Fondée en 1098, l’Abbaye de Cîteaux a donné naissance à un ordre qui a compté plus de deux mille monastères dans l’Occident chrétien. Les bâtiments médiévaux ont presque tous disparu, mais des moines trappistes vivent de nouveau à Saint-Nicolas-lès-Cîteaux depuis 1898.
Histoire de l’Abbaye de Cîteaux : les dates à retenir
L’Abbaye de Cîteaux se trouve à Saint-Nicolas-lès-Cîteaux, dans le département de la Côte-d’Or, en région Bourgogne-Franche-Comté. Elle est fondée en 1098 par Robert de Molesme. Le récit traditionnel fixe le départ de Molesme au 21 mars 1098, jour de la fête de saint Benoît et dimanche des Rameaux.
Robert conduit vingt-et-un moines sur une terre donnée par le vicomte Renard de Beaune et son épouse Hodierne. Le groupe veut suivre la règle de saint Benoît avec davantage de rigueur. Le duc de Bourgogne Eudes Ier confirme la donation et finance les premières constructions. Robert quitte toutefois Cîteaux en 1099 pour reprendre la direction de Molesme.
Aubry lui succède. Le manque d’eau impose le déplacement de la communauté deux kilomètres plus au sud. Une chapelle en pierre y est dédiée à Notre-Dame le 16 novembre 1106. Étienne Harding devient le troisième abbé en 1109. Il organise durablement le nouveau monastère.
Cîteaux n’est pas une filiale devenue influente : elle constitue l’abbaye mère à partir de laquelle s’est formé l’ordre cistercien.
Bernard entre à Cîteaux en 1112 avec trente compagnons. Il est envoyé en 1115 pour fonder Clairvaux. Son action donne une audience européenne à la réforme cistercienne. La Carta Caritatis, texte qui règle les relations entre les abbayes, est approuvée par le pape Calixte II le 23 décembre 1119.
L’ordre historique est l’ordre cistercien de la Stricte Observance. La communauté suit une organisation fondée sur l’autonomie des monastères, la visite régulière et le chapitre général, assemblée chargée des décisions communes. À son apogée médiévale, le réseau issu de Cîteaux s’étend du royaume de France jusqu’à la Transylvanie.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéLa commende désigne l’attribution des revenus d’une abbaye à un titulaire qui n’en assure pas toujours la vie régulière. Ce régime fragilise de nombreux monastères à l’époque moderne. Cîteaux conserve cependant son rôle de tête institutionnelle et accueille les chapitres généraux de l’ordre.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1098 | Robert de Molesme fonde le Nouveau Monastère de Cîteaux. |
| 1099 | Robert retourne à Molesme et Aubry lui succède. |
| 1106 | La chapelle de pierre est dédiée à Notre-Dame. |
| 1109 | Étienne Harding devient le troisième abbé. |
| 1112 | Bernard entre à Cîteaux avec trente compagnons. |
| 1115 | Bernard part fonder Clairvaux. |
| 1119 | Calixte II approuve la Carta Caritatis le 23 décembre. |
| 1193 | La grande église abbatiale est consacrée le 17 octobre. |
| 1791 | L’abbaye ferme, puis ses biens sont confisqués et vendus. |
| 1898 | Une communauté de trappistes s’établit à Cîteaux. |
| 2018 | Le monument est sélectionné par la mission d’identification du patrimoine immobilier en péril. |
La dissolution intervient en 1791. Le domaine, qui dépasse alors 13 000 hectares, est confisqué comme bien national. L’église, le cloître et une grande partie des bâtiments sont détruits ou vendus. Des usages industriels, agricoles et sociaux se succèdent avant le retour des moines en 1898.
Ce que l’on voit aujourd’hui à l’Abbaye de Cîteaux
Le visiteur ne retrouve pas le plan complet de l’abbaye médiévale. La basilique consacrée en 1193 a disparu. Le cloître médiéval, la salle du chapitre et plusieurs ailes conventuelles ont également été démolis après la Révolution. Les volumes actuels associent des vestiges gothiques, une architecture classique et des constructions adaptées au retour de la communauté.
