Trois archevêques de Cantorbéry sont issus de l’Abbaye Notre-Dame du Bec, dont Lanfranc et Anselme. Ce lien avec l’Angleterre rappelle le rôle intellectuel tenu par ce monastère normand au XIe siècle, avant sa suppression révolutionnaire puis le retour des moines en 1948.
L’histoire de l’Abbaye Notre-Dame du Bec en dates
La chronologie de référence retient 1001 pour la fondation de l’Abbaye Notre-Dame du Bec. La fondation monastique documentée autour d’Herluin, également nommé Helloin, prend forme en 1034. Cet ancien chevalier de Gilbert de Brionne installe un ermitage sur ses terres de Bonneville, au-dessus de la vallée du Bec.
Le 24 mars 1035, l’évêque de Lisieux nomme Herluin abbé. La communauté suit la règle de l’ordre de Saint-Benoît. Elle quitte ensuite le plateau, mal alimenté en eau, pour Pont-Authou. Une seconde église y est consacrée le 23 février 1041 par Mauger, archevêque de Rouen.
Lanfranc de Pavie rejoint le Bec en 1039. Il fonde l’école monastique en 1045 et y enseigne comme écolâtre, c’est-à-dire responsable des études. L’établissement reçoit des moines, des oblats et des fils de familles laïques. L’enseignement couvre le trivium, le quadrivium, les Écritures, la théologie et le droit.
Anselme d’Aoste arrive comme élève en 1059. Il succède à Lanfranc comme prieur et écolâtre en 1063, lorsque celui-ci prend la tête de l’abbaye Saint-Étienne de Caen. Lanfranc devient archevêque de Cantorbéry en 1070. Anselme occupe le même siège à partir de 1093. Le Bec donnera aussi à Cantorbéry l’archevêque Thibaut du Bec.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1001 | Date de fondation retenue pour l’Abbaye Notre-Dame du Bec. |
| 1034 | Herluin établit une communauté sur ses terres de Bonneville. |
| 1035 | Herluin devient abbé et la chapelle Notre-Dame est consacrée. |
| 1041 | Consécration de la seconde église à Pont-Authou. |
| 1045 | Lanfranc de Pavie fonde l’école du Bec. |
| 1077 | Lanfranc consacre la nouvelle église abbatiale. |
| 1078 | Mort d’Herluin et début de l’abbatiat d’Anselme. |
| 1790 | Suppression de la communauté durant la Révolution. |
| 1840 | La tour Saint-Nicolas reçoit une protection au titre des monuments historiques. |
| 1948 | Les bénédictins olivétains rétablissent la vie monastique. |
Le XIe siècle marque l’apogée intellectuelle du Bec. À l’époque moderne, la commende, système qui attribue les revenus monastiques à un abbé ne résidant pas nécessairement sur place, modifie le gouvernement de l’établissement. La Révolution supprime la communauté et laisse l’ancienne abbatiale en ruines. Les bâtiments servent ensuite à des usages militaires avant leur restitution à la vie religieuse.
Ce que l’on voit aujourd’hui au Bec-Hellouin
L’abbaye se trouve au Bec-Hellouin, dans le département de l’Eure, en Normandie. L’ensemble bénéficie du statut de monument historique classé. Les constructions visibles appartiennent à plusieurs campagnes distinctes.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéLa tour Saint-Nicolas date du XVe siècle. Elle constituait le clocher de l’ancienne église abbatiale. Sa masse verticale domine encore les bâtiments conventuels. De la grande abbatiale du XIVe siècle, seules les fondations subsistent. Elles rendent lisible au sol l’emprise du sanctuaire disparu.
Le cloître et la salle capitulaire datent du XVIIe siècle. Le chapitre désigne à la fois la réunion quotidienne des religieux et la salle où elle se tient. Les bâtiments conventuels actuels relèvent principalement du XVIIIe siècle. Ils regroupaient les espaces nécessaires à la vie commune, au travail et au repos.
