Fondée en 1893, l’Abbaye Sainte-Marie de Paris a maintenu une présence bénédictine dans le 16e arrondissement jusqu’à sa fermeture à l’été 2021. Son histoire relie l’abbaye de Ligugé, la congrégation de Solesmes et plus d’un siècle de chant grégorien à Paris.
Histoire de l’Abbaye Sainte-Marie de Paris en dates
L’Abbaye Sainte-Marie de Paris, également appelée abbaye de la Source, se trouve au 5, rue de la Source, dans le 16e arrondissement de Paris, en Île-de-France. Elle relevait de l’ordre de Saint-Benoît et appartenait à la congrégation de Solesmes.
Sa fondation remonte à 1893. L’abbaye Saint-Martin de Ligugé établit alors un prieuré à Paris. Un prieuré est une maison monastique placée sous l’autorité d’un prieur. La communauté s’installe d’abord rue Garancière, puis au 34, rue Vaneau.
Les bénédictins gagnent le 5, rue de la Source entre 1897 et 1899. Le prieuré devient conventuel en 1900. Il porte alors le vocable de Sainte-Marie de la Victoire, en latin Prioratus conventualis Sanctæ Mariæ de Victoria.
La loi du 1er juillet 1901 entraîne la dispersion des moines dans les autres abbayes de la congrégation. La communauté ne se rassemble de nouveau qu’en 1919. Les religieux doivent alors racheter leur ancien monastère.
L’établissement n’a connu ni suppression révolutionnaire ni régime de commende, c’est-à-dire la remise des revenus d’une abbaye à un titulaire extérieur. Sa fondation de 1893 intervient plus d’un siècle après la Révolution française.
Le prieuré adopte le titre de Sainte-Marie de Paris avant d’être élevé au rang d’abbaye en 1925. Joseph Gabarra, prieur depuis 1918, en devient le premier abbé.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1893 | L’abbaye de Ligugé fonde un prieuré à Paris, d’abord installé rue Garancière. |
| 1897-1899 | Après un passage au 34, rue Vaneau, la communauté s’établit au 5, rue de la Source. |
| 1900 | Le prieuré devient conventuel sous le vocable de Sainte-Marie de la Victoire. |
| 1901 | La loi du 1er juillet contraint les moines à se disperser. |
| 1919 | Les bénédictins se regroupent et rachètent leur ancien monastère. |
| 1925 | Sainte-Marie de Paris est élevée au rang d’abbaye. |
| 1933 | La façade donnant sur la rue de la Source est construite. |
| 1971 | Une hôtellerie destinée aux retraites religieuses est aménagée dans une partie du jardin. |
| 1982 | René Joubert devient abbé après trois années comme prieur-administrateur. |
| Été 2021 | L’abbaye ferme en raison de la crise des vocations. |
| Depuis 2021 | Jean Pateau, abbé de Notre-Dame de Fontgombault, en est l’administrateur. |
Prieurs, abbés et administrateurs de Sainte-Marie de Paris
Trois prieurs dirigent la maison entre 1893 et 1925 : Martin Coutel de la Tremblay de 1893 à 1897, Antoine du Bourg de 1897 à 1918 et Joseph Gabarra de 1918 à 1925.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéJoseph Gabarra devient abbé de 1925 à 1934. Dom Jean Olphe-Galliard lui succède de 1934 à 1968. Les prieurs-administrateurs sont René Lefèvre de 1969 à 1971, Edmond Boissard de 1971 à 1979, puis René Joubert de 1979 à 1982. René Joubert exerce ensuite la charge d’abbé de 1982 à 1996.
La période des administrateurs s’étend de 1996 à 2022. Jean-Pierre Longeat, abbé de Saint-Martin de Ligugé, administre Sainte-Marie de Paris de 1996 à 2004. Pierre Massein, abbé de Saint-Wandrille de Fontenelle, lui succède de 2004 à 2013. Hugues Leroy est prieur-administrateur de 2013 à 2021. Jean Pateau, abbé de Notre-Dame de Fontgombault, est administrateur depuis 2021.
Ce que l’on voit aujourd’hui rue de la Source
Le site conserve son implantation urbaine au 5, rue de la Source. La façade sur rue date de 1933. Elle marque l’entrée de l’ancien ensemble bénédictin et sa porterie, espace d’accueil situé à la limite entre le monde extérieur et les bâtiments religieux.
