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Abbaye de Venière : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 16 septembre 2026
bénédictineordre
Saône-et-Loiredépartement
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Abbaye de Venière
Abbaye de Venière

Sept offices liturgiques rythment chaque jour l’Abbaye de Venière, communauté de moniales bénédictines établie à Boyer depuis 1963. Son histoire relie le Soissonnais, l’exode de mai 1940 et la Bourgogne monastique, tandis que ses ateliers perpétuent depuis plus de cinquante ans une spécialité consacrée aux saints patrons.

Histoire de l’Abbaye de Venière : les dates à retenir

L’Abbaye de Venière porte le nom complet d’abbaye Notre-Dame de Venière. Son histoire commence en 1933 à Oulchy, près de Soissons. Le monastère est fondé par l’abbaye de Jouarre à la demande de l’évêque du lieu. Celui-ci voulait rétablir dans son diocèse une communauté de moniales contemplatives après la suppression de l’ancienne abbaye Notre-Dame de Soissons durant la Révolution française.

La communauté relève de l’ordre de Saint-Benoît. Cette fondation contemporaine n’a connu ni apogée médiévale ni commende, régime dans lequel les revenus d’une abbaye étaient confiés à un abbé nommé. La Révolution ne touche donc pas directement Venière. Elle explique toutefois la volonté de renouer avec la présence monastique féminine de Soissons.

En mai 1940, les fondatrices quittent Oulchy sur les routes de l’exode. Elles gagnent le Tarn et reçoivent l’aide des abbayes de Dourgne et d’En-Calcat. Le monastère est érigé en abbaye la même année. Après la Libération, les sœurs retrouvent Oulchy, mais les bâtiments occupés par l’armée allemande ne permettent pas une installation durable.

Année Événement
1933 Fondation du monastère à Oulchy par l’abbaye de Jouarre.
Mai 1940 Départ des moniales pendant l’exode et accueil dans le Tarn.
1940 Érection du monastère en abbaye.
1948 Installation au château de la Loyère, près de Chalon-sur-Saône.
1963 Fondation de l’abbaye Notre-Dame à Venière, près de Boyer.
1971 Élection de la première abbesse.
1990-1998 Fondation puis fermeture d’un monastère en république du Congo.
2009-2010 Rénovation et agrandissement de l’hôtellerie.
Février 2022 Création de la Fédération Notre Dame de la Rencontre.
6 août 2022 Élection de la troisième abbesse de la communauté.

Avec l’aide des moines de la Pierre-qui-Vire, les moniales quittent le Soissonnais pour le diocèse de Autun. Elles s’installent en 1948 au château de la Loyère. Les lieux deviennent rapidement inadaptés. Le transfert à Venière intervient en 1963.

L’Abbaye de Venière n’est pas une abbaye médiévale restaurée. C’est une communauté fondée en 1933, déplacée par la guerre, puis établie dans son implantation actuelle en 1963.

Ce que l’on voit aujourd’hui à l’Abbaye de Venière

Le domaine se trouve à Venière, hameau de la commune de Boyer, dans le département de Saône-et-Loire et la région Bourgogne-Franche-Comté. Il est situé sur la D 906, à 5 km au nord de Tournus et à 24 km au sud de Chalon-sur-Saône.

Le noyau architectural est une maison de maître du début du XVIIe siècle. Des constructions sont ajoutées dans les années 1930. Les Sœurs missionnaires de Notre-Dame d’Afrique, dites « Sœurs Blanches », utilisent alors le site comme noviciat. Des jeunes filles de plusieurs pays y passent leur première année de vie religieuse avant de poursuivre leur formation en Algérie.

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Au début des années 1960, les Sœurs Blanches vendent cette implantation. Les moniales venues d’Oulchy y trouvent un ensemble adapté à la vie communautaire. Elles ajoutent une aile de parloirs. Le parloir est la pièce où les religieuses reçoivent leurs visiteurs sans ouvrir la clôture, partie du monastère réservée à la communauté.

Les communs extérieurs sont transformés en accueil pour les hôtes. L’église est réaménagée dans des lignes sobres. Elle reçoit des vitraux de Saint-Benoît-sur-Loire et une Vierge réalisée par Yves Le Pape. Les bâtiments forment un monastère en activité, non un monument historique organisé pour un parcours patrimonial complet.

