Depuis 1959, des moniales bénédictines occupent le château de Maumont, à Juignac, en Charente. Cette date récente masque une filiation religieuse qui remonte à Saint-Jean-d’Angély et traverse la Révolution française.
Histoire de l’abbaye Sainte-Marie de Maumont en dates
L’abbaye Sainte-Marie de Maumont est une abbaye bénédictine de femmes située à Juignac, dans le département de la Charente, en région Nouvelle-Aquitaine. La communauté actuelle s’est établie à Maumont en 1959. Son histoire commence toutefois à Saint-Jean-d’Angély.
De Saint-Jean-d’Angély au monastère Notre-Dame-des-Anges
En 817, Pépin d’Aquitaine implante la vie monastique à Saint-Jean-d’Angély. Cette fondation ancienne constitue le premier jalon de la filiation revendiquée par la communauté de Maumont.
En 1776, le prieur des bénédictins de Saint-Jean-d’Angély dirige Gertrude Coullaud vers l’abbaye de Saint-Maixent. Elle y reçoit l’habit en 1777. La Révolution disperse ensuite les religieux. L’abbaye royale de Saint-Jean-d’Angély est vendue comme bien national en 1792.
Avant leur départ, les moines confient une somme d’argent à Gertrude Coullaud. Cette somme doit servir à rétablir une présence religieuse dans la ville. En 1816, elle rassemble quelques religieuses et acquiert un logis à la périphérie de Saint-Jean-d’Angély. L’établissement prend le nom de monastère Notre-Dame-des-Anges en 1839. Son développement reçoit ensuite l’appui de l’abbaye de Pradines.
Le transfert des bénédictines à Maumont
Au XXe siècle, l’extension urbaine de Saint-Jean-d’Angély finit par entourer l’enclos des moniales. Le transfert de la communauté est décidé en 1957. Les bénédictines achètent le château de Maumont, puis s’y installent en 1959 sous le nom de Sainte-Marie de Maumont. La communauté compte alors plus de cinquante moniales.
Maumont n’est pas une abbaye médiévale restaurée dans sa fonction d’origine. C’est un château des XIVe et XVe siècles transformé en monastère par une communauté bénédictine arrivée en 1959.
Le site de Maumont n’a donc connu ni apogée monastique médiévale ni commende avant cette installation. La commende désigne l’attribution des revenus d’une abbaye à un supérieur qui n’y réside pas nécessairement. La vente révolutionnaire de 1792 concerne l’abbaye royale de Saint-Jean-d’Angély, dont procède l’histoire de la communauté, et non le château de Maumont.
| Année | Événement |
|---|---|
| 817 | Pépin d’Aquitaine implante la vie monastique à Saint-Jean-d’Angély. |
| 1776 | Gertrude Coullaud est dirigée vers l’abbaye de Saint-Maixent. |
| 1777 | Gertrude Coullaud reçoit l’habit religieux. |
| 1792 | L’abbaye royale de Saint-Jean-d’Angély est vendue comme bien national. |
| 1816 | Gertrude Coullaud réunit des religieuses et achète un logis. |
| 1839 | Le logis devient le monastère Notre-Dame-des-Anges. |
| 1957 | Le transfert hors de Saint-Jean-d’Angély est décidé. |
| 1959 | Les bénédictines s’établissent au château de Maumont. |
| 1996 | L’abbaye fonde le monastère Sainte-Croix de Friguiagbé en Guinée Conakry. |
Ce que l’on voit aujourd’hui à Maumont
Le noyau architectural est le château de Maumont. Il date des XIVe et XVe siècles. Les bénédictines l’ont modifié et agrandi afin d’y organiser les espaces nécessaires à la vie monastique.
À l’est, le portail en tiers-point s’ouvre dans une tour carrée du XIVe siècle. Un arc en tiers-point forme un sommet brisé, caractéristique de l’architecture gothique. La tour est renforcée par des pilastres et percée d’une fenêtre à croisillon.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéLe corps d’habitation appartient au XVe siècle. Une tour polygonale contient l’escalier. Elle est couverte d’un toit à pans. Sa porte en accolade, formée de deux courbes symétriques, est surmontée de pinacles.
L’église abbatiale est une construction moderne réalisée pour les bénédictines de Maumont. Elle ne doit pas être confondue avec une chapelle castrale conservée du Moyen Âge. L’ensemble visible associe donc une résidence seigneuriale ancienne, des aménagements conventuels et une église contemporaine.
