En 1275, l’Abbaye de Nonenque administrait 7 granges, signe d’un domaine déjà structuré dans le sud de l’Aveyron. Fondé en 1146, vendu à la Révolution puis rendu à la vie monastique en 1927, le site demeure occupé par des moniales chartreuses.
Histoire de l’Abbaye de Nonenque : les dates à retenir
L’Abbaye de Nonenque se trouve à Marnhagues-et-Latour, dans le département de l’Aveyron, en région Occitanie. Elle relève du diocèse de Rodez et dépendait autrefois du diocèse de Vabres. Ses anciens noms, Elnona, Annonenca et Noningues, rappellent son implantation au bord de la rivière El-Nonenque, entre deux montagnes.
En 1139, Raymond de Montagnol donne un terrain à Guiraud, abbé de Sylvanès. Guiraud y fonde en 1146 un monastère cistercien féminin. Nazarine, mentionnée en 1145, en est la première prieure. L’établissement porte d’abord le rang de prieuré.
Nonenque devient une abbaye en 1232, sous Tiburge, première supérieure à porter le titre d’abbesse. Cette promotion traduit la solidité matérielle de la maison. En 1257, Agnès de Clavières fonde le prieuré Saint-Sulpice-la-Pointe, placé sous la dépendance de Nonenque. En 1275, l’abbaye gère 7 granges, c’est-à-dire des exploitations agricoles monastiques.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1139 | Raymond de Montagnol donne le terrain à Guiraud, abbé de Sylvanès. |
| 1145 | Nazarine est mentionnée comme première prieure. |
| 1146 | Guiraud fonde le monastère féminin de Nonenque. |
| 1232 | Le prieuré prend le titre d’abbaye sous l’abbesse Tiburge. |
| 1257 | Agnès de Clavières fonde le prieuré Saint-Sulpice-la-Pointe. |
| 1275 | Nonenque administre 7 granges. |
| XVIe siècle | Les calvinistes pillent et incendient l’abbaye pendant la Réforme protestante. |
| 1730 | L’abbesse Charlotte d’Estaing fait reconstruire les bâtiments. |
| 2 novembre 1789 | La nationalisation des biens de l’Église ouvre la voie à la saisie du domaine. |
| 1927 | Des moniales chartreuses rachètent les bâtiments et rétablissent la vie religieuse. |
Au XVIe siècle, l’abbaye est pillée et incendiée par les calvinistes. La communauté reprend ensuite la vie régulière. Sous Charlotte d’Estaing, abbesse à partir de 1725, les bâtiments sont reconstruits en 1730.
La commende, régime dans lequel le pouvoir royal intervient dans la désignation des supérieures et l’administration des revenus, marque aussi l’histoire de Nonenque. Blanche de Roquefeuil devient en 1559 la première abbesse nommée par le roi. Elizabeth de Toiras-d’Amboise reçoit également une nomination royale en 1694.
Le 2 novembre 1789, la nationalisation des biens de l’Église entraîne la saisie de Nonenque, l’expulsion des moniales et la vente des bâtiments comme biens nationaux.
Louis Liquier, marchand de Marseille, achète alors l’ancienne abbaye. Il accorde une pension viagère à chacune des moniales expulsées. Le domaine reste dans la famille Liquier durant trois générations. En 1927, des moniales cartusiennes chassées en 1906 de l’abbaye du Gard rachètent Nonenque et reviennent en France.
Ce que l’on voit aujourd’hui à Nonenque
Nonenque n’est ni une ruine ni un monument désaffecté. Les bâtiments sont occupés par une communauté vivante. Leur organisation résulte de la reconstruction de 1730, de transformations ultérieures et de l’adaptation du couvent aux usages chartreux.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéL’ensemble comporte deux étages principaux. Le rez-de-chaussée réunissait les réfectoires, les cuisines, le lavoir, l’infirmerie et les étables. Le premier étage comprend un cloître, galerie fermée organisée autour d’une cour, avec des arcs semi-circulaires séparés par des piliers. Leur forme rappelle celle des supports visibles à l’Abbaye de Sylvanès.
