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Abbaye Notre-Dame de Bon Secours de Blauvac : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 16 septembre 2026
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Vauclusedépartement
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Abbaye de Blauvac
Abbaye de Blauvac

En 2021, les moniales de Blauvac produisaient 20 % des hosties vendues en France. Cette activité prolonge une histoire commencée en 1834 à Maubec, puis transférée en 1991 dans le Vaucluse.

Histoire de l’Abbaye Notre-Dame de Bon Secours de Blauvac en dates

L’Abbaye Notre-Dame de Bon Secours de Blauvac appartient à l’ordre cistercien de la Stricte Observance. Ses moniales sont couramment appelées trappistines. La communauté actuelle descend d’un groupe féminin reconstitué après les bouleversements de la Révolution française.

En 1790, l’Assemblée constituante interdit les vœux religieux. Augustin de Lestrange organise alors deux refuges en Suisse. La communauté masculine s’établit à La Valsainte, dans le canton de Fribourg. Les femmes gagnent Sembrancher, dans le canton du Valais. L’invasion française de la Suisse, en 1797-1798, entraîne un nouvel exil vers la Russie et la Prusse.

À la Restauration, les religieux reviennent en France. Les anciennes maisons ont été vendues ou détruites. Le dernier groupe féminin à rentrer s’installe à Vaise, dans l’actuel 9e arrondissement de Lyon, sous la direction de Catherine Olivier. Il fonde l’abbaye Notre-Dame de la Consolation.

Le cadre urbain et la Révolte des Canuts conduisent les moniales à quitter Lyon. Elles s’établissent en 1834 à l’abbaye de Maubec, près de Montélimar. La maison prend alors le nom de Notre-Dame de Bon Secours. Cette date constitue la fondation historique de l’abbaye.

Année Événement
1790 L’Assemblée constituante prohibe les vœux religieux.
1797-1798 L’invasion de la Suisse oblige les communautés réfugiées à reprendre la route de l’exil.
1834 Les moniales quittent Vaise pour Maubec et adoptent le nom de Notre-Dame de Bon Secours.
1837 Quelques sœurs retournent à Vaise à la demande de l’archevêché et de la population lyonnaise.
1847-1931 Un orphelinat fonctionne à côté de l’abbaye de Maubec.
1852 La communauté fonde l’abbaye Sainte-Marie du Rivet, en Gironde.
1875 Elle fonde l’abbaye de Bonneval, dans l’Aveyron.
1931 Elle fonde l’abbaye de Chambarand, dans l’Isère.
1991 Les trappistines quittent Maubec et s’établissent à Blauvac.
23 septembre 2006 La nouvelle église est consacrée en présence de Mgr Cattenoz et de Mgr Guillaume.
23 février 2025 Mère Bénédicte de la Croix Avon devient abbesse.

Une expansion monastique avant le transfert à Blauvac

La période de Maubec correspond à la phase d’expansion de la communauté. Les fondations du Rivet, de Bonneval et de Chambarand témoignent de son rayonnement aux XIXe et XXe siècles. L’orphelinat, actif de 1847 à 1931, ajoute une mission éducative à la vie contemplative.

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La commende désigne l’attribution des revenus d’une abbaye à un abbé extérieur à sa communauté. Elle ne structure pas l’histoire de Notre-Dame de Bon Secours, fondée après la Révolution. Les difficultés qui provoquent le départ de Maubec sont contemporaines : travaux de mise aux normes, proximité croissante de Montélimar, baisse des vocations et revenus insuffisants pour entretenir de vastes bâtiments.

Le monastère visible à Blauvac n’est pas une abbaye médiévale conservée. Il accueille depuis 1991 une communauté dont la fondation historique remonte à 1834.

Mère Marie Dominique Delheure dirige la communauté depuis son arrivée à Blauvac jusqu’au 1er novembre 1998. Mère Anne-Emmanuelle Devèche lui succède du 1er novembre 1998 au 18 février 2025. Mère Bénédicte de la Croix Avon exerce la charge abbatiale depuis le 23 février 2025.

Ce que l’on voit aujourd’hui à l’abbaye de Blauvac

L’abbaye se trouve à Blauvac, dans le département du Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les bâtiments correspondent à un monastère en activité aménagé pour les besoins d’une communauté contemplative. Ils ne reprennent pas les dispositions monumentales d’une fondation cistercienne médiévale.

L’église constitue le principal espace accessible aux personnes extérieures. Une première église construite après l’installation de 1991 présentait des vices de construction. Elle a été rebâtie. L’édifice actuel a été consacré le 23 septembre 2006, notamment en présence de Mgr Cattenoz, évêque d’Avignon, et de Mgr Guillaume, évêque émérite de Saint-Dié.

