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Abbaye Notre-Dame de Bonne-Espérance d’Échourgnac : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 16 septembre 2026
1868fondation
trappisteordre
Dordognedépartement
vivantemoniales
Abbaye de Échourgnac
Abbaye de Échourgnac

Depuis 1868, l’abbaye Notre-Dame de Bonne-Espérance d’Échourgnac associe vie cistercienne, accueil monastique et travail fromager en Dordogne. Les moniales trappistines y sont établies depuis 1923 et reçoivent aujourd’hui hommes et femmes pour des séjours de 2 à 8 jours. La Trappe d’Échourgnac, affinée à la liqueur de noix du Périgord, prolonge un savoir-faire né avec les premiers moines.

Histoire de l’abbaye Notre-Dame de Bonne-Espérance d’Échourgnac

L’abbaye Notre-Dame de Bonne-Espérance d’Échourgnac est fondée en 1868 au lieu-dit Biscaye. Elle se trouve sur la commune d’Échourgnac, dans le département de la Dordogne. Le site appartient à la région Nouvelle-Aquitaine.

La fondation revient à des moines trappistes venus de l’abbaye du Port-du-Salut, en Mayenne. Aucun fondateur individuel n’est attaché à cette création. Il s’agit d’une fondation collective relevant de l’ordre cistercien de la Stricte Observance.

Les religieux s’installent sur des terres humides de la forêt de la Double. Ils drainent les marécages. Ils mettent les sols en culture. Ils créent une étable et une fromagerie. Cette activité agricole donne naissance au savoir-faire associé à la Trappe d’Échourgnac.

L’abbaye date du XIXe siècle. Elle n’a donc pas connu la commende, régime dans lequel un abbé extérieur recevait les revenus d’un monastère. Elle n’a pas davantage traversé la Révolution française, puisque sa fondation intervient après cette période. Son histoire est liée aux expulsions religieuses du début du XXe siècle.

Année Événement
1868 Des moines trappistes de l’abbaye du Port-du-Salut fondent le monastère à Échourgnac.
1904 Les futures occupantes d’Échourgnac sont expulsées de leur abbaye d’Espira-de-l’Agly et partent à Herrera, en Espagne.
1910 Les lois antireligieuses contraignent les moines trappistes à quitter Échourgnac.
1923 Des moniales cisterciennes reviennent d’Espagne et s’établissent à Échourgnac.
1939 Un incendie touche le clocher de l’abbaye.
1956 La fromagerie subit un premier incendie.
1983 Un nouvel incendie atteint la fromagerie.
1999 Les moniales réorganisent la fabrication et commercialisent la Trappe d’Échourgnac parfumée à la noix.
2016 Une rénovation complète des bâtiments, menée pendant deux ans, s’achève au début de l’année.
2024 La communauté trappistine poursuit la vie monastique, l’accueil et l’activité fromagère.

Après le départ des moines en 1910, une société entretient les bâtiments. Elle maintient aussi le savoir-faire fromager. Cette continuité facilite l’arrivée des moniales en 1923.

Les religieuses viennent de la lignée de Notre-Dame de la Consolation de Vaise. Une fondation issue de cette maison avait été établie à Notre-Dame-des-Anges d’Espira-de-l’Agly en 1852. Les décrets d’expulsion les avaient conduites en Espagne en 1904. Leur installation à Échourgnac marque leur retour en France.

Échourgnac n’est pas une abbaye médiévale restaurée. C’est une fondation cistercienne de 1868, reprise en 1923 par une communauté féminine de la même tradition trappiste.

Ce que l’on voit aujourd’hui à l’abbaye d’Échourgnac

Le monastère conserve un ensemble organisé pour la vie d’une communauté active. L’église abbatiale accueille la prière liturgique. Les bâtiments conventuels regroupent les espaces de vie et de travail. Le cloître dessert les principales parties réservées aux moniales.

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Le chapitre, réunion quotidienne de la communauté et salle où elle se tient, appartient à cet espace monastique. Ces lieux ne relèvent pas d’un parcours patrimonial libre. Ils répondent aux usages religieux d’une abbaye vivante.

Les constructions visibles ne présentent pas les vestiges d’un monastère médiéval. Leur lecture renvoie aux campagnes de construction engagées depuis 1868. Les incendies de 1939, 1956 et 1983 ont entraîné des réparations successives. La rénovation achevée au début de 2016 a porté sur l’ensemble des bâtiments pendant deux ans.

La fromagerie constitue une autre composante du site. Elle rappelle le choix économique des premiers moines. L’étable et la transformation du lait formaient alors un même système agricole. La production actuelle conserve le nom de Trappe d’Échourgnac.