La cour centrale possède une fontaine. Le même niveau réunissait le parloir, les appartements de l’abbesse, les logements des moniales et celui de l’organiste. La sacristie et la chapelle se trouvent au nord. Le niveau supérieur comprend l’église, quinze cellules destinées aux moniales et des chambres réservées aux visiteurs.
Deux secteurs répondaient aux différents statuts de la communauté. L’un était réservé aux moniales. L’autre accueillait les Sœurs Données et, à certaines périodes, les Frères Donnés, religieux associés aux travaux matériels sans suivre exactement le même régime que les moniales de chœur.
Un mur de 2 mètres 50 sépare le couvent du monde extérieur. Un passage souterrain franchit la route et rejoint un étang à poissons. Un petit pont situé au sud-ouest servait autrefois aux échanges des sœurs données. La clôture, espace réservé à la communauté, détermine toujours la perception du site.
Le pillage du XVIe siècle et la reconstruction de 1730 ont effacé une part des dispositions médiévales. Les espaces conservés ne forment donc pas un ensemble homogène du XIIe siècle. Au-dessus du couvent se trouve la Vierge sur le Rocher, sculptée au XXe siècle par un artiste inconnu.
Visiter l’Abbaye de Nonenque aujourd’hui
L’Abbaye de Nonenque est une chartreuse en activité. Elle ne fonctionne pas comme un monument doté d’un parcours intérieur permanent. La règle cartusienne protège le silence, la solitude et la clôture. Vous ne franchissez pas les secteurs réservés aux moniales.
La porterie, point de contact entre le monastère et l’extérieur, ne constitue pas une billetterie touristique. L’église et les offices, temps quotidiens de prière communautaire, suivent les règles propres à la communauté. Aucun horaire précis de visite, d’office public ou de boutique ne doit être présumé. Les conditions du jour se vérifient sur la fiche pratique de l’abbaye avant le déplacement.
À Nonenque, la présence d’une communauté prime sur la visite patrimoniale. La clôture n’est pas une zone de circulation touristique.
Depuis les abords autorisés, vous observez l’implantation du couvent au pied des reliefs, son enceinte et la Vierge sur le Rocher. Vous devez respecter les panneaux, les accès privés et le silence demandé autour de la porterie. Pour préparer un itinéraire adapté, consultez les repères consacrés aux modalités de visite des abbayes et la carte des établissements monastiques.
La communauté de l’Abbaye de Nonenque aujourd’hui
La communauté vivante aujourd’hui est celle des Chartreuses (moniales), établie en 1927, dans le diocèse de Rodez. L’ordre historique attaché à la communauté actuelle est celui des Moniales chartreuses. Le monastère porte le nom de Chartreuse du Précieux Sang de Nonenque.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéLa vie cartusienne associe solitude en cellule, prière liturgique et travaux nécessaires au monastère. Le chapitre, réunion de la communauté pour traiter les affaires régulières, appartient à l’organisation interne. Les cellules ne sont pas de simples chambres. Elles constituent les espaces de vie, de prière et de travail propres à chaque moniale.
Nonenque conserve une organisation héritée à la fois de son passé cistercien et de son usage chartreux. La présence continue des moniales depuis 1927 distingue le lieu des anciennes abbayes devenues monuments ou propriétés privées. Aucun effectif communautaire, service d’hôtellerie ouvert au public ou production d’atelier ne doit être annoncé sans information pratique confirmée.
Autour de l’Abbaye de Nonenque en Occitanie
L’étape monastique la plus proche est l’Abbaye de Sylvanès, située à 10 km. Les deux maisons partagent une histoire liée à Guiraud, abbé de Sylvanès et fondateur de Nonenque. Cette proximité permet de lire deux trajectoires religieuses distinctes dans le même secteur aveyronnais.
À 76 km se trouve l’abbaye d’Azille. L’Abbaye Notre-Dame de Bonneval se situe également à 76 km. Ces trois étapes replacent Nonenque dans le réseau monastique de la région Occitanie, entre communautés vivantes, héritages cisterciens et sites aux conditions d’accès différentes.




