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Abbaye Notre-Dame de Melleray : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 16 septembre 2026
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Loire-Atlantiquedépartement
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Abbaye de Melleray
Abbaye de Melleray

L’abbaye Notre-Dame de Melleray a accueilli une communauté trappiste pendant 198 ans, de 1817 à 2015. Fondé en 1145, ce monastère de Loire-Atlantique reste aujourd’hui un lieu religieux vivant, confié aux moines du Chemin Neuf.

Histoire de l’abbaye Notre-Dame de Melleray en dates

L’abbaye Notre-Dame de Melleray est fondée en 1145 dans le pays de la Mée, alors intégré au duché de Bretagne. Elle occupe un terrain à défricher au lieu-dit Vieux-Melleray, dans la paroisse d’Auverné. Le site se trouve sur une ligne de partage des eaux entre le Don et l’Erdre. Les ruisseaux permettent l’aménagement d’un étang.

Foulques, abbé de Notre-Dame de Pontron en Anjou, conduit les premiers religieux. Melleray est conçue comme une abbaye-fille de l’abbaye de Louroux. Le terrain est donné par les seigneurs de Moisdon. La fondation est rattachée à l’abbaye de Cîteaux. Les seigneurs de Rougé ainsi que les barons d’Ancenis et de Châteaubriant financent son installation entre 1142 et 1180.

Le 1er novembre 1147, le pape Eugène III place la nouvelle abbaye cistercienne sous sa protection. Entre 1184 et 1210, le domaine reçoit 17 donations. Elles prennent la forme de terres, de dîmes et de rentes. La duchesse Constance de Bretagne intervient parmi les donateurs en 1199.

Année Événement
1145 Fondation de l’abbaye par des moines cisterciens conduits par Foulques, abbé de Notre-Dame de Pontron.
1er novembre 1147 Le pape Eugène III accorde une bulle pontificale de protection.
1184-1210 L’abbaye reçoit 17 donations en terres, dîmes et rentes.
1250 Geoffroy V de Châteaubriant attribue une rente destinée à l’achat du froment nécessaire au pain communautaire.
1406 Le connétable de Clisson lègue 300 livres à Melleray.
1544 Le premier abbé commendataire prend la direction du monastère.
1790 La création des départements et des communes situe l’abbaye à La Meilleraye-de-Bretagne, en Loire-Atlantique.
8 février 1817 Antoine Saulnier de Beauregard rachète l’abbaye et y rétablit une communauté trappiste.
2015 Les trappistes organisent la transmission du monastère au Chemin Neuf.
2016 Le Chemin Neuf s’établit à Melleray dans le diocèse de Nantes.

À partir de la fin du XIIIe siècle, les donations diminuent. La guerre de Succession de Bretagne touche la région. Une reprise des constructions intervient durant la seconde moitié du XVe siècle. Elle concerne notamment le logis abbatial, le noviciat et la chapelle de Clisson.

La commende apparaît en 1544. Ce régime confie les revenus et la direction temporelle de l’abbaye à un abbé commendataire, souvent extérieur à la communauté. Lors de la Révolution française, les religieux sont expulsés. Le domaine est vendu comme bien national à Sylvain Pâris.

Le rachat du 8 février 1817 ouvre une nouvelle période monastique : Melleray devient une trappe, c’est-à-dire un monastère relevant de l’ordre cistercien de la Stricte Observance.

Antoine Saulnier de Beauregard revient avec des moines trappistes, principalement venus d’Angleterre et d’Irlande. La communauté récupère progressivement des terres. Elle introduit des instruments agricoles anglais, une machine à battre et de nouvelles méthodes d’élevage. Après la révolution de 1830, les religieux étrangers sont expulsés de France. Les moines français restent à Melleray.

Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communauté

À la fin du XIXe siècle, le monastère fournit de l’écorce de chêne aux tanneries nantaises. Son catalogue horticole réunit 140 espèces de graines fourragères et potagères. En 1899, deux jardins clos couvrent 11 hectares. Un réseau souterrain assure leur irrigation.

Ce que l’on voit aujourd’hui à l’abbaye de Melleray

L’ensemble actuel conserve le principe d’une abbaye organisée autour du cloître. Le cloître est la cour intérieure bordée de galeries qui distribue les espaces communautaires. L’église suit l’orientation liturgique est-ouest. Dans le plan cistercien du XIIe siècle, deux portes la reliaient au cloître : l’une pour les moines et l’autre pour les convers, religieux chargés principalement des travaux manuels.

Le complexe médiéval associait l’église, la salle du chapitre, la salle des moines, le chauffoir, le réfectoire, la cuisine, le cellier et les espaces des convers. Le chapitre désigne la salle où la communauté se réunit pour écouter la règle et traiter les affaires du monastère. L’infirmerie, la chapelle de l’abbé et son appartement se trouvaient à l’est de ce noyau.