Visiter l’Abbaye de Venière et assister aux offices

La visite s’organise autour de l’église, des offices et de la boutique. Un office est une prière communautaire célébrée à une heure fixée par la règle quotidienne. Les moniales chantent en grégorien et en français. L’Eucharistie complète les sept offices liturgiques quotidiens.

L’église accueille les fidèles aux offices indiqués par la communauté. Les horaires suivent le calendrier liturgique et la vie du monastère. Consultez la fiche pratique du site officiel de l’abbaye avant le déplacement pour connaître les heures du jour. L’accès se fait par la porterie, lieu d’entrée et d’accueil d’un monastère.

La clôture ne se franchit pas. Elle protège les espaces de prière, de travail et de vie fraternelle des moniales. L’absence de parcours intérieur libre distingue Venière des grands ensembles monumentaux proposés dans la rubrique visiter une abbaye. Sur place, regardez la transformation de la maison de maître, l’organisation des ailes modernes, les vitraux et la Vierge d’Yves Le Pape.

La boutique présente les créations de l’abbaye et d’autres produits issus de l’artisanat monastique. Vérifiez son ouverture auprès de la porterie. Aucun horaire ni tarif ne doit être déduit des horaires des offices.

La communauté bénédictine de l’Abbaye de Venière

L’Abbaye de Venière abrite une communauté vivante de moniales bénédictines, établie en 1963. Elle appartient à la Congrégation de Subiaco Mont-Cassin et relève du diocèse de Autun. En 2021, la communauté comptait vingt-sept moniales.

Depuis février 2022, Venière appartient, avec seize autres monastères de moniales bénédictines, à la Fédération Notre Dame de la Rencontre. Cette fédération est associée à la province française de la congrégation de Subiaco au sein de la confédération bénédictine.

La journée suit la règle de saint Benoît de Nursie, rédigée au Ve siècle. Elle alterne prière personnelle, liturgie communautaire, travail et relations fraternelles. Le chapitre, assemblée de la communauté réunie autour de l’abbesse, participe au gouvernement du monastère. La troisième abbesse a été élue le 6 août 2022.

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Les ateliers assurent une part des ressources. L’abbaye réalise depuis plus de cinquante ans des représentations de saints patrons. Elle produit aussi différentes créations d’art proposées au magasin.

Entre 1990 et 1998, la communauté fonde un petit monastère en république du Congo. Plusieurs sœurs y sont envoyées, dont trois moniales congolaises. La guerre civile entraîne la fermeture de cette fondation et le retour des fondatrices en France.

L’hôtellerie monastique de Venière

L’hôtellerie a été rénovée et agrandie en 2009 et 2010. Sa capacité atteint une trentaine de personnes. Elle reçoit des retraitants seuls ainsi que des groupes de 15 à 20 personnes, pour des séjours de deux à huit jours.

L’accueil monastique ne fonctionne pas comme un hébergement touristique classique. Le séjour s’inscrit dans le rythme de l’abbaye et respecte le silence, les offices et la clôture. La demande se fait directement auprès de l’hôtellerie afin de vérifier les dates d’accueil et les modalités du séjour.

Autour de l’Abbaye de Venière en Bourgogne-Franche-Comté

Venière s’inscrit dans un territoire marqué par Cluny, Tournus, Paray-le-Monial et La Ferté, l’une des premières fondations de Cîteaux au XIIe siècle. La page consacrée à la Bourgogne-Franche-Comté permet de replacer ces établissements dans leur cadre régional. La carte des abbayes aide à organiser les étapes.

Ces trois sites illustrent des réalités différentes parmi les abbayes de France : vestiges d’une grande église médiévale, monument dynastique et communauté monastique toujours active.

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Le plan de abbaye de Venière

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

L’horaire des offices

Une communauté vit ici : sept fois par jour, l’église s’ouvre pour un office. Les heures exactes varient d’une maison à l’autre — celles-ci sont celles de la Règle, à l’heure de votre montre.

Il est 21 h 08 — dernier office : Complies, avant le grand silence. Prochain : Vigiles dans 7 h 22.

VigilesLaudesTierceSexteNoneVêpresComplies

Les abbayes voisines

N
Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

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