Fondée en 1045, l’Abbaye Notre-Dame d’Oelenberg a traversé deux guerres mondiales avant la fin de la vie monastique en juin 2024. À Reiningue, ses bâtiments inscrits au titre des monuments historiques conservent les traces des chanoines augustins, des Jésuites et des cisterciens-trappistes.
Histoire de l’Abbaye Notre-Dame d’Oelenberg en dates
L’Abbaye Notre-Dame d’Oelenberg se trouve à Reiningue, dans le Haut-Rhin. Sa fondation remonte à 1045. Heilwige de Dabo, comtesse d’Eguisheim et mère du pape Léon IX, en est la fondatrice.
Le premier établissement relève des chanoines réguliers de saint Augustin. Ces clercs vivent en communauté sous une règle commune. Léon IX consacre leur église en 1049. Le monastère est alors double, avec une communauté masculine et une communauté féminine. Les moniales quittent Oelenberg pour Cernay en 1273.
En 1626, le domaine passe au collège des Jésuites de Fribourg-en-Brisgau. Il est attribué à l’université de la même ville en 1774. Cette transmission remplace ici le schéma classique de la commende, régime dans lequel les revenus d’une abbaye sont confiés à un supérieur extérieur. À la Révolution française, le domaine est vendu comme bien national.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1045 | Fondation par Heilwige de Dabo pour les chanoines réguliers de saint Augustin. |
| 1049 | Consécration de l’église par le pape Léon IX. |
| 1273 | Départ des moniales pour Cernay. |
| 1626 | Passage de l’abbaye au collège des Jésuites de Fribourg-en-Brisgau. |
| 1774 | Attribution du domaine à l’université de Fribourg-en-Brisgau. |
| 1825 | Installation de moines cisterciens venus de Darfeld, en Rhénanie. |
| 26 juin 1915 | Bombardement de l’église et des bâtiments abbatiaux. |
| 1920 | Reconstruction par l’architecte mulhousien Paul Kirchacker. |
| Novembre-décembre 1944 | Nouvelle destruction partielle lors des combats. |
| 1952 | Construction de l’orgue Georges Schwenkedel. |
| 1970 | Retrouvaille du Manuscrit de 1810 des frères Grimm. |
| Juin 2024 | Vote de l’arrêt de la vie monastique et dissolution définitive de la communauté. |
L’installation des cisterciens en 1825 ouvre une nouvelle période. La communauté suit ensuite la réforme trappiste, fondée sur une observance stricte de la règle de saint Benoît. Son rayonnement se lit dans la fondation de l’abbaye de Mariawald, en Allemagne, en 1862, puis de l’abbaye d’Engelszell, en Autriche, en 1925.
La Première Guerre mondiale frappe directement Oelenberg. Le bombardement du 26 juin 1915 endommage fortement l’église, l’orgue Rinckenbach et le couvent. Paul Kirchacker reconstruit l’église abbatiale et les bâtiments conventuels à partir de 1920. Il réemploie les parties conservées. Les stalles en chêne sculptées par Théophile Klem sont restaurées.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéLes combats de novembre et décembre 1944 provoquent de nouveaux dégâts. Un observatoire allemand installé dans le clocher conduit l’artillerie française à bombarder le site. Un nouvel orgue de deux claviers et 24 jeux est construit en 1952 par Georges Schwenkedel. Cet instrument est restauré en 2016.
Le Manuscrit d’Œlenberg, retrouvé dans l’abbaye en 1970, rassemble 54 contes envoyés en 1810 par les frères Grimm à Clemens Brentano. Il constitue la première version connue de leurs Contes et se trouve aujourd’hui à la Fondation Martin Bodmer, à Cologny, en Suisse.
Ce que l’on voit aujourd’hui à Oelenberg
Le site conserve l’ancienne église des Jésuites. Sa nef, les deux niveaux de son transept, son chœur et son caveau funéraire appartiennent à l’ensemble protégé. L’ancienne cave, la chapelle des novices et l’ancien moulin complètent ce patrimoine.
Ces éléments ont fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques le 16 juin 1992. L’arrêté d’inscription du 22 juillet 2024 a abrogé l’arrêté précédent. L’Abbaye Notre-Dame d’Oelenberg reste un monument historique inscrit.
