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Abbaye de Mondaye : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 4 septembre 2026
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prémontréeordre
Calvadosdépartement
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Abbaye de Mondaye : histoire, visite et communauté
Abbaye de Mondaye : histoire, visite et communauté

Fondée en 1201, l’Abbaye de Mondaye maintient plus de huit siècles de présence prémontrée dans le Bessin. Son église baroque, ses bâtiments classiques et son hôtellerie de 2 à 8 jours forment aujourd’hui un ensemble monastique toujours vivant.

Histoire de l’Abbaye de Mondaye en dates

L’Abbaye de Mondaye se trouve à Juaye-Mondaye, dans le département du Calvados, en région Normandie. Son histoire commence autour de Turstin, prêtre retiré dans le bocage normand au milieu du XIIe siècle. Des disciples le rejoignent. Raoul de Percy cède le terrain occupé par cette communauté.

La fondation est fixée à 1201. La communauté suit la règle de saint Augustin. Elle rejoint en 1210 l’ordre des Prémontrés, fondé par saint Norbert. L’abbaye bénéficie alors de la protection de La Lucerne et des donations des familles de Vassy et de Percy.

Une église et un bâtiment conventuel remplacent l’ermitage à la fin du XIIIe siècle. La guerre de Cent Ans interrompt cette croissance. Les donations diminuent dès 1343. La peste noire frappe le Bessin en 1347. Richard, comte d’Arundel, ravage l’abbaye en 1389.

Année Événement
1201 Fondation de l’Abbaye de Mondaye autour de la communauté issue de l’ermitage de Turstin.
1210 Rattachement à l’ordre historique des Prémontrés.
1343-1389 Guerre, peste et dévastation affaiblissent le domaine monastique.
1512-1557 L’abbatiat de Jean Feray relance les études et la formation théologique.
5 septembre 1564 L’abbé Julien Guichard est tué pendant les guerres de Religion.
1631-1655 Claude Philippe Le Clerc du Tremblay devient abbé commendataire, puis Mondaye adopte la réforme de Lorraine.
1706-1763 Eustache Restout dirige la reconstruction classique avant le retour de la commende.
1806-1854 Les bâtiments accueillent un collège, puis les trappistines de Valenton.
13 juin 1859 Des chanoines venus de Grimbergen rétablissent la communauté prémontrée.
1880-1921 Expulsions, exil en Belgique puis retour définitif des religieux.
Juin 1944 Les bombardements liés au débarquement allié endommagent l’abbaye.
1947-2012 Classements, restaurations et réintégration d’une partie de l’ancienne ferme.

Mondaye connaît un nouvel essor sous Jean Feray, abbé de 1512 à 1557. Plusieurs frères étudient à l’université de Caen. Les guerres de Religion entraînent ensuite l’incendie et la dispersion de la communauté. La restauration de l’église bénéficie du soutien d’Anne de Médavy.

Claude Philippe Le Clerc du Tremblay reçoit l’abbaye en commende en 1631. La commende désigne l’attribution des revenus d’une abbaye à un abbé qui n’est pas élu par sa communauté. La réforme de Lorraine est adoptée en 1655. Le prieur reste choisi par le chapitre, l’assemblée chargée des décisions communautaires.

Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communauté

Entre 1704 et 1763, trois abbés réguliers conduisent une reconstruction totale. Eustache Restout, prieur puis sous-prieur, dirige les travaux de 1706 à 1743. L’église, le bâtiment conventuel, le pavillon d’entrée et la ferme sont rebâtis. Le retour de la commende en 1763 arrête le chantier.

À la Révolution, les dix-sept religieux se dispersent ou sont emprisonnés. Le père Paynel sauve l’abbatiale de la destruction. Il abrite aussi jusqu’à neuf prêtres réfractaires. Après le collège installé de 1806 à 1812, les trappistines de Valenton occupent Mondaye de 1815 à 1854.

Ce que l’on voit aujourd’hui à l’Abbaye de Mondaye

L’ensemble actuel résulte principalement de la campagne menée par Eustache Restout au XVIIIe siècle. L’église associe une architecture classique à un décor baroque. Les bâtiments conventuels encadrent les espaces réservés à la vie commune. Le pavillon d’entrée et l’ancienne ferme structurent l’arrivée vers l’abbatiale.

Le plan répond aux usages d’une communauté de chanoines réguliers. Les cellules d’origine sont petites. Les cheminées étaient concentrées dans le logement du prieur, le chauffoir et l’infirmerie. Cette distribution rappelle que la reconstruction monumentale n’a pas supprimé la discipline prémontrée.

Les ailes nord et sud ont été reprises après le retour de 1859 dans le respect du vocabulaire classique. Les bombardements de juin 1944 ont laissé des traces sur les maçonneries. Une campagne de réfection de la partie la plus touchée de l’église a commencé en 2007.

