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Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 16 septembre 2026
1970fondation
bénédictineordre
Vauclusedépartement
vivantemoniales
Abbaye de Barroux Sainte-Madeleine
Abbaye de Barroux Sainte-Madeleine

Fondée en 1970, l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux occupe depuis 1978 un domaine de 30 hectares entre le mont Ventoux et les Dentelles de Montmirail. Son abbatiale romane, sa liturgie traditionnelle et son hôtellerie masculine donnent accès à trois dimensions concrètes de la vie bénédictine contemporaine.

Histoire de l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux en dates

L’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux est une fondation monastique contemporaine. Elle relève de l’ordre de Saint-Benoît. Son histoire commence en août 1970 à Bédoin, dans le Vaucluse.

Le fondateur est le père Gérard Calvet. Ce moine bénédictin quitte alors l’abbaye Notre-Dame de Tournay avec l’accord de son père abbé. Il veut suivre la règle de saint Benoît tout en conservant les traditions liturgiques romaines. Plusieurs candidats le rejoignent rapidement.

À partir de 1974, le monastère se rapproche de Marcel Lefebvre et de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Les relations avec l’abbaye de Tournay sont rompues. La croissance de la communauté conduit les moines à acheter, en 1978, un terrain de 30 hectares sur la commune du Barroux.

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La construction d’une abbaye de style roman commence entre le mont Ventoux et les Dentelles de Montmirail. Les bâtiments répondent aux besoins d’une communauté régulière : abbatiale, cloître, chapitre — salle où les moines se réunissent —, cellules, ateliers et espaces d’accueil.

Année Événement
1970 Fondation à Bédoin par le père Gérard Calvet.
1974 Rapprochement avec Marcel Lefebvre et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X.
1978 Achat d’un terrain de 30 hectares au Barroux et début du chantier monastique.
21 juin 1988 Gérard Calvet rompt avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X après l’annonce d’ordinations épiscopales sans mandat pontifical.
25 juillet 1988 Ralliement officiel du monastère au Saint-Siège.
1989 Érection canonique en abbaye, bénédiction abbatiale de Gérard Calvet et consécration de l’abbatiale.
24 septembre 1995 Visite du cardinal Joseph Ratzinger et célébration de la messe conventuelle.
2002 Fondation du monastère Sainte-Marie de La Garde à Saint-Pierre-de-Clairac.
25 septembre 2008 Entrée de l’abbaye dans la Confédération bénédictine.
11 juillet 2026 Installation de douze bénédictins du Barroux à l’abbaye Notre-Dame de Bellefontaine.

La régularisation canonique se prépare à partir de 1987. Après le ralliement de 1988, les moines obtiennent la pleine reconnaissance du Saint-Siège et l’autorisation de célébrer selon les livres liturgiques antérieurs au concile Vatican II. Viktor Dammertz, abbé primat des bénédictins, promulgue le décret d’érection en abbaye en juin 1989. Le cardinal Mayer confère la bénédiction abbatiale à Gérard Calvet le 2 juillet. L’abbatiale est achevée puis consacrée en octobre par le cardinal Gagnon.

L’abbaye n’a connu ni régime de commende, c’est-à-dire la nomination d’un abbé percevant les revenus sans gouverner la communauté, ni suppression pendant la Révolution française. Sa fondation date de 1970.

Gérard Calvet renonce à sa charge en novembre 2003. Louis-Marie de Geyer d’Orth est alors élu père-abbé. Le fondateur meurt le 28 février 2008. En 2025, les trappistes de Notre-Dame de Bellefontaine annoncent leur départ pour le 13 novembre 2025 en raison du vieillissement de la communauté. Douze bénédictins du Barroux s’y installent le 11 juillet 2026. La messe solennelle est célébrée par Louis-Marie de Geyer d’Orth, en présence d’Emmanuel Delmas, évêque d’Angers, et de Renauld de Dinechin, évêque de Luçon.

Ce que l’on voit aujourd’hui à l’abbaye du Barroux

L’ensemble actuel a été construit à partir de 1978. Il ne s’agit ni d’une abbaye médiévale restaurée ni d’un vestige réaffecté. Le plan reprend l’organisation d’un monastère bénédictin et emploie des techniques modernes.

L’architecture adopte un vocabulaire roman. Les murs extérieurs présentent des pierres calcaires apparentes aux joints largement garnis. La roche correspond aux matériaux employés dans le Vaucluse. Les volumes restent lisibles depuis les espaces accessibles : abbatiale, bâtiments conventuels, cloître et dépendances agricoles.

L’abbatiale de l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

L’abbatiale constitue le principal espace visible par les visiteurs. Son intérieur associe trois pierres différentes par leur couleur et leur aspect. Elles ont été recherchées dans plusieurs pays proches du bassin méditerranéen. Le traitement de la pierre distingue le sanctuaire, les élévations et les éléments porteurs.