Son architecture répond à la liturgie des moniales. Le chœur organise la célébration de l’office, c’est-à-dire la prière commune répartie au fil de la journée. Aucun programme décoratif ancien, cloître médiéval ou salle capitulaire historique ne subsiste sur ce site. Le chapitre est la réunion durant laquelle la communauté traite ses affaires sous l’autorité de l’abbesse.

Les dimensions précises de l’église et des bâtiments ne sont pas établies dans les données publiques retenues. Il serait trompeur de les estimer. L’état général correspond à celui d’une abbaye vivante, occupée et entretenue. Les anciens bâtiments de Maubec ne font pas partie du parcours de Blauvac.

Visiter l’Abbaye Notre-Dame de Bon Secours de Blauvac

La visite s’organise autour de la présence d’une communauté cloîtrée. L’église accueille les fidèles lors des offices annoncés par l’abbaye. Les horaires doivent être vérifiés sur la fiche pratique de l’abbaye avant le déplacement, car aucun horaire fixe ne doit être déduit d’un ancien programme.

La clôture désigne la partie du monastère réservée aux moniales. Elle ne se franchit pas. Les cellules, le chapitre, les locaux de travail et les espaces communautaires ne relèvent donc pas d’un circuit de visite. Cette règle distingue une abbaye vivante d’un monument ouvert en totalité au public.

Accès à l’église, porterie et boutique

À l’arrivée, la porterie sert de point de contact entre la communauté et les visiteurs. Elle renseigne sur l’accès à l’église, les offices et les produits disponibles. Une tenue discrète et le silence sont attendus pendant les célébrations. Les déplacements dans l’église cessent dès le début de l’office.

La boutique distribue les productions liées au travail des sœurs. Ses conditions d’ouverture sont à contrôler le jour de la venue. Une visite guidée régulière des bâtiments communautaires ne fait pas partie du fonctionnement ordinaire d’une clôture trappistine. Pour préparer d’autres étapes monastiques, la page visiter une abbaye précise les usages propres aux communautés vivantes.

  • Vérifiez les heures des offices et de la porterie avant de partir.
  • Présentez-vous à la porterie plutôt que devant les accès réservés.
  • Restez dans les espaces explicitement ouverts au public.
  • Évitez toute photographie pendant la prière communautaire.
  • Prévoyez l’achat des produits pendant les heures annoncées par l’abbaye.

La vie de la communauté trappistine aujourd’hui

La communauté vivante est formée de moniales trappistines. Elle est établie à Blauvac depuis 1991 et relève du diocèse de Avignon. Au début du XXIe siècle, elle comptait 18 sœurs de plusieurs nationalités. Ce chiffre historique ne doit pas être présenté comme l’effectif actuel.

La journée suit l’équilibre cistercien entre prière, lecture, vie commune et travail. En 2021, cinq salariés aidaient les sœurs dans leur activité économique. L’atelier produisait alors 20 % des hosties vendues en France. Les hosties sont destinées à la célébration de l’eucharistie dans les paroisses et les communautés religieuses.

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La fermeture des églises durant la crise du Covid a provoqué plusieurs semaines d’arrêt complet de cette production. La communauté a ensuite diversifié son travail. Elle a développé un atelier d’oreillers garnis de plumettes d’oie et de duvet, en lien avec des producteurs périgourdins.

À Blauvac, l’achat d’hosties ou d’un produit de l’atelier participe directement à l’économie d’une communauté installée sur place depuis 1991.

Les modalités précises d’une éventuelle demande d’hébergement ne sont pas établies ici. Une démarche de retraite ou de séjour se traite directement avec la porterie. Il ne faut pas confondre cet accueil religieux avec une réservation hôtelière classique.

Autour de l’abbaye de Blauvac dans le Vaucluse

Blauvac se situe en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Trois communautés proches permettent de comparer des traditions monastiques différentes sans quitter le Vaucluse. La Abbaye Notre-Dame de Sénanque se trouve à 10 km. Cette abbaye cistercienne demeure occupée par des moines.

L’Abbaye Notre-Dame-de-l’Annonciation du Barroux, communauté de moniales bénédictines, est située à 16 km. L’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, communauté masculine bénédictine, est à 17 km.

Ces trois étapes figurent parmi les abbayes de France accessibles dans le même secteur. La carte des abbayes aide à organiser l’ordre des visites en tenant compte des offices, des porteries et des conditions d’accès propres à chaque clôture.

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Le plan de abbaye Notre-Dame de Bon Secours de Blauvac

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

L’horaire des offices

Une communauté vit ici : sept fois par jour, l’église s’ouvre pour un office. Les heures exactes varient d’une maison à l’autre — celles-ci sont celles de la Règle, à l’heure de votre montre.

Il est 0 h 47 — dernier office : Complies, avant le grand silence. Prochain : Vigiles dans 3 h 43.

VigilesLaudesTierceSexteNoneVêpresComplies

Les abbayes voisines

N
Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

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