Dernier office : Complies · prochain : Vigiles dans 4 h 03Les Grands Tours — 12 itinéraires9 €

Monastère de Kerbénéat : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 16 septembre 2026
Finistèredépartement
anciennecommunauté
Abbaye de Kerbénéat
Abbaye de Kerbénéat

Fondé en 1878 sur une exploitation de 16 hectares, le Monastère de Kerbénéat a connu l’exil, l’internement civil et plusieurs occupations religieuses. Cette ancienne abbaye de Plounéventer ne compte plus de communauté monastique aujourd’hui.

Histoire du Monastère de Kerbénéat en dates

Le Monastère de Kerbénéat se trouve à Plounéventer, dans le Finistère, en Bretagne. Son emprise s’étend aussi en partie sur la commune de Lanneuffret. L’établissement relève de l’ordre bénédictin lors de sa fondation en 1878.

Une présence bénédictine plus ancienne est attachée au secteur. Le cartulaire de Landévennec mentionne des terres données par le comte Even à saint Guénolé en 955. Cette implantation aurait donné naissance à la trève de Lan-Sancti-Wivreti, devenue Lanneuffret. Le cartulaire cite également Caer-Menedech, identifié à la ferme de Keranmanach. Les lieux-dits « le Cloître » et Ar Prioldi, soit « la maison du prieur », conservent la mémoire de ce prieuré.

La fondation bénédictine de 1878

Mgr Nouvel de la Flèche demande le rétablissement de la vie monastique dans le diocèse de Quimper. Avant son épiscopat, il avait été moine bénédictin à l’abbaye de la Pierre-qui-Vire. Trois prêtres participent au projet : Jean-Marie Picart, né à Bodilis et recteur de Plougar, Maurice Guérin et Corentin Le Guen.

Au printemps 1876, Jean-Marie Picart retient la ferme de Ker-an-Here, aux confins de Plounéventer. Le domaine domine l’Élorn. Il comprend 16 hectares de landes et de terres labourables. Le lieu prend le nom de Kerbénéat, « Maison de Benoît » en breton.

Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communauté

Les moines bénédictins de l’abbaye de la Pierre-qui-Vire fondent le monastère en 1878. La première messe est célébrée dans les sous-sols du bâtiment neuf le 30 novembre 1878. La chapelle est achevée en 1888.

Année Événement
955 Le cartulaire de Landévennec rattache le secteur à une donation du comte Even à saint Guénolé.
Printemps 1876 Jean-Marie Picart choisit la ferme de Ker-an-Here pour rétablir une implantation monastique.
1878 Des bénédictins de la Pierre-qui-Vire fondent le Monastère de Kerbénéat.
30 novembre 1878 La première messe est célébrée dans les sous-sols du nouveau bâtiment.
1888 La chapelle est achevée.
24 avril 1903 Les bénédictins sont expulsés dans le cadre de la suppression des congrégations.
25 mai 1905 Le monastère est proposé aux enchères publiques au tribunal de Morlaix, avec une mise à prix de 12 000 francs.
1914 Le monastère et ses dépendances sont mis en vente.
1922 Les moines reviennent à Kerbénéat.
1950 La communauté participe à la refondation de l’abbaye de Landévennec.
1977 Les Bénédictines du Calvaire rachètent les lieux.
7 octobre 2017 Une communauté orthodoxe roumaine s’installe à Kerbénéat.

Expulsion, exil et retour des bénédictins

Kerbénéat échappe aux décrets Freycinet de 1880 en raison de la faible taille de sa communauté. Les religieux vivent notamment de la culture des asperges et de la fabrication d’un fromage inspiré de celui des trappistes.

Le 24 avril 1903, la politique menée par le gouvernement Combes entraîne leur expulsion. Des habitants entourent le monastère. Le conseil municipal de Plounéventer vient exprimer ses regrets au père abbé Bouchard. La gendarmerie contrôle les accès. Le liquidateur Le Couturier intervient le 1er mai pour la levée des scellés.

Après l’expulsion de 1903, les bénédictins quittent Kerbénéat pour Caermaria, près de Cardigan, au Pays de Galles.

Pendant la Première Guerre mondiale, les bâtiments servent de camp d’internement. Des citoyens allemands et autrichiens, partis des États-Unis à bord du Nieuw-Amsterdam, sont capturés par le navire français Savoie. Une partie d’entre eux est détenue à Kerbénéat.

Les moines reviennent en 1922. Ils participent en 1950 à la refondation de l’Abbaye Saint-Guénolé de Landévennec. Leur transfert met fin à cette phase bénédictine de Kerbénéat. Fondé après la Révolution française, le monastère n’a connu ni suppression révolutionnaire ni régime de commende, système dans lequel les revenus d’une abbaye étaient confiés à un abbé extérieur à la communauté.

