondateurs de 1850, est à 74 km. L’Abbaye Royale de la Chaise-Dieu est située à 82 km.

Ces distances correspondent à trois orientations différentes. Préparez chaque étape séparément plutôt que de réunir les trois sites dans une seule journée. La carte des abbayes permet de situer les accès et de construire un itinéraire cohérent entre Ardèche, Drôme et Haute-Loire.

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Le plan de abbaye Notre-Dame-des-Neiges

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

L’horaire des offices

Une communauté vit ici : sept fois par jour, l’église s’ouvre pour un office. Les heures exactes varient d’une maison à l’autre — celles-ci sont celles de la Règle, à l’heure de votre montre.

Il est 5 h 44 — dernier office : Vigiles, la nuit, avant l’aube. Prochain : Laudes dans 1 h 16.

VigilesLaudesTierceSexteNoneVêpresComplies

Les abbayes voisines

N

Y dormir

Sur le plateau ardéchois, à 1 100 mètres : Stevenson y a dormi. Hôtellerie ouverte à tous, cave de l'abbaye.

Qui est reçuhommes et femmes
Durée habituelle2 à 8 jours
Commentpar courrier ou par le site de l’abbaye, jamais par téléphone le soir
Ce qu’on donneune participation aux frais, laissée à chacun

Le Registre des hôtelleries

Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

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