Fondée en 1850, l’Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-Qui-Vire maintient depuis plus de 175 ans une présence bénédictine dans le Morvan. Son église, son hôtellerie ouverte à tous et sa production de fromage bio permettent d’approcher concrètement la règle de saint Benoît.
Histoire de l’Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-Qui-Vire en dates
L’Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-Qui-Vire se trouve à Saint-Léger-Vauban, dans le département de l’Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté. Jean-Baptiste Muard, prêtre du diocèse de Sens, fonde la communauté le 3 octobre 1850. Le domaine initial couvre 6 hectares donnés par la famille de Chastellux, sur une rive du Trinquelin.
Jean-Baptiste Muard avait étudié la règle de saint Benoît à Subiaco, en Italie. Il rentre en France en 1848 avec deux compagnons, puis accomplit son noviciat à la trappe d’Aiguebelle. L’ordre historique de la communauté est l’ordre de Saint-Benoît. Le monastère rejoint en 1859 la congrégation bénédictine de Subiaco.
La fondation intervient après la Révolution française. Elle n’a donc connu ni confiscation révolutionnaire ni régime de commende, système dans lequel les revenus d’une abbaye étaient confiés à un abbé extérieur à la communauté. Son histoire est marquée par les mesures de suppression des congrégations de la IIIe République. Les moines partent en exil en 1880, puis de nouveau en 1904. Ils regagnent définitivement le monastère en 1921.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1850 | Fondation par Jean-Baptiste Muard à Saint-Léger-Vauban. |
| 1853 | Inauguration d’une statue monumentale de la Vierge en octobre. |
| 1854 | Mort de Jean-Baptiste Muard le 19 juin, à quarante-cinq ans. |
| 1857 | Lancement d’un projet de construction de grande ampleur. |
| 1859 | Agrégation à l’ordre bénédictin, dans la congrégation de Subiaco. |
| 1871 | Consécration de l’église abbatiale. |
| 1880 | Premier exil de la communauté. |
| 1904 | Nouvel exil imposé aux moines. |
| 1921 | Retour définitif de la communauté au monastère. |
| 1951 | Fondation des éditions Zodiaque consacrées à l’art roman. |
| 1992 | Remaniement profond de l’église. |
| 2006-2007 | Mise aux normes de l’hôtellerie construite en 1952. |
Les constructions s’échelonnent de 1850 à 1953 et pèsent durablement sur les finances de la communauté. Une vingtaine de frères vivent déjà sur place pendant la première phase d’expansion. Au XXe siècle, l’abbaye développe une ferme, une imprimerie, l’édition et la production hydroélectrique.
« Les moines seront vraiment moines s’ils vivent du travail de leurs mains. » Cette prescription de la règle de saint Benoît éclaire l’organisation du travail à la Pierre-Qui-Vire.
Ce que l’on voit aujourd’hui à la Pierre-Qui-Vire
Le monastère occupe un terrain boisé du nord du Morvan, au bord du Trinquelin. Les bâtiments visibles résultent de campagnes successives menées entre le XIXe et le XXe siècle. L’église consacrée en 1871 a été profondément transformée en 1992. Elle ne présente donc plus intégralement son état d’origine.
La roche qui donne son nom au lieu se compose de deux blocs de granit superposés. Une tradition locale affirmait que la pierre supérieure tournait trois fois au son de l’angélus. Elle est désormais scellée et porte une statue de la Vierge Marie. Ce dispositif naturel et religieux reste l’un des repères matériels du site.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéLes bâtiments monastiques demeurent affectés à la communauté. Le cloître et les espaces de travail appartiennent à la clôture, partie réservée aux moines. Le chapitre, réunion quotidienne de la communauté et, par extension, salle où elle se tient, ne relève pas du parcours ordinaire des visiteurs.