Aucune dimension fiable des bâtiments n’est communiquée dans les informations pratiques courantes. La visite se lit donc par fonctions plutôt que par mesures. L’église, la porterie, les bâtiments conventuels et les espaces de production forment les repères utiles.

Visiter l’abbaye Notre-Dame de Bonne-Espérance d’Échourgnac

L’abbaye reste d’abord un lieu de vie religieuse. L’église est ouverte dans le cadre des offices, les prières célébrées à heures fixes par la communauté. Vous devez vérifier les heures du jour sur la fiche pratique de l’abbaye avant votre déplacement.

La porterie, accueil placé à l’entrée du monastère, oriente les visiteurs. Elle renseigne sur l’accès à l’église, la boutique et les modalités de visite. Les horaires précis ne doivent pas être déduits des heures habituelles d’un commerce ou d’un monument.

La clôture désigne la partie réservée aux moniales. Elle ne se franchit pas pendant une visite ordinaire. Cette limite protège le rythme de prière, de travail et de silence de la communauté. Le cloître et les espaces conventuels restent donc distincts des zones ouvertes au public.

La fromagerie est visitable. Les conditions d’accès et le calendrier sont fixés par l’abbaye. La fiche pratique de l’abbaye donne les heures applicables le jour de votre venue. Pour préparer plus largement votre passage, la rubrique visiter une abbaye rappelle les usages propres aux monastères habités.

La boutique présente la production de la communauté. La Trappe d’Échourgnac est une pâte pressée dont la croûte est frottée à la liqueur de noix du Périgord. Ce fromage est fabriqué par les moniales. Son goût associe la pâte affinée aux notes de noix apportées par le travail de croûte.

La communauté trappistine et l’hôtellerie aujourd’hui

L’abbaye abrite une communauté vivante de Trappistines, c’est-à-dire de moniales de l’ordre cistercien de la Stricte Observance. Elle est établie à Échourgnac depuis 1923. Elle relève du diocèse de Périgueux.

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La journée s’organise autour des offices, du travail et de la vie communautaire. La fromagerie participe à l’équilibre économique du monastère. Les moniales ont racheté l’outil de production après leur arrivée. Elles l’ont maintenu malgré les incendies de 1956 et de 1983.

Depuis 1999, la première phase de fabrication, comprenant le moulage, est confiée à une laiterie bretonne. L’affinage et la commercialisation de la Trappe d’Échourgnac à la noix restent associés au travail de la communauté. Ce produit figure parmi les spécialités présentées au comptoir des productions monastiques.

L’hôtellerie récente reçoit tous les publics. Les moniales accueillent les hommes et les femmes. Les séjours durent de 2 à 8 jours. Le cadre se situe au milieu de la forêt de la Double.

Un séjour monastique ne fonctionne pas comme une réservation hôtelière classique. La demande passe par l’accueil de l’abbaye. Le séjour respecte les horaires de la maison et la vocation du lieu. Les repères sur la démarche, le rythme et la préparation sont réunis dans la rubrique consacrée à l’hôtellerie monastique.

Autour de l’abbaye d’Échourgnac en Nouvelle-Aquitaine

Échourgnac se situe en Dordogne, sur les limites de la forêt de la Double, entre les secteurs de Périgueux et de Libourne. Le territoire permet de relier plusieurs traditions monastiques de Nouvelle-Aquitaine sans les confondre.

Ces trois sites montrent des états différents du patrimoine monastique régional. Maumont demeure habité par une communauté. La Sauve-Majeure se visite comme un monument en ruine. Cadouin conserve un ensemble monumental ouvert au public. Échourgnac se distingue par la continuité de la vie trappistine, l’accueil en hôtellerie et une production fromagère toujours active.

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Le plan de abbaye Notre-Dame de Bonne-Espérance d'Échourgnac

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

L’horaire des offices

Une communauté vit ici : sept fois par jour, l’église s’ouvre pour un office. Les heures exactes varient d’une maison à l’autre — celles-ci sont celles de la Règle, à l’heure de votre montre.

Il est 21 h 08 — dernier office : Complies, avant le grand silence. Prochain : Vigiles dans 7 h 22.

VigilesLaudesTierceSexteNoneVêpresComplies

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N

Y dormir

Les moniales trappistines reçoivent hommes et femmes dans une hôtellerie récente, au milieu de la forêt de la Double. Fromagerie visitable.

Qui est reçuhommes et femmes
Durée habituelle2 à 8 jours
Commentpar courrier ou par le site de l’abbaye, jamais par téléphone le soir
Ce qu’on donneune participation aux frais, laissée à chacun

Le Registre des hôtelleries

Ce qu’on y fabrique

Trappe d'Échourgnac — Pâte pressée dont la croûte est frottée à la liqueur de noix du Périgord : le goût le plus reconnaissable du comptoir. Fabriqué par les moniales.

Le comptoir

Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

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