Édifiée en 1968, l’église abbatiale de Sainte-Anne de Kergonan réunit architecture contemporaine, granit breton et vitraux non figuratifs de Maurice Rocher. À Plouharnel, cette abbaye bénédictine vivante conserve une liturgie chantée en grégorien et reçoit des hommes pour des séjours de quelques jours.
Histoire de l’Abbaye Sainte-Anne de Kergonan en dates
L’Abbaye Sainte-Anne de Kergonan se trouve à Plouharnel, dans le département du Morbihan, en région Bretagne. Elle occupe un site placé entre l’entrée de la presqu’île de Quiberon et les alignements de Carnac. Son ordre historique est l’ordre de Saint-Benoît.
Dom Paul Delatte, abbé de Saint-Pierre de Solesmes, fonde la communauté. L’avocat Hyacinthe Glotin, né en 1868 et mort en 1930, joue un rôle décisif dans son installation. Il achète Kergonan en 1895, puis acquiert de nouveau la propriété en 1910 afin de la rendre aux bénédictins.
Le monastère est construit en 1896 par l’architecte Joseph Caubert de Cléry. La communauté s’établit en 1898. Cette chronologie exclut les étapes propres aux abbayes médiévales. Sainte-Anne de Kergonan n’a connu ni apogée féodale, ni commende, régime dans lequel les revenus d’une abbaye étaient confiés à un abbé extérieur, ni saisie pendant la Révolution française.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1895 | Hyacinthe Glotin achète une première fois le domaine de Kergonan. |
| 1896 | Joseph Caubert de Cléry construit le monastère en granit gris breton. |
| 1898 | La communauté bénédictine est établie à Sainte-Anne de Kergonan. |
| 1904 | Les bénédictins et bénédictines de Sainte-Anne et de Saint-Michel quittent leurs couvents en application de la loi du 1er juillet 1901 sur les congrégations religieuses. |
| 1910 | Le château et le monastère sont mis en vente. Hyacinthe Glotin rachète Kergonan pour permettre le retour des moines. |
| 1968 | Guy Caubert de Cléry édifie l’église abbatiale à l’initiative du père Blazy. |
| 1978 | Le prêtre Guy Desnoyers arrive à l’abbaye après sa sortie de prison. |
| 21 avril 2010 | Guy Desnoyers meurt à Kergonan à l’âge de 90 ans. |
La loi du 1er juillet 1901 provoque donc une rupture réelle dans la vie du monastère. L’annonce de vente de 1910 décrit un vaste bâtiment récent en granit bleu, élevé sur deux étages, doté de l’eau à chaque niveau et d’un chauffage à vapeur. Elle mentionne aussi une cour, un parc d’agrément, un potager et une maison de garde.
Dom Henri Le Saux, né en 1910 et mort en 1973, compte parmi les figures liées à Kergonan. Devenu Swami Abhishiktananda, ce bénédictin poursuit en Inde une recherche spirituelle chrétienne au contact de la tradition hindoue. Il mène ensuite une vie d’ermite dans l’Himalaya.
Ce que l’on voit aujourd’hui à Sainte-Anne de Kergonan
Le bâtiment monastique de 1896 reste le noyau architectural du site. Joseph Caubert de Cléry emploie le granit gris du pays breton. Les volumes relèvent du vocabulaire néoroman. Les contreforts rythment les façades et renforcent visuellement la masse des murs.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéL’église abbatiale appartient à une campagne distincte. Guy Caubert de Cléry, fils de l’architecte du monastère, la construit en 1968. L’édifice répond aux besoins liturgiques d’une communauté bénédictine active plutôt qu’à la reconstitution d’un sanctuaire ancien.
À l’intérieur, le regard se porte sur l’ensemble de vitraux non figuratifs conçu par Maurice Rocher. La couleur, la lumière et les formes abstraites accompagnent l’organisation sobre du chœur. Le mobilier et les places réservées aux religieux rappellent que l’église demeure un lieu d’office, c’est-à-dire de prière communautaire célébrée à heures fixes.
Le monastère visible aujourd’hui associe deux périodes précises : le bâtiment néoroman de 1896 et l’église abbatiale construite en 1968.
Le domaine n’est pas un monument désaffecté. Certaines parties servent au travail, au logement et à la prière des moines. La clôture, espace réservé à la communauté, ne se franchit pas. Le visiteur doit distinguer les secteurs accessibles de ceux qui relèvent strictement de la vie monastique.