- Élément le plus ancien : la tour carrée orientale du XIVe siècle.
- Partie résidentielle : le corps d’habitation du XVe siècle.
- Détail à observer : la porte en accolade et ses pinacles.
- Édifice religieux : l’église moderne de la communauté.
Le site reste un monastère habité. Tous les bâtiments ne relèvent donc pas d’un parcours de visite. Les espaces de travail, les lieux communautaires et les parties résidentielles appartiennent à la clôture.
Visiter l’abbaye Sainte-Marie de Maumont
La visite s’organise selon le fonctionnement d’une abbaye vivante. L’église est accessible lors des offices annoncés. Un office est une prière communautaire célébrée à heures régulières par les moniales. Il convient d’arriver avant le début de la célébration et de conserver le silence dans l’église.
La clôture, c’est-à-dire la partie du monastère réservée à la communauté, ne se franchit pas. Le château n’est donc pas ouvert comme un monument doté d’un circuit permanent de salles en salles. Les visiteurs respectent les indications placées sur place et s’adressent à la porterie. La porterie est le point d’accueil situé à l’entrée du monastère.
Les horaires précis varient avec le calendrier liturgique et la vie de la communauté. Consultez la fiche pratique de l’abbaye pour les heures du jour, les conditions d’accès à l’église et l’existence d’un accueil ponctuel. Aucun horaire ni tarif ne doit être déduit d’une ancienne annonce.
Les bons repères pour préparer la visite
- Vérifiez les offices ouverts aux visiteurs avant le déplacement.
- Présentez-vous à la porterie pour toute demande d’accueil.
- Ne franchissez aucune porte signalant la clôture monastique.
- Renseignez-vous sur place pour l’accès aux produits issus des ateliers.
- Prévoyez un temps distinct si vous venez pour une retraite ou un séjour.
Pour élargir votre parcours, la rubrique visiter une abbaye précise les usages propres aux communautés en activité. La carte des abbayes aide aussi à organiser les étapes sans confondre monuments publics, ruines et monastères habités.
La communauté bénédictine de Maumont aujourd’hui
L’abbaye accueille une communauté vivante de Bénédictines, établie en 1959. Elle relève du diocèse de Angoulême. Les moniales suivent la règle de saint Benoît, qui répartit la journée entre prière, lecture, vie commune et travail.
Le chapitre, assemblée où la communauté traite ses affaires sous l’autorité de la supérieure, appartient à la vie interne du monastère. Il ne constitue pas une activité ouverte aux visiteurs. Les célébrations dans l’église forment le principal contact entre les personnes de passage et la communauté.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéL’abbaye possède une hôtellerie. Elle reçoit des hôtes pour des séjours et des retraites. Cet accueil ne fonctionne pas comme un hébergement touristique ordinaire. La demande s’effectue auprès de l’abbaye, en tenant compte des disponibilités, du rythme des offices et du caractère religieux du lieu.
Les moniales disposent d’un atelier de reliure. Ce travail relève de l’économie propre du monastère. La musique des offices a également fait l’objet d’un travail avec le musicien Louis Thiry, sur des paroles du poète Pierre Emmanuel, pour le chœur des moniales.
En 1996, l’abbaye de Maumont a fondé le monastère Sainte-Croix de Friguiagbé en Guinée Conakry. Cette fondation inscrit la communauté charentaise dans une filiation bénédictine qui dépasse son implantation de Juignac.
Autour de l’abbaye de Maumont en Nouvelle-Aquitaine
Maumont se situe dans la commune de Juignac, en Charente, au sein de la région Nouvelle-Aquitaine. Trois autres établissements permettent de comparer une communauté vivante, une grande fondation médiévale et différents états de conservation.
- L’abbaye Notre-Dame de Bonne-Espérance d’Échourgnac se trouve à 29 km.
- L’abbaye de La Sauve-Majeure se trouve à 78 km.
- L’abbaye de Cadouin se trouve à 84 km.
Ces étapes figurent parmi les abbayes de France accessibles depuis le sud de la Charente. Échourgnac prolonge l’approche des communautés féminines vivantes. La Sauve-Majeure et Cadouin replacent Maumont dans l’histoire monastique plus large du Sud-Ouest.





