Fondée en 1889, l’Abbaye Saint-Paul de Wisques maintient depuis plus de 130 ans une présence bénédictine dans le Pas-de-Calais. Ses bâtiments de brique, son hôtellerie masculine et ses offices selon le rite tridentin composent un ensemble monastique toujours en activité.
Histoire de l’Abbaye Saint-Paul de Wisques en dates
L’Abbaye Saint-Paul de Wisques se trouve à Wisques, dans le département du Pas-de-Calais, en région Hauts-de-France. Elle est fondée en 1889 par des bénédictins de Solesmes. Son ordre historique est l’ordre de Saint-Benoît.
Les moines arrivent à Wisques pour servir de chapelains aux moniales de l’abbaye Notre-Dame. Celles-ci viennent de s’établir dans le village depuis Sainte-Cécile de Solesmes. Les religieux occupent d’abord le petit château situé face au cimetière. Cette maison devient un prieuré en 1894. Un prieuré est un monastère placé sous l’autorité d’un prieur.
La communauté gagne ensuite le grand château et l’adapte à la vie régulière. La fondation intervient après la Révolution française. Elle n’a donc connu ni saisie révolutionnaire de ses biens ni régime de commende, système dans lequel les revenus d’une abbaye étaient attribués à un supérieur parfois absent.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1889 | Fondation de Saint-Paul par des bénédictins de Solesmes venus assurer le service religieux de l’abbaye Notre-Dame de Wisques. |
| 1894 | Le petit château occupé par les moines est érigé en prieuré. |
| 1901 | Les lois contre les congrégations conduisent la communauté à quitter la France et à se replier aux Pays-Bas. |
| 1920 | Les bénédictins obtiennent l’autorisation de revenir en France après la Première Guerre mondiale. |
| 1940-1945 | Plusieurs moines sont faits prisonniers en 1940. Tous retrouvent l’abbaye en 1945. |
| 1957 | Une chapelle destinée aux moines est construite. |
| 1968 | Une nouvelle hôtellerie est édifiée pour l’accueil des retraitants. |
| 1989 | Le 22 mai, la police perquisitionne l’abbaye dans le cadre de la recherche de Paul Touvier, sans y trouver sa trace. |
| 2013 | Treize moines de Fontgombault arrivent en octobre. L’abbaye adopte les rites et coutumes de cette communauté. |
| 2014 | L’abbaye est classée monument historique par arrêté du 28 février. |
| 2023 | Dom Damien Thévenin est élu abbé le 21 mars et reçoit la bénédiction abbatiale le 31 mai. |
L’exil de 1901 conduit les moines à fonder l’abbaye Saint-Paul d’Oosterhout, aux Pays-Bas. Dom Jean de Puniet y est élu abbé en 1910. Il ne réside pas à Wisques. Après le retour de 1920, les bâtiments monastiques de brique sont construits puis agrandis sous la direction de Dom Paul Bellot, assisté de l’architecte Joseph Philippe.
L’histoire récente connaît une rupture en 2009. Après la mort de Dom Jacques Lubrez, Dom Armand Sauvaget devient prieur-administrateur. La communauté, privée de novices depuis vingt-cinq ans, compte alors quatorze moines âgés, avec une moyenne d’âge de 72 ans en 2010. L’arrivée de treize religieux de Fontgombault en octobre 2013 assure la continuité de la maison.
L’ensemble est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 7 octobre 2013. Il devient ensuite un monument historique classé par arrêté du 28 février 2014.
Ce que l’on voit aujourd’hui à Saint-Paul de Wisques
L’abbaye actuelle associe deux châteaux réaffectés et des constructions monastiques du XXe siècle. Le petit château correspond au premier logement des bénédictins. Le grand château a ensuite été transformé pour répondre aux besoins de la communauté.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéLes extensions en brique portent la marque de Dom Bellot. Son architecture repose sur la lisibilité des volumes, le travail de la brique et une organisation adaptée à la règle bénédictine. Joseph Philippe poursuit cette intervention comme disciple et successeur de Dom Bellot.