L’ancienne ferme avait été vendue séparément pendant la Révolution. La communauté en a racheté une partie en 2007 grâce à trois mille donateurs. Une première tranche de restauration s’est achevée en juin 2012. Elle a rétabli la perspective entre la poterne, ancienne porte principale, et l’abbatiale.

L’Abbaye de Mondaye bénéficie d’une protection comme monument historique classé. Les classements sont intervenus en 1947 et 1999. Cette protection concerne un monastère en activité, non un bâtiment vidé de sa fonction religieuse.

Visiter l’Abbaye de Mondaye et son église baroque

L’abbatiale reste liée aux offices, les prières célébrées quotidiennement par la communauté. Vous entrez dans l’église aux périodes d’ouverture et pour les célébrations accessibles au public. Le calendrier religieux règle donc une partie de la visite.

L’Abbaye de Mondaye est un lieu habité. L’accès à l’église n’autorise pas le passage dans la clôture, l’espace réservé à la communauté.

Les bâtiments conventuels ne se parcourent pas librement. Les visites guidées suivent le programme annoncé par l’abbaye. Consultez la fiche pratique du site officiel pour les heures du jour, les éventuels départs de visite et les conditions d’accès. La porterie, point d’accueil du monastère, oriente les visiteurs sur place.

Dans l’église, regardez la cohérence entre l’architecture classique et le décor baroque. Repérez aussi l’organisation du chœur, conçue pour la prière commune des chanoines. À l’extérieur, l’axe reliant la poterne à l’abbatiale rend lisible le programme restauré en 2012.

Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communauté

La boutique se rejoint dans les espaces ouverts au public. Son fonctionnement suit les horaires d’accueil de l’abbaye. Pour préparer un parcours monastique plus large, la page visiter les abbayes rassemble les repères pratiques, tandis que la carte des abbayes situe Mondaye dans le Bessin.

La communauté prémontrée et l’hôtellerie de Mondaye

Mondaye abrite une communauté vivante. Sa désignation est « Prémontré (moines) ». Elle est établie en 1859 et relève du diocèse de Bayeux et Lisieux. Les religieux appartiennent à l’ordre des Prémontrés, dont la présence historique à Mondaye remonte à 1210.

Le 13 juin 1859, l’évêque de Bayeux remet les clefs de l’abbaye à des chanoines venus de l’abbaye de Grimbergen, en Belgique. Expulsés une première fois en 1880, ils se regroupent au château de Cottun. Ils reviennent en 1894, puis repartent en exil en 1902 à Bois-Seigneur-Isaac, dans le Brabant wallon. Leur retour à Mondaye est autorisé en 1921.

Les chanoines réguliers associent vie commune et missions pastorales. Ils servent des paroisses comme curés ou vicaires. Ils assurent aussi des aumôneries auprès des hôpitaux, des prisons, des mouvements scouts et des organisations de jeunesse. Les orientations adoptées après le chapitre général de Wilten, entre 1968 et 1970, renforcent les échanges avec les laïcs.

Séjourner à l’hôtellerie de l’Abbaye de Mondaye

L’hôtellerie monastique reçoit tous, pour une durée de 2 à 8 jours. Les Prémontrés de Normandie accueillent hommes et femmes dans une hôtellerie de plain-pied. Le séjour s’inscrit dans le rythme du monastère et laisse accès aux offices dans l’église baroque.

L’accueil concerne les retraites individuelles et les groupes. Une demande préalable auprès de l’hôtellerie fixe les dates, le cadre du séjour et les modalités pratiques. La participation à la liturgie reste liée aux horaires communiqués par la communauté.

Autour de l’Abbaye de Mondaye dans le Calvados

Mondaye se situe dans la campagne du Bessin, au sud de Bayeux. Elle appartient au réseau dense des établissements religieux de Normandie. Trois abbayes disposant d’une fiche se trouvent dans un rayon de 24 km.

Ce parcours relie une communauté prémontrée active, des fondations normandes médiévales et des architectures transformées par plusieurs siècles d’usage. La carte permet d’organiser les étapes depuis Juaye-Mondaye, dans le Calvados, sans dissocier les monuments de leur territoire historique.

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Le plan de abbaye de Mondaye

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

L’horaire des offices

Une communauté vit ici : sept fois par jour, l’église s’ouvre pour un office. Les heures exactes varient d’une maison à l’autre — celles-ci sont celles de la Règle, à l’heure de votre montre.

Il est 1 h 06 — dernier office : Complies, avant le grand silence. Prochain : Vigiles dans 3 h 24.

VigilesLaudesTierceSexteNoneVêpresComplies

Les abbayes voisines

N

Y dormir

Les Prémontrés de Normandie reçoivent hommes et femmes dans une hôtellerie de plain-pied ; église baroque à voir.

Qui est reçuhommes et femmes
Durée habituelle2 à 8 jours
Commentpar courrier ou par le site de l’abbaye, jamais par téléphone le soir
Ce qu’on donneune participation aux frais, laissée à chacun

Le Registre des hôtelleries

Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

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