L’église utilisée aujourd’hui par les moines occupe l’ancien réfectoire. Ce changement d’usage explique son plan et sa relation avec les autres ailes. Il ne faut donc pas la confondre avec l’abbatiale médiévale, dont le volume a disparu.
Repère de lecture : la tour Saint-Nicolas appartient à l’église médiévale disparue, tandis que l’église actuelle a été aménagée dans l’ancien réfectoire des moines.
Des travaux de restauration sont engagés depuis 2015. Ils associent les responsables du monument et les bénévoles de l’association Chantiers Histoire et Architecture Médiévales. Ces interventions portent sur un site occupé, où la conservation doit respecter la vie quotidienne de la communauté.
Visiter l’Abbaye Notre-Dame du Bec
L’Abbaye Notre-Dame du Bec est un monastère vivant. L’église accueille les fidèles lors des offices, les temps de prière chantée qui rythment la journée bénédictine. L’accès dépend du calendrier liturgique et des activités de la communauté.
La porterie, lieu d’accueil situé à l’entrée du monastère, renseigne les visiteurs. Les visites patrimoniales sont organisées à des moments déterminés. Les horaires varient selon la saison et la vie religieuse. Consultez la fiche pratique de l’abbaye pour les heures du jour avant votre déplacement. La rubrique visiter une abbaye aide également à préparer le passage dans un site encore habité.
Le parcours demande de distinguer les espaces accessibles des secteurs réservés. La clôture est la partie du monastère réservée aux religieux. Elle ne se franchit pas. Cette règle protège le silence, le travail et la prière des moines.
Lors de votre visite, observez successivement la tour Saint-Nicolas, les traces de l’abbatiale, le cloître du XVIIe siècle et les façades conventuelles du XVIIIe siècle. Dans l’église actuelle, la structure de l’ancien réfectoire reste le principal indice architectural. La boutique présente notamment les productions de l’atelier de céramique.
La communauté bénédictine et l’hôtellerie du Bec
La communauté vivante est composée de Bénédictins olivétains (moines), établie en 1948. Elle appartient à la congrégation de Sainte-Marie du Mont-Olivet et relève du diocèse de Évreux. Le retour des religieux a rétabli les offices, la vie fraternelle et le travail manuel dans des bâtiments auparavant affectés à d’autres usages.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéL’hôtellerie reçoit tous, pour une durée de 2 à 8 jours. Elle accueille les hommes et les femmes dans la vallée du Bec. Le séjour repose sur la participation au rythme du monastère, sans imposer une démarche identique à chaque hôte. Les moniales voisines tiennent une seconde hôtellerie.
Une demande de séjour passe par l’hôtellerie, qui confirme les dates et les conditions d’accueil. La durée disponible, le motif du séjour et les contraintes de la maison sont examinés avant validation. La page consacrée à l’hôtellerie monastique précise le fonctionnement de ce type d’accueil.
Le travail artisanal fait partie de l’économie du lieu. L’atelier de céramique produit des pièces vendues à la boutique. Cette activité prolonge la place donnée au travail dans la règle bénédictine. Le village classé du Bec-Hellouin se visite dans le même déplacement.
Les abbayes à voir autour du Bec-Hellouin
Trois grandes abbayes normandes se trouvent dans un rayon de 34 km. Elles présentent des états de conservation et des usages différents. La carte des abbayes permet de les situer dans la vallée de la Seine et l’ouest de l’Eure.
- L’Abbaye Royale Saint-Pierre de Jumièges se trouve à 24 km. Ses ruines montrent l’ampleur d’une grande abbatiale bénédictine normande.
- L’Abbaye Saint-Georges de Boscherville se situe à 30 km. Son église et ses bâtiments permettent de lire un ensemble monastique conservé.
- L’Abbaye royale de Saint-Wandrille de Fontenelle est à 34 km. Une communauté bénédictine y maintient la liturgie et le travail monastique.
Ces trois étapes complètent la visite du Bec par des architectures médiévales, classiques et contemporaines. Elles replacent l’abbaye dans le réseau bénédictin de la Normandie.