Ce que l’on voit aujourd’hui à Kerbénéat

Kerbénéat forme un ensemble conventuel construit à partir de 1878. Le terme conventuel désigne les bâtiments organisés pour la vie commune des religieux. Le site comprend le corps principal du monastère, la chapelle achevée en 1888, une ancienne hôtellerie, une ferme et des dépendances agricoles.

Les sous-sols appartiennent à la première campagne de construction. Ils accueillent la messe du 30 novembre 1878 avant l’achèvement de la chapelle. Les bâtiments répondent aux fonctions d’une fondation monastique de la fin du XIXe siècle : prière, logement, travail, accueil et exploitation du domaine.

Aucune dimension précise n’est établie pour la chapelle ou les ailes conventuelles. Le chiffre de 16 hectares concerne la propriété agricole choisie en 1876. Aucun vestige bâti du prieuré médiéval mentionné par le cartulaire n’est identifié dans les constructions actuelles.

Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communauté

Le chapitre, réunion quotidienne de la communauté et salle où elle se tient, n’exerce plus sa fonction monastique. L’hôtellerie ne reçoit plus les visiteurs dans le cadre d’une communauté résidente. La ferme rappelle l’activité agricole développée par les bénédictins, notamment l’aspergerie, le potager et le verger.

Visiter le Monastère de Kerbénéat

Le Monastère de Kerbénéat n’est pas une abbaye vivante ouverte autour d’un rythme d’offices. Il n’existe plus de communauté monastique sur place. Vous ne devez donc pas organiser votre venue comme une visite de monastère avec accueil à la porterie, c’est-à-dire l’entrée tenue par les religieux.

L’absence de communauté signifie qu’aucun office public, accueil monastique, hébergement spirituel ou accès régulier à la chapelle ne doit être présumé.

Avant le déplacement, consultez la fiche pratique de l’abbaye pour connaître les conditions d’accès du jour. En l’absence d’ouverture annoncée, observez les bâtiments depuis les voies et espaces autorisés. Ne franchissez ni portail fermé ni limite de propriété.

  • Vérifiez si une ouverture ponctuelle ou une visite guidée est annoncée.
  • Respectez la clôture, espace réservé à la vie religieuse lorsqu’une communauté occupe un monastère, même si elle n’a plus ici sa fonction d’origine.
  • Ne comptez pas sur une billetterie permanente, une boutique ou un accueil à heure fixe.
  • Préparez votre parcours avec la page consacrée aux lieux à visiter et la carte des abbayes.

Ce qu’est devenu le Monastère de Kerbénéat

Après le départ des bénédictins vers Landévennec, plusieurs groupes religieux occupent Kerbénéat. Les Bénédictines du Calvaire rachètent la propriété en 1977. Cette congrégation féminine appartient à la tradition bénédictine.

À partir de 2016, les communautés orthodoxes de Brest et de Morlaix prennent contact avec l’évêque de Quimper. Celui-ci met ensuite les lieux à la disposition de la Métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale par un bail emphytéotique, contrat de longue durée confiant l’usage d’un bien.

Une communauté orthodoxe composée d’une quinzaine de sœurs roumaines s’installe au monastère le 7 octobre 2017. Cette occupation constitue une nouvelle affectation chrétienne après les bénédictins de la Pierre-qui-Vire et les Bénédictines du Calvaire. Le Monastère de Kerbénéat ne compte toutefois plus de communauté monastique aujourd’hui. Il ne propose donc ni hôtellerie religieuse active, ni ateliers monastiques, ni boutique tenue par des moniales.

Autour du Monastère de Kerbénéat en Bretagne

Kerbénéat se situe dans le Finistère, au sein de la région Bretagne. Son histoire conduit directement vers Landévennec. L’abbaye finistérienne se trouve à 23 km et reçoit en 1950 la communauté bénédictine transférée depuis Kerbénéat.

Landévennec prolonge directement l’histoire bénédictine de Kerbénéat. Beauport présente un ancien ensemble canonial. Timadeuc conserve une communauté monastique et une activité de production. Ces trois étapes replacent Plounéventer dans le réseau des abbayes de France et permettent de distinguer une ancienne abbaye sans communauté d’un monastère encore habité.

Donnez votre avis

Soyez le 1er à noter cet article
ou bien laissez un avis détaillé


Partagez cet article maintenant !


Le plan de monastère de Kerbénéat

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

Les abbayes voisines

N
Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

Réagissez à cet article

La Feuille du mois

Une feuille glissée sous la porte, une fois par mois

Les abbayes qui ouvrent exceptionnellement, les portes ouvertes, les brassins et les fromages de saison, une hôtellerie qu’on a testée. Rien d’autre, rien de plus souvent.

Une feuille par mois. On se désabonne d’un clic.

Partagez votre réaction