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Abbaye Notre-Dame d’Acey : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 16 septembre 2026
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Juradépartement
vivantemoines
Abbaye de Acey
Abbaye de Acey

Depuis 1101, l’Abbaye Notre-Dame d’Acey occupe la vallée de l’Ognon, à Vitreux, dans le Jura. Vendue en 1791 puis rendue à la vie monastique, elle réunit aujourd’hui une église cistercienne classée monument historique, une communauté de trappistes et une hôtellerie ouverte aux hommes comme aux femmes.

L’histoire de l’Abbaye Notre-Dame d’Acey en dates

La fondation de l’Abbaye Notre-Dame d’Acey remonte à 1101. Le site se trouve à Vitreux, dans le département du Jura et la région Bourgogne-Franche-Comté. Il occupe la vallée de l’Ognon, entre Dole et Besançon, près des limites de la Haute-Saône et du Doubs.

Une implantation religieuse avait précédé l’abbaye. À l’époque carolingienne, le monastère de Condat, devenu l’abbaye de Saint-Claude, avait établi un ermitage dans la vallée. Cette présence disparut lors des invasions normandes. À la fin du XIe siècle, Baume-les-Messieurs obtint la possession du domaine. Le pape Urbain II confirma ce droit en 1090. L’archevêque de Besançon le confirma en 1111.

La fondation ne repose pas sur un seul homme. Deux ermites, Constantin, qui était prêtre, et son frère Robert, rassemblèrent une communauté dans les bâtiments de l’ancien prieuré. Une basilique fut consacrée par l’archevêque Anséric le 5 décembre 1127. En 1134, Anséric chargea l’abbaye de Cherlieu d’y établir un monastère de l’ordre de Cîteaux. L’établissement cistercien fut constitué en 1136. Renaud III de Bourgogne, comte de Bourgogne, lui accorda des terres avec d’autres seigneurs.

Les donations comprenaient des champs, des prés, des vignes, des forêts et des pêcheries sur l’Ognon. Les moines organisèrent ces possessions en fermes et en granges. Le monastère se trouvait alors en terre d’Empire, à la frontière du duché et du comté de Bourgogne.

Année Événement
1101 Fondation de l’Abbaye Notre-Dame d’Acey.
1127 Consécration de la basilique par l’archevêque Anséric le 5 décembre.
1134 L’abbaye de Cherlieu reçoit la mission d’établir une communauté cistercienne.
1136 Constitution de l’abbaye dans l’ordre de Cîteaux.
1182 Une bulle pontificale confirme les possessions et les droits d’Acey.
1477 Les troupes de Louis XI pillent l’abbaye et rançonnent l’abbé.
1650 Le clocher et 30 mètres de voûte de l’église s’effondrent.
1791 L’abbaye est vendue comme bien national.
1872 Une communauté trappiste s’établit durablement à Acey.
1938 Le monastère retrouve son titre d’abbaye.
1994 Les verrières de l’église sont remplacées par des créations contemporaines.

La prospérité médiévale fut interrompue à plusieurs reprises. Le conflit entre Frédéric Barberousse et le pape Alexandre III entraîna la dispersion des religieux à partir de 1160. Des commissaires du pape Jean XXII contrôlèrent la gestion de l’abbaye en 1316 et 1320. Les guerres du XIVe siècle frappèrent ensuite ses domaines.

Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communauté

Au XVe siècle, Acey passa sous le régime de la commende, système dans lequel un abbé percevait les revenus sans résider nécessairement au monastère. Les armées d’Henri IV dévastèrent le secteur en 1595. La guerre de Dix Ans, de 1634 à 1644, dispersa une communauté réduite à six moines. Un incendie toucha encore l’abbaye en 1683.

La continuité visible à Acey ne résulte pas d’une conservation intacte. Elle repose sur des reconstructions successives, puis sur le retour durable des trappistes en 1872.

Au XVIIIe siècle, la vente de bois finança des travaux. Antoine-Louis Attiret dressa en 1756 les plans d’une nef raccourcie. Le quartier abbatial, commencé vers 1720, fut achevé en 1768. Après la vente révolutionnaire, l’abbé Bardenet acheta les bâtiments en 1829 pour y installer un pensionnat de jeunes filles tenu par les Marianistes. Celui-ci quitta Acey pour Lons-le-Saunier en 1853.

Des bénédictins de Solesmes tentèrent ensuite une implantation. Des trappistes leur succédèrent en 1860, mais les lieux redevinrent inoccupés en 1863. En avril 1872, des religieux venus de Notre-Dame des Dombes s’installèrent à Acey. Des moines de Notre-Dame d’Aiguebelle les rejoignirent en 1873.

Ce que l’on voit aujourd’hui à l’Abbaye Notre-Dame d’Acey

L’ensemble actuel associe une église d’origine médiévale et des bâtiments conventuels largement repris au XVIIIe siècle puis après 1872. L’abbaye est classée monument historique. Son plan conserve l’organisation fonctionnelle d’un monastère cistercien autour du cloître.