L’église actuelle associe des vestiges antérieurs et la reconstruction conduite après 1918. Les reprises de maçonnerie témoignent des destructions de 1915 et de 1944. Dans le chœur, les stalles de Théophile Klem rappellent l’organisation de l’office, prière communautaire célébrée à heures régulières. L’orgue Schwenkedel de 1952 occupe une place distincte dans le mobilier musical alsacien.
Le moulin rappelle l’économie agricole du monastère. Les moines ont cultivé le blé, le maïs et les pommes de terre. Ils entretenaient aussi un potager et un verger. La farine alimentait une production de pâtes, de petits gâteaux, de cakes et de meringues.
Visiter l’Abbaye Notre-Dame d’Oelenberg
La fin de la communauté en juin 2024 a modifié les conditions d’accès. L’église n’est plus rythmée par les sept ou huit offices monastiques quotidiens. La clôture, partie réservée autrefois aux religieux, ne se franchit pas sans autorisation.
Avant le déplacement, consultez la fiche pratique de l’abbaye pour connaître les heures du jour. Les modalités dépendent de l’ouverture de la porterie, c’est-à-dire l’accueil situé à l’entrée, et des espaces rendus accessibles. Lorsqu’un parcours ou une visite guidée est proposé, l’entrée et le billet se règlent à l’accueil selon les dispositions affichées.
Sur place, portez votre attention sur quatre ensembles :
- la nef et les deux niveaux du transept de l’ancienne église des Jésuites ;
- le chœur et les stalles sculptées par Théophile Klem ;
- l’orgue Georges Schwenkedel, construit en 1952 et restauré en 2016 ;
- les bâtiments de travail, notamment l’ancienne cave et le moulin.
La boutique monastique vendait les farines, les pâtes et les biscuits fabriqués à Oelenberg. Elle proposait aussi des produits issus d’autres abbayes et de couvents de religieuses cloîtrées. Vérifiez son fonctionnement actuel sur la fiche pratique avant de vous déplacer. La page consacrée aux lieux à visiter parmi les abbayes aide à distinguer les monuments ouverts, les églises accessibles et les anciens domaines privés.
Ce qu’est devenue l’ancienne abbaye trappiste
La fin de la communauté de l’Abbaye Notre-Dame d’Oelenberg
Oelenberg fut la dernière abbaye trappiste d’Alsace. En 2013, la communauté engage des restructurations de ses lieux de vie et des remises aux normes. Un changement de supérieur met fin à cette orientation.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéDom Dominique-Marie Schoch est élu père abbé le 31 mars 2017. Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, le bénit le 20 mai 2017. En mars 2024, les frères annoncent une retraite de trois mois dans d’autres communautés cisterciennes afin de préparer leur départ. En juin 2024, ils votent l’arrêt de la vie monastique à Oelenberg et la dissolution définitive de la communauté. Chaque frère poursuit depuis sa vie monastique dans une autre maison.
Il n’existe plus de communauté monastique à Oelenberg depuis juin 2024. Le lieu est donc une ancienne abbaye, et non une abbaye vivante ouverte au rythme d’un chapitre ou d’offices trappistes.
Avant la dissolution, l’hôtellerie recevait hommes et femmes lorsque la communauté le pouvait. Les retraitants, seuls ou en petits groupes, séjournaient quelques jours, dans la limite de huit jours. Ce fonctionnement relevait de l’accueil monastique et non d’un hébergement touristique. Pour rechercher une maison religieuse qui reçoit encore des hôtes, consultez les informations consacrées à l’hôtellerie monastique.
Autour de l’abbaye dans le Grand Est
L’Abbaye Notre-Dame d’Oelenberg se situe à Reiningue, dans le département du Haut-Rhin et la région Grand Est. Mulhouse constitue le principal repère urbain du secteur. Une consultation de la carte des abbayes permet d’organiser un parcours entre l’Alsace et les Vosges.
L’abbaye de Murbach se trouve à 20 km. Son ancienne abbatiale romane conserve un chevet et un transept qui permettent de comparer l’architecture médiévale avec les reconstructions d’Oelenberg.
L’abbaye de Baumgarten est située à 70 km. L’Abbaye Notre-Dame d’Autrey se trouve à 73 km. Ces deux étapes prolongent le parcours monastique régional au-delà du Haut-Rhin.




