Dernier office : Complies · prochain : Vigiles dans 7 h 22Les Grands Tours — 12 itinéraires9 €

Abbaye Notre-Dame de la Paix-Dieu : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 16 septembre 2026
trappisteordre
Garddépartement
vivantemoniales
Abbaye de La Paix-Dieu ou Cabanoule
Abbaye de La Paix-Dieu ou Cabanoule

Établie à 210 mètres d’altitude, l’Abbaye Notre-Dame de la Paix-Dieu réunit des moniales trappistines à Anduze depuis 1970. Cette fondation contemporaine occupe une ancienne magnanerie du Gard, loin du modèle de l’abbaye médiévale ouverte comme monument.

Histoire de l’Abbaye Notre-Dame de la Paix-Dieu en dates

L’Abbaye Notre-Dame de la Paix-Dieu se trouve au lieu-dit Cabanoule, sur la commune d’Anduze, dans le département du Gard. Le monastère est aussi appelé Paix-Dieu d’Anduze ou abbaye de Cabanoule. Il relève du diocèse de Nîmes.

La fondation vient de l’abbaye Notre-Dame des Gardes. En 1968, cette maison compte plus de soixante sœurs. Elle décide alors d’établir une communauté-fille dans les Cévennes. Mère Marie de la Trinité Kervingant, supérieure des Gardes, porte le projet avec les moniales volontaires.

La nouvelle communauté reçoit une mission œcuménique. Elle doit notamment entretenir le dialogue avec le protestantisme, fortement implanté dans les Cévennes. Pierre-Marie Rougé, évêque de Nîmes, accepte le principe de la fondation le 18 avril 1968.

Le pasteur Paul Bastian, né en 1920 et mort en 2011, rencontre les responsables catholiques le 18 octobre 1968. Le père René Blache, curé d’Anduze, participe aux échanges. Tous deux redoutent d’abord que l’arrivée des moniales ne trouble les relations confessionnelles locales. Les liens épistolaires entre mère Marie et Paul Couturier, pionnier de l’œcuménisme en France, lèvent leurs réserves. Ils soutiennent ensuite financièrement l’installation.

Année Événement
1968 L’abbaye Notre-Dame des Gardes décide de fonder une communauté-fille dans les Cévennes.
18 avril 1968 L’évêque Pierre-Marie Rougé accepte le projet.
18 octobre 1968 Les responsables catholiques rencontrent le pasteur Paul Bastian.
8 septembre 1969 Trois cisterciennes et plusieurs ouvriers commencent les travaux dans l’ancienne magnanerie.
Janvier 1970 Trois autres sœurs et l’aumônier rejoignent Cabanoule.
6 avril 1970 Sœur Marie-Bernard Sauvaget prend la responsabilité du prieuré comme supérieure.
19 avril 1970 La vie commune des sept sœurs commence officiellement.
30 avril 1972 Marie Odile Coutand succède à sœur Marie-Bernard Sauvaget.
12 août 1974 Isabelle Perrocheau devient supérieure.
24 mars 1979 Isabelle Perrocheau devient prieure et le monastère acquiert son indépendance.

L’inauguration du 19 avril 1970 réunit l’évêque, des abbés cisterciens, des pasteurs et un prêtre orthodoxe. Cette présence traduit la vocation œcuménique fixée dès l’origine.

La Paix-Dieu n’est pas une abbaye médiévale restaurée. C’est une fondation monastique contemporaine, née en 1970 dans un bâtiment rural réaffecté.

Le lieu n’a connu ni apogée médiévale, ni mise en commende, système dans lequel les revenus d’une abbaye étaient confiés à un supérieur extérieur à la communauté. Il n’a pas davantage subi les suppressions monastiques de la Révolution française. Sa chronologie commence à la fin des années 1960.

Les prieures et supérieures assurent ensuite la continuité de la fondation. Marie Odile Coutand exerce du 30 avril 1972 au 12 août 1974. Isabelle Perrocheau est supérieure du 12 août 1974 au 19 février 1979, puis prieure du 24 mars 1979 au 19 février 1998. Pascale Pied est prieure du 19 février 1998 au 24 janvier 2000. Marie-Claire Müller est supérieure ad nutum du 3 février 2000 au 22 mars 2001. Mère Elisabeth Unal devient supérieure ad nutum en 2001, puis prieure en 2002.

Ce que l’on voit aujourd’hui à la Paix-Dieu d’Anduze

Le prieuré occupe le revers oriental de la colline des Capélans, au sud-ouest d’Alès. Le site se trouve à 210 mètres d’altitude. Il reste à l’écart du centre d’Anduze.

Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communauté

Le noyau initial est un mas abandonné acquis pour la fondation. Ce bâtiment avait servi de magnanerie, c’est-à-dire de lieu d’élevage des vers à soie. Les travaux lancés le 8 septembre 1969 ont adapté cette construction rurale aux besoins d’une communauté contemplative.