Le chœur est organisé pour l’office, la prière chantée à heures régulières. Les stalles accueillent la communauté pendant les célébrations. L’aménagement se comprend par sa fonction liturgique avant toute lecture décorative.

Une partie du monastère reste derrière la clôture, limite réservant les bâtiments conventuels aux religieux. Les cellules, le chapitre, les lieux de travail et les circulations communautaires ne relèvent pas du parcours ordinaire. Aucun bâtiment ancien n’a disparu à la suite de la Révolution, puisque tout l’ensemble appartient à la fondation contemporaine.

Visiter l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

L’abbaye est vivante. La visite s’organise donc autour des espaces ouverts et des offices. L’église accueille les fidèles pendant les célébrations. Vous entrez avec discrétion et vous gagnez les places réservées au public sans franchir le chœur monastique.

Les horaires suivent le calendrier liturgique et les obligations de la communauté. Consultez la fiche pratique du site de l’abbaye pour connaître les heures du jour. Une visite guidée, lorsqu’elle est programmée, présente l’histoire de la fondation, le chantier et l’architecture romane. Le rendez-vous et les modalités sont indiqués à l’accueil.

  • Respectez le silence dans l’abbatiale et à proximité de la clôture.
  • Arrivez avant le début de l’office afin de ne pas interrompre la liturgie.
  • Ne franchissez aucune porte signalée comme réservée à la communauté.
  • Adressez les demandes d’hébergement ou de visite à la porterie, l’accueil du monastère.

La boutique vend des productions monastiques et des ouvrages religieux. On y trouve notamment le pain, l’huile d’olive et les vins issus du domaine. Pour préparer d’autres visites, la rubrique visiter les abbayes rassemble les modalités propres aux communautés et aux monuments.

La communauté bénédictine et l’hôtellerie aujourd’hui

Sainte-Madeleine est une abbaye de moines au pied du Ventoux. La communauté suit la règle de saint Benoît et célèbre dans le rite tridentin. Elle appartient à la Confédération bénédictine depuis le 25 septembre 2008 et dépend directement du Saint-Siège.

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La journée est structurée par les offices, la messe, la lecture et le travail. Les métiers exercés comprennent la menuiserie, la boulangerie, la mécanique, la bibliothèque, la cuisine, la lingerie, le service des hôtes, l’infirmerie, la librairie, la buanderie, l’électricité, la reliure et la cordonnerie. Les moines cultivent aussi les oliviers, la vigne et le potager. Les vins sont élaborés avec l’accompagnement de l’œnologue Philippe Cambie.

L’hôtellerie masculine reçoit les hommes pour une durée de 2 à 8 jours. Le séjour s’inscrit dans le rythme de la communauté et dans la liturgie traditionnelle.

La demande passe par l’hôtellerie. Elle ne vaut pas réservation automatique. Les conditions pratiques sont précisées lors de l’échange avec le frère hôtelier. La rubrique consacrée à l’hôtellerie monastique aide à préparer ce type de séjour.

Les femmes sont accueillies à l’Annonciation, l’abbaye des moniales toute proche. Cette communauté est formée de Bénédictines (rite tridentin) (moniales), établie en 1992, diocèse de Avignon. Sa clôture, son hôtellerie et sa vie régulière sont distinctes de celles de Sainte-Madeleine.

Autour de l’abbaye dans le Vaucluse

L’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux se trouve dans la commune de Le Barroux, département du Vaucluse, région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Sa position relie le versant du mont Ventoux, les Dentelles de Montmirail et plusieurs maisons monastiques encore actives.

Ces trois étapes permettent de comparer des communautés, des architectures et des conditions de visite différentes dans un même secteur provençal. La carte des abbayes sert à organiser l’ordre des déplacements et à mesurer les distances entre les sites.

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Le plan de abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

L’horaire des offices

Une communauté vit ici : sept fois par jour, l’église s’ouvre pour un office. Les heures exactes varient d’une maison à l’autre — celles-ci sont celles de la Règle, à l’heure de votre montre.

Il est 0 h 52 — dernier office : Complies, avant le grand silence. Prochain : Vigiles dans 3 h 38.

VigilesLaudesTierceSexteNoneVêpresComplies

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Y dormir

Abbaye de moines au pied du Ventoux, liturgie traditionnelle. Hôtellerie masculine ; les femmes sont accueillies à l'Annonciation, l'abbaye des moniales toute proche.

Qui est reçules hommes seulement
Durée habituelle2 à 8 jours
Commentpar courrier ou par le site de l’abbaye, jamais par téléphone le soir
Ce qu’on donneune participation aux frais, laissée à chacun

Le Registre des hôtelleries

Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

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