Un bâtiment accessible près de la porterie présente l’histoire du monachisme, la règle de saint Benoît et la fondation de l’abbaye. L’ancienne activité éditoriale y tient une place particulière. Les éditions Zodiaque, créées en 1951 sous la direction de dom Surchamp, ont diffusé des études photographiques et historiques sur l’art roman. Les volumes furent imprimés à l’abbaye jusqu’au début des années 2000. Les éditions avaient été vendues en 2000.
Visiter l’Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-Qui-Vire
La Pierre-Qui-Vire reste un monastère vivant et non un monument organisé autour d’un parcours touristique intégral. L’église accueille les visiteurs pendant les offices, temps de prière chantée qui rythment la journée bénédictine. Vous entrez en silence et prenez place dans l’espace indiqué. Les horaires changent avec le calendrier liturgique. La fiche pratique officielle de l’abbaye donne les heures du jour.
La clôture ne se franchit pas. Cette règle protège la vie commune, les cellules, le cloître et les lieux de travail. La visite se concentre sur l’église, les abords autorisés, l’exposition consacrée à la vie monastique et la boutique. Pour préparer d’autres visites monastiques, la page visiter une abbaye précise les usages à respecter.
La porterie, lieu d’accueil situé à l’entrée du monastère, renseigne les visiteurs et les hôtes. Elle donne accès à la librairie. Celle-ci rassemble des ouvrages de foi, de spiritualité et d’histoire religieuse, ainsi que des produits issus de l’artisanat monastique. Les conditions d’accès et les éventuelles visites organisées sont à vérifier sur la fiche pratique officielle avant le déplacement.
La communauté bénédictine et l’hôtellerie aujourd’hui
Une communauté vivante de Bénédictins, des moines, réside à la Pierre-Qui-Vire depuis 1850. Elle appartient au diocèse de Sens. En 2018, elle comptait 35 moines. Cet effectif daté ne constitue pas un décompte actuel. Les frères répartissent leur journée entre les offices, la lecture, le travail, l’accueil et les services communs.
L’hôtellerie reçoit tous les publics pour des séjours de 2 à 8 jours. Hommes, femmes et familles y sont accueillis. Il ne s’agit pas d’un hébergement hôtelier classique. Le séjour suit le rythme du monastère, avec des temps de silence et la faculté de participer aux offices.
Au cœur du Morvan, l’hôtellerie est très fréquentée. Une réservation longtemps à l’avance s’impose pour un séjour en été.
Les modalités de séjour, l’organisation des repas et les périodes d’accueil figurent sur la fiche pratique officielle. La page consacrée à l’hôtellerie monastique aide aussi à préparer une retraite et à comprendre les règles de l’accueil bénédictin.
Le fromage Pierre-qui-Vire et les activités de l’abbaye
La ferme voisine est achetée en 1938. Après une phase d’agriculture intensive, elle s’oriente vers l’agriculture biologique en 1965. Son exploitation est confiée à un couple d’agriculteurs en 1988. En juin 2019, la ferme a célébré les 50 ans de sa conversion à l’agriculture biologique.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéLe Pierre-qui-Vire est un fromage frais et affiné au lait bio des vaches du Morvan, fabriqué à l’abbaye. Il se trouve à la porterie et sur les marchés d’Avallon. D’autres produits monastiques sont présentés dans le comptoir des abbayes.
L’abbaye a également exploité l’énergie du Trinquelin. Deux turbines de 220 kW et de 200 kW ont été installées en 1965 et 1970. Elles utilisent une chute de 31 mètres et un canal d’amenée semi-enterré transportant 2 000 litres d’eau par seconde.
Autour de l’abbaye dans le Morvan et l’Yonne
La Pierre-Qui-Vire se situe en Bourgogne-Franche-Comté, dans la partie nord du Morvan. À 27 km, la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay constitue l’étape monastique voisine la plus proche.
L’abbaye Saint-Joseph de Clairval se trouve à 39 km. Cette communauté bénédictine est établie à Flavigny-sur-Ozerain. Plus au nord, l’abbaye de Pontigny se situe à 67 km. Son église conserve l’échelle monumentale d’une ancienne fondation cistercienne.