La chapelle des moines date de 1957. L’hôtellerie actuelle date de 1968. Les espaces réguliers comprennent les lieux nécessaires à la prière, aux repas, au travail et au chapitre, réunion quotidienne au cours de laquelle la communauté traite ses affaires et écoute la règle.
Le visiteur doit distinguer les parties observables des espaces réservés. La clôture, c’est-à-dire la zone exclusivement destinée aux moines, ne se franchit pas. L’état du site reste celui d’une abbaye vivante, et non celui d’un monument vidé de son usage religieux.
À Wisques, l’architecture ne se lit pas comme un décor isolé. Elle reste organisée par les horaires de prière, le silence, la clôture et les déplacements quotidiens de la communauté.
Visiter l’Abbaye Saint-Paul de Wisques
L’accès s’organise d’abord autour de l’église et des offices. Un office est une prière communautaire chantée ou récitée à heure régulière. Les visiteurs peuvent entrer dans l’église lorsque les conditions d’ouverture et la liturgie du jour le permettent.
Le rite pratiqué est le rite tridentin. Le chant grégorien tient une place centrale. Pendant un office, vous restez dans la partie réservée aux fidèles. Vous évitez les déplacements, les conversations et les prises de vue qui troubleraient la célébration.
La porterie, point d’accueil situé à l’entrée du monastère, renseigne sur l’accès à l’église, la boutique et les conditions de visite. Les espaces de clôture ne font pas partie du parcours. Aucune déambulation libre dans les bâtiments conventuels n’est prévue.
Les heures changent avec le calendrier liturgique et les contraintes de la communauté. Consultez la fiche pratique officielle de l’abbaye avant votre déplacement. Vous pouvez aussi préparer votre parcours depuis la page consacrée aux abbayes ouvertes à la visite et situer Wisques sur la carte des abbayes de France.
La communauté bénédictine de l’Abbaye Saint-Paul de Wisques
Saint-Paul abrite une communauté vivante de moines bénédictins. Elle appartient à la congrégation de Solesmes et relève du diocèse d’Arras. Établie en 1889, elle suit la règle de saint Benoît et célèbre selon le rite tridentin depuis l’adoption des usages de Fontgombault en octobre 2013.
Dom Damien Thévenin dirige la communauté. Il devient prieur-administrateur en 2021. Les moines l’élisent abbé le 21 mars 2023. Monseigneur Olivier Leborgne, évêque d’Arras, lui donne la bénédiction abbatiale le 31 mai 2023 dans la cathédrale de Saint-Omer.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéL’accueil fait partie de la pratique bénédictine. L’hôtellerie reçoit des hôtes pour une durée de quelques jours. Deux abbayes se trouvent dans le même village : Saint-Paul reçoit les hommes et Notre-Dame reçoit les femmes. Les séjours sont structurés par le grégorien, le silence et les offices. Les modalités concrètes sont présentées dans la rubrique consacrée à l’hôtellerie monastique.
Le père Bernard-Marie Guilluy, entré à Saint-Paul en 1935, fonde la congrégation Notre-Dame d’Espérance. Cette congrégation accueille dans une même vie monastique des moines en bonne santé et des religieux handicapés ou atteints de dépression grave. Le père Guilluy vit de 1911 à 2008.
Une bière d’abbaye est produite sous licence de Saint-Paul par la brasserie de Saint-Omer. Elle est distribuée sous plusieurs marques de distributeurs, dont Walbergem, Kingsbräu Abbergem et De Velden. Cette production brassicole ne correspond pas à une brasserie installée dans la clôture.
Autour de l’Abbaye Saint-Paul de Wisques
Wisques appartient au réseau monastique des Hauts-de-France. Le village se situe dans le Pas-de-Calais, à proximité de Saint-Omer. La présence de deux communautés bénédictines dans la même commune constitue une particularité locale : Saint-Paul pour les moines et Notre-Dame pour les moniales.
À 34 km, l’Abbaye du Mont des Cats permet de poursuivre vers une autre communauté monastique vivante. À 50 km, l’Abbaye de Valloires présente un ensemble abbatial associé à des jardins. À 60 km, l’Abbaye Notre-Dame de la Plaine complète l’itinéraire monastique régional.