Les transformations successives ont modifié cette organisation. Le plan du XIIe siècle ne se lit donc plus dans son intégralité. Plusieurs éléments conservés permettent toutefois d’identifier les grandes fonctions du monastère :

  • le portail du XIIe siècle ;
  • l’église abbatiale ;
  • la galerie du cloître ;
  • les façades et les toitures des bâtiments conventuels ;
  • les escaliers monumentaux et la salle à manger ;
  • l’ancien logis abbatial et l’infirmerie.

L’abbaye est un monument historique inscrit. Sa protection distingue aussi plusieurs groupes de bâtiments. Le 21 décembre 1984, les façades et toitures des bâtiments conventuels, la galerie du cloître, les escaliers monumentaux et la salle à manger sont classés. Le même jour, l’église, l’ancien logis abbatial et l’infirmerie sont inscrits. Le portail du XIIe siècle est classé le 5 janvier 1993.

Visiter l’abbaye Notre-Dame de Melleray

Melleray reste une abbaye habitée. La visite doit donc respecter les offices, le travail de la communauté et la clôture. La clôture désigne la partie du monastère réservée aux religieux. Elle ne se franchit pas sans autorisation.

L’église accueille les fidèles dans le cadre prévu par la communauté. Les horaires varient avec le calendrier religieux et les sessions organisées sur place. Consultez la fiche pratique de l’abbaye avant votre déplacement pour connaître les heures du jour. La porterie, point d’accueil du monastère, indique les espaces accessibles, les conditions d’une visite guidée et l’ouverture de la boutique lorsqu’elle fonctionne.

Sur place, regardez d’abord le portail du XIIe siècle. Repérez ensuite la relation entre l’église et les bâtiments conventuels. La galerie du cloître montre le rôle central de la circulation intérieure. L’ancien logis abbatial rappelle la séparation historique entre les espaces de l’abbé et ceux de la communauté.

Une tenue sobre et le silence sont attendus près de l’église. Évitez les déplacements pendant un office. Pour préparer d’autres étapes religieuses, la rubrique visiter les abbayes rassemble les repères pratiques, tandis que la carte des abbayes aide à organiser un itinéraire.

La communauté du Chemin Neuf et l’hôtellerie de Melleray

Les trappistes ont occupé Melleray de 1817 à 2015. Face au manque de vocations, ils décident en 2015, avec l’évêque de Nantes Mgr James, de transmettre l’abbaye au Chemin Neuf. Une année de cohabitation accompagne le passage de relais. Les derniers trappistes rejoignent en septembre 2016 l’abbaye Notre-Dame-du-Port-du-Salut à Entrammes.

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La communauté vivante actuelle appartient au Chemin Neuf. Ces moines sont établis à Melleray depuis 2016, dans le diocèse de Nantes. La communauté est issue du Renouveau charismatique catholique. Le site sert notamment de lieu de formation et d’accueil.

L’hôtellerie monastique reçoit tous les publics. Les séjours durent d’un week-end à 8 jours. Cette ancienne trappe accueille des retraites, des sessions et des familles. La demande de séjour se fait auprès de l’accueil, qui précise les disponibilités, le programme et les conditions matérielles.

Autour de l’abbaye en Loire-Atlantique

L’abbaye se situe à La Meilleraye-de-Bretagne, dans le département de la Loire-Atlantique et la région Pays de la Loire. Son environnement appartient au pays de la Mée, entre les bassins du Don et de l’Erdre.

Trois communautés monastiques complètent un parcours régional. L’abbaye Notre-Dame de Bellefontaine se trouve à 55 km. L’abbaye Notre-Dame des Gardes est située à 65 km. L’abbaye Notre-Dame de la Coudre, à Laval, se trouve à 72 km.

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Le plan de abbaye Notre-Dame de Melleray

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

L’horaire des offices

Une communauté vit ici : sept fois par jour, l’église s’ouvre pour un office. Les heures exactes varient d’une maison à l’autre — celles-ci sont celles de la Règle, à l’heure de votre montre.

Il est 1 h 11 — dernier office : Complies, avant le grand silence. Prochain : Vigiles dans 3 h 19.

VigilesLaudesTierceSexteNoneVêpresComplies

Les abbayes voisines

N

Y dormir

Ancienne trappe reprise par le Chemin Neuf : retraites, sessions, familles.

Qui est reçuhommes et femmes
Durée habituelleweek-end à 8 jours
Commentpar courrier ou par le site de l’abbaye, jamais par téléphone le soir
Ce qu’on donneune participation aux frais, laissée à chacun

Le Registre des hôtelleries

Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

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