L’église constitue la partie la plus ancienne. Son origine remonte au XIIe siècle. Les destructions, l’effondrement de 1650 et les réparations du XVIIIe siècle ont modifié ses volumes. La nef fut restaurée en 1909 et 1910 dans un vocabulaire cistercien sobre. Elle fut rouverte au culte en 1910.

Le cloître appartient au quartier abbatial achevé en 1768. Il distribue les espaces réguliers réservés à la communauté. Le chapitre, réunion au cours de laquelle les moines traitent les affaires de la communauté, s’inscrit dans cette organisation quotidienne. Les locaux monastiques ne forment pas un parcours patrimonial libre.

Les verrières installées en 1994 introduisent une création contemporaine dans l’église restaurée. Elles sont dues au peintre franc-comtois Jean Ricardon. Leur dessin et leurs plages colorées se lisent depuis la nef sans rompre la géométrie de l’architecture.

Visiter l’Abbaye Notre-Dame d’Acey

Acey reste une abbaye vivante. La visite s’organise donc autour des temps religieux et des secteurs ouverts au public. L’accès à l’église suit le rythme des offices, les prières chantées qui structurent la journée monastique. Les horaires changent suivant le calendrier de la communauté. La fiche pratique officielle de l’abbaye donne les heures du jour.

Vous entrez par la porterie, lieu d’accueil situé à la limite entre les espaces publics et le monastère. Les indications affichées sur place précisent l’accès à l’église, à l’hôtellerie et à la boutique. Aucun horaire ni tarif ne doit être déduit d’une ancienne brochure.

La clôture, partie du monastère réservée aux religieux, ne se franchit pas. Le cloître et les bâtiments communautaires restent liés à la vie des moines. Une visite guidée n’est pas un parcours permanent garanti chaque jour. Pour préparer votre venue, consultez les modalités actualisées et les repères consacrés aux visites d’abbayes en activité.

  • Vérifiez les horaires des offices avant le déplacement.
  • Arrivez avant le début de la célébration afin de ne pas interrompre l’entrée de la communauté.
  • Restez dans les zones signalées comme accessibles.
  • Adressez les demandes concernant la boutique ou l’accueil à la porterie.
  • Respectez le silence durant l’office et dans l’église.

Dans la nef, regardez la différence entre la structure héritée du XIIe siècle et les campagnes de reprise. Observez aussi la nef raccourcie après les destructions. Les verrières de 1994 forment le principal apport artistique contemporain.

La communauté trappiste et l’hôtellerie d’Acey

L’Abbaye Notre-Dame d’Acey abrite aujourd’hui une communauté vivante de trappistes. Ces moines appartiennent à l’ordre cistercien de la stricte observance. La communauté actuelle est établie depuis 1872. Elle relève du diocèse de Saint-Claude.

Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communauté

Acey est le seul monastère cistercien de Franche-Comté encore occupé par une communauté monastique. La journée alterne offices, lecture, travail et repas. Les visiteurs ne participent pas à l’ensemble de la vie conventuelle. Ils assistent aux célébrations ouvertes dans l’église.

L’hôtellerie reçoit les hommes et les femmes pour une durée de quelques jours. Elle se trouve au bord de l’Ognon. L’accueil s’adresse à toute personne disposée à respecter le rythme du lieu. Une retraite ne correspond ni à un séjour touristique ordinaire ni à une visite prolongée des bâtiments.

La demande de séjour s’effectue directement auprès de l’hôtellerie. La communauté confirme les disponibilités et les conditions pratiques. Les repères généraux sur les repas, les offices et la participation financière figurent dans le guide de l’hôtellerie monastique.

Le travail fait partie de l’équilibre trappiste. Acey exploite notamment un atelier industriel de traitement de surface par électrolyse. Cette activité assure une part des ressources du monastère. La boutique rassemble les produits proposés par la communauté ou par d’autres maisons monastiques, suivant les disponibilités.

Autour de l’abbaye, entre Jura et Bourgogne

Acey se situe dans le nord du Jura, en Bourgogne-Franche-Comté. La vallée de l’Ognon marque ici un passage entre le Jura, la Haute-Saône et le Doubs. La carte des abbayes aide à organiser un itinéraire régional cohérent.

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Le plan de abbaye Notre-Dame d'Acey

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

L’horaire des offices

Une communauté vit ici : sept fois par jour, l’église s’ouvre pour un office. Les heures exactes varient d’une maison à l’autre — celles-ci sont celles de la Règle, à l’heure de votre montre.

Il est 21 h 08 — dernier office : Complies, avant le grand silence. Prochain : Vigiles dans 7 h 22.

VigilesLaudesTierceSexteNoneVêpresComplies

Les abbayes voisines

N

Y dormir

Trappistes du Jura, hôtellerie ouverte aux hommes et aux femmes, au bord de l'Ognon.

Qui est reçuhommes et femmes
Durée habituellequelques jours
Commentpar courrier ou par le site de l’abbaye, jamais par téléphone le soir
Ce qu’on donneune participation aux frais, laissée à chacun

Le Registre des hôtelleries

Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

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