En janvier 1970, la maison communautaire et la chapelle ne sont pas encore bâties. Les premières moniales vivent alors dans des locaux provisoires. Le monastère actuel résulte de cette installation progressive. Son organisation répond à la prière commune, au travail et à la séparation entre les espaces accessibles et la vie intérieure des religieuses.

Vous ne trouverez donc ni cloître roman, ni salle capitulaire médiévale, ni vestiges d’une église abbatiale ancienne. Le chapitre, réunion quotidienne consacrée à la règle et aux affaires de la communauté, appartient ici à une fondation moderne. Le principal intérêt du lieu tient à la permanence de la vie trappiste et à son histoire œcuménique.

Visiter l’Abbaye Notre-Dame de la Paix-Dieu

La Paix-Dieu reste un monastère vivant. Elle ne fonctionne pas comme un monument doté d’un parcours patrimonial continu. L’accès s’organise autour de la chapelle, des offices et de la porterie. Un office est une prière célébrée en commun à des moments déterminés de la journée.

La chapelle accueille les fidèles dans les conditions fixées par la communauté. Les horaires suivent le calendrier monastique et les nécessités de la vie conventuelle. Consultez la fiche pratique publiée par la communauté pour connaître les heures du jour avant votre déplacement.

La clôture, partie du monastère réservée aux moniales, ne se franchit pas. Les bâtiments communautaires, les lieux de travail et les espaces privés ne relèvent pas d’une visite libre. Aucune visite guidée régulière du monastère n’est documentée. Vous devez respecter les indications affichées sur place.

La porterie, point d’accueil situé à l’entrée d’un monastère, renseigne les visiteurs. Elle permet aussi d’accéder aux produits proposés par la communauté lorsque la boutique est ouverte. Aucun billet patrimonial n’est requis pour suivre un office. Pour préparer d’autres étapes monastiques, la page visiter une abbaye précise les usages propres aux communautés vivantes.

La communauté trappistine de la Paix-Dieu aujourd’hui

La communauté vivante est formée de Trappistines. Ces moniales appartiennent à l’ordre cistercien de la stricte observance. Elles sont établies à Anduze depuis 1970.

Cabanoule porte couramment le titre d’abbaye, mais son statut canonique est celui d’un prieuré majeur. Sa responsable est donc une prieure et non une abbesse. Après la période de dépendance envers Notre-Dame des Gardes, le monastère devient indépendant sous le priorat d’Isabelle Perrocheau.

La journée associe liturgie, lecture, vie fraternelle et travail manuel. La communauté a pratiqué le travail de la terre, l’élevage de poules, l’apiculture et la poterie. Ses ateliers produisent aussi des bougies, des huiles essentielles et une pâtisserie appelée rocamandine.

Ces activités assurent une part des ressources du prieuré. Les produits disponibles varient avec la fabrication et les stocks. La boutique ou la porterie donne l’information sur place. Les données établies ne permettent pas d’affirmer qu’une hôtellerie monastique reçoit actuellement des hôtes. Toute demande de séjour doit donc être confirmée directement auprès de la porterie.

Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communauté

Pour situer cette communauté parmi les abbayes et prieurés de France, il faut retenir sa double identité. Elle relève de la tradition trappiste. Elle conserve aussi la mission de dialogue entre chrétiens donnée par ses fondatrices.

Autour de l’abbaye, dans le Gard et les Cévennes

Anduze se situe dans le Gard, en région Occitanie, au contact des Cévennes. Une consultation de la carte des abbayes permet d’organiser un parcours sans confondre communautés actives, monuments ouverts et domaines privés.

L’Abbaye Notre-Dame-des-Neiges se trouve à 61 km. Cette étape prolonge l’approche du monachisme cistercien dans un autre secteur cévenol.

L’Abbaye Saint-Michel de Frigolet est située à 65 km. L’Abbaye Saint-Pierre de Montmajour se trouve à 68 km. Ces deux sites permettent de comparer une fondation trappiste contemporaine avec des ensembles monastiques issus d’autres histoires religieuses et architecturales.

La page consacrée aux abbayes par région aide à replacer la Paix-Dieu dans l’ensemble monastique de l’Occitanie et des territoires voisins.

Donnez votre avis

Soyez le 1er à noter cet article
ou bien laissez un avis détaillé


Partagez cet article maintenant !


Le plan de Abbaye Notre-Dame de la Paix-Dieu

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

L’horaire des offices

Une communauté vit ici : sept fois par jour, l’église s’ouvre pour un office. Les heures exactes varient d’une maison à l’autre — celles-ci sont celles de la Règle, à l’heure de votre montre.

Il est 21 h 08 — dernier office : Complies, avant le grand silence. Prochain : Vigiles dans 7 h 22.

VigilesLaudesTierceSexteNoneVêpresComplies

Les abbayes voisines

N
Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

Réagissez à cet article

La Feuille du mois

Une feuille glissée sous la porte, une fois par mois

Les abbayes qui ouvrent exceptionnellement, les portes ouvertes, les brassins et les fromages de saison, une hôtellerie qu’on a testée. Rien d’autre, rien de plus souvent.

Une feuille par mois. On se désabonne d’un clic.

Partagez votre réaction