Visiter l’Abbaye Sainte-Anne de Kergonan
L’église reçoit le public pendant les offices quotidiens. En semaine, les vigiles commencent à 5 h 25, les laudes à 7 h 30 et la messe à 10 h. Sexte est célébrée à 12 h 45, none à 13 h 45, les vêpres à 18 h et les complies à 20 h 35.
Les dimanches et fêtes, les vigiles commencent à 5 h 10. Les laudes restent fixées à 7 h 30 et la messe à 10 h. Sexte a lieu à 12 h 45, none à 13 h 45, les vêpres à 16 h 30 et les complies à 20 h 35. Les heures du jour doivent être contrôlées sur la fiche pratique de l’abbaye avant le déplacement, notamment lors des fêtes liturgiques.
Vous entrez discrètement avant le début de la célébration. Le téléphone reste éteint. Les déplacements cessent pendant l’office. La messe et les heures sont chantées en grégorien, conformément à la tradition de la congrégation de Solesmes.
Aucun parcours libre ne donne accès aux bâtiments communautaires. Pour une demande précise, adressez-vous à la porterie, point d’accueil situé à l’entrée du monastère. Une visite organisée doit être confirmée auprès de l’abbaye. La page consacrée à la visite des abbayes aide à préparer votre venue dans un lieu encore habité.
La boutique monastique propose des pommes, des compotes, des céramiques, des faïences et des CD de chant grégorien réalisés ou produits par les moines. Elle distribue également des articles provenant d’autres monastères et de l’artisanat local : icônes, statues, médailles, santons bretons, encens et produits de phytothérapie. Le rayon librairie couvre la Bible, la liturgie, la théologie, l’histoire, la spiritualité, le monachisme et la vie des saints.
La communauté bénédictine et l’hôtellerie aujourd’hui
Communauté vivante aujourd’hui : Bénédictins (congrégation de Solesmes) (moniales), établie en 1898, diocèse de Vannes. La vie de Sainte-Anne de Kergonan suit la règle de saint Benoît. Elle partage la journée entre prière liturgique, lecture personnelle et travail.
Les vigiles ouvrent le cycle quotidien. Les laudes forment l’office du matin. La messe chantée est précédée par tierce. Sexte vient avant le déjeuner, puis none précède la récréation et le travail de l’après-midi. Les vêpres marquent la fin du jour. Les complies rassemblent la communauté avant la nuit.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéLe chapitre désigne la réunion durant laquelle les religieux reçoivent un enseignement, traitent une question communautaire ou entendent un passage de la règle. La lectio divina correspond à une lecture lente et méditée de l’Écriture. Ces pratiques structurent le temps sans séparer prière, étude et travail manuel.
« On pourra vendre les ouvrages des artisans du monastère. » Cette disposition de la règle de saint Benoît donne au travail monastique une place concrète dans l’équilibre de la journée.
L’hôtellerie monastique reçoit des hommes pour une durée de quelques jours. Elle se trouve à deux kilomètres des plages de Carnac. Les repas sont pris en silence. Les hôtes assistent aux offices chantés en grégorien et respectent le rythme de la maison. Une demande préalable auprès de l’hôtellerie est nécessaire avant tout séjour.
Dom Philippe Piron, cinquième abbé de Kergonan, est né à Nantes en 1953. Il entre à Kergonan en 1984 et prononce sa profession solennelle le 15 août 1989. Mgr Robert Le Gall lui donne la bénédiction abbatiale le 2 février 2002. Sa devise est Dilatato corde, « d’un cœur dilaté », tirée du prologue de la règle de saint Benoît.
Après sa démission, le père Éric de Reviers exerce la charge de prieur claustral. Le père Laurent de Trogoff est nommé et installé prieur administrateur le 26 août 2018. Le prieur administre la communauté lorsque la charge abbatiale n’est pas exercée par un abbé.
Autour de l’Abbaye Sainte-Anne de Kergonan en Bretagne
L’Abbaye Saint-Michel de Kergonan se trouve à 1 km. Les deux maisons appartiennent au même paysage monastique de Plouharnel, entre Carnac et la presqu’île de Quiberon.
L’Abbaye Notre-Dame de Timadeuc est située à 57 km. L’Abbaye de la Joie Notre-Dame se trouve à 73 km. Ces trois étapes permettent de relier le littoral du Morbihan à l’intérieur de la Bretagne monastique. La page dédiée à la région Bretagne et la carte des abbayes donnent les repères nécessaires pour organiser cet itinéraire.