La bibliothèque ancienne compte parmi les bâtiments conservés. Son organisation rappelle le rôle du livre dans la tradition cistercienne. Le Définitoire servait aux travaux des responsables de l’ordre pendant le chapitre général. Le bâtiment Lenoir appartient aux campagnes classiques qui ont transformé le monastère avant 1791.
Les espaces occupés par les moines ne se confondent pas avec le circuit de visite. La clôture, partie du monastère réservée à la communauté, ne se franchit pas. Cette séparation protège la prière, le travail et la vie commune.
L’ensemble est protégé au titre des monuments historiques depuis 1978. En 2018, il a aussi été retenu par la mission d’identification du patrimoine immobilier en péril. Cette sélection concerne la sauvegarde d’un patrimoine bâti dont les transformations racontent autant les destructions révolutionnaires que le rétablissement monastique.
Visiter l’Abbaye de Cîteaux en pratique
L’Abbaye de Cîteaux reste un monastère vivant. La visite s’organise donc autour des espaces accessibles, sans entrée dans la clôture. Le parcours guidé présente l’histoire de la fondation, l’expansion cistercienne et les bâtiments conservés. Le billet se prend à l’accueil lorsque les visites sont proposées.
Les horaires changent avec la saison et le calendrier communautaire. Consultez la fiche pratique de l’abbaye pour les heures du jour. La page consacrée à la visite des abbayes rappelle aussi les usages à respecter dans un monastère habité.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéL’église accueille les offices, les prières célébrées en commun à heures réglées. Une présence discrète est demandée pendant la liturgie. La visite touristique et la participation à un office répondent à deux cadres distincts.
- Présentez-vous à l’accueil avant le départ d’une visite guidée.
- Respectez les indications qui signalent la clôture monastique.
- Gardez le silence dans l’église pendant les offices.
- Adressez-vous à la porterie pour les produits de l’abbaye.
La porterie, lieu d’accueil entre le monastère et l’extérieur, comprend la boutique. Elle vend notamment le Cîteaux, fromage à croûte lavée fabriqué avec le lait des montbéliardes du troupeau de l’abbaye. Il est vendu à la porterie et chez quelques fromagers de Bourgogne, rarement ailleurs. D’autres productions monastiques sont présentées dans le comptoir des abbayes.
La communauté trappiste et l’hôtellerie de Cîteaux
Une communauté de Trappistes, composée de moines, est établie à Cîteaux depuis 1898. Elle relève du diocèse de Dijon. Cîteaux a retrouvé sa fonction de maison mère de l’ordre cistercien de la Stricte Observance.
La journée suit l’alternance bénédictine entre prière, lecture et travail. Les offices structurent le temps communautaire. L’élevage des montbéliardes et la fabrication du fromage participent à l’économie du monastère.
L’hôtellerie reçoit tous les retraitants, hommes et femmes, pour une durée de 3 à 8 jours. Le séjour répond à une démarche spirituelle. Il ne constitue pas une formule d’hébergement touristique. Aucune visite touristique de l’hôtellerie n’est proposée : on vient pour le silence.
À Cîteaux, séjourner à l’hôtellerie signifie entrer temporairement dans le rythme d’un monastère, sans entrer dans la clôture ni partager tous les espaces de la communauté.
La demande de séjour se fait auprès de l’hôtellerie. Les modalités pratiques dépendent des disponibilités et du calendrier monastique. La rubrique hôtellerie monastique précise la différence entre retraite, accueil spirituel et nuitée touristique.
Autour de l’Abbaye de Cîteaux en Bourgogne-Franche-Comté
Cîteaux se situe entre la Côte de Nuits et la plaine de Saône. Cette implantation permet de relier plusieurs communautés vivantes de Bourgogne-Franche-Comté.
- L’Abbaye Notre-Dame d’Acey se trouve à 45 km.
- L’Abbaye Saint-Joseph de Clairval se trouve à 60 km.
- L’Abbaye de Venière se trouve à 60 km.
Ces trois maisons sont habitées par des communautés religieuses. Leur accès, leurs offices et leur accueil obéissent à leurs propres règles. Vérifiez leurs fiches pratiques avant d’organiser un parcours entre Côte-d’Or, Jura et Saône-et-Loire.