La chapelle constitue l’élément religieux signalé de l’ancienne abbaye. Elle possède des vitraux symboliques. Au début des années 1970, l’historien de Paris Jacques Hillairet relevait la place singulière qu’y occupait encore le chant grégorien.
Au début des années 1970, Jacques Hillairet écrivait : « C’est le seul lieu de Paris où les chants grégoriens sont encore à l’honneur ».
L’ensemble comprenait aussi les espaces nécessaires à la vie régulière : chapelle, lieux communautaires, jardin et hôtellerie. Le chapitre, réunion durant laquelle les moines traitaient les affaires de la communauté, appartenait au fonctionnement quotidien du monastère. La fermeture a mis fin à cet usage bénédictin permanent.
L’hôtellerie aménagée en 1971 occupait une partie du jardin. Elle recevait des personnes venues effectuer une retraite religieuse. Aucun vestige médiéval ne doit être recherché ici : l’établissement est une fondation de la fin du XIXe siècle, remaniée au XXe siècle.
Visiter l’Abbaye Sainte-Marie de Paris
L’Abbaye Sainte-Marie de Paris n’est plus une abbaye vivante. Aucune communauté monastique n’y réside aujourd’hui. La fermeture de l’été 2021 a supprimé le fonctionnement habituel d’une église abbatiale ouverte selon les offices bénédictins.
Il n’existe pas de parcours monastique permanent annoncé avec billet à l’accueil. Vous ne devez donc pas vous présenter en attendant une visite libre du cloître, de la chapelle ou de l’ancienne hôtellerie. Les espaces intérieurs dépendent de l’affectation actuelle du lieu.
Depuis la rue de la Source, vous voyez la façade de 1933 et l’accès historique de l’établissement. Toute ouverture ponctuelle, célébration ou visite organisée doit être vérifiée sur la fiche pratique du site de l’abbaye pour les modalités du jour.
- Repérez la façade de 1933 depuis la voie publique.
- Ne franchissez pas la clôture, limite réservant les espaces intérieurs à leurs occupants.
- Vérifiez l’accès à la chapelle avant votre déplacement.
- N’attendez ni boutique monastique permanente ni vente régulière de produits d’atelier.
Pour préparer un circuit plus large, la rubrique visiter les abbayes distingue les communautés en activité, les monuments accessibles et les anciens établissements fermés au public. La carte des abbayes aide à organiser les étapes dans Paris et sa périphérie.
Ce qu’est devenue l’ancienne abbaye
La crise des vocations conduit à la fermeture de l’abbaye à l’été 2021. Les bénédictins quittent alors la rue de la Source. Le lieu perd son statut de maison monastique habitée, même si son histoire reste liée à l’ordre de Saint-Benoît et à la congrégation de Solesmes.
Une partie de l’ensemble est cédée en commodat à la Communauté de l’Emmanuel. Le commodat est un prêt à usage sans transfert de propriété. La Communauté de l’Emmanuel y installe une maison internationale destinée à la formation de ses séminaristes.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéCette affectation ne constitue pas la création d’une nouvelle abbaye. Les occupants ne forment pas une communauté bénédictine. L’ancienne hôtellerie monastique n’assure plus l’accueil régulier des retraitants sous la responsabilité des moines. Aucun atelier monastique ni production propre à l’abbaye n’est signalé depuis la fermeture.
Autour de l’Abbaye Sainte-Marie de Paris en Île-de-France
Trois établissements permettent de replacer la rue de la Source dans l’histoire religieuse de l’Île-de-France. À 5 km, l’Abbaye Royale de Saint-Germain-des-Prés conserve une église issue d’une fondation ancienne au cœur de Paris.
L’Abbaye de Port-Royal de Paris se situe également à 5 km. Son histoire appartient au réseau des maisons liées à Port-Royal et aux controverses religieuses de l’époque moderne.
À 14 km, l’Abbaye Saint-Louis-du-Temple de Vauhallan offre un autre repère bénédictin francilien. Pour élargir le parcours, l’inventaire des abbayes de France et la page consacrée à la région Île-de-France regroupent les maisons accessibles, les communautés vivantes et les anciens monastères documentés.




