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Abbaye Notre-Dame de Triors : histoire, visite et communauté

par Étienne Vauquelin · mis à jour le 28 août 2026
1984fondation
bénédictineordre
Drômedépartement
vivantemoines
Abbaye Notre-Dame de Triors : histoire, visite et communauté
Abbaye Notre-Dame de Triors : histoire, visite et communauté

Quatorze moines arrivent à Triors le 22 août 1984 pour fonder une communauté bénédictine dans un ancien château. Quarante ans plus tard, l’Abbaye Notre-Dame de Triors associe une église contemporaine, une liturgie traditionnelle, une hôtellerie masculine et des ateliers monastiques.

L’histoire de l’Abbaye Notre-Dame de Triors en dates

L’Abbaye Notre-Dame de Triors se trouve dans la commune de Triors, dans le département de la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Sa fondation monastique date de 1984. Elle relève de l’ordre de Saint-Benoît et de la congrégation de Solesmes.

L’histoire du domaine commence avant celle de l’abbaye. Entre 1480 et 1515, la famille de Chastes transmet ses droits sur la seigneurie de Triors à Humbert Odde et à son fils Jean Odde. Le domaine passe ensuite de la famille Odde à la famille de Lionne de Lesseins au milieu du XVIe siècle.

Charles de Lionne lance la construction du château au XVIIe siècle. Il fait aménager des jardins à la française en 1675. Charles-Antoine de Chabo de la Serre acquiert le domaine le 7 octobre 1709. Il agrandit le corps central. François-Joseph de Bally de Bourchenu achète la propriété le 28 août 1754. Son fils Jean-Pierre poursuit les travaux sur les ailes et la façade sud.

Marc-Joseph de Gratet du Bouchage hérite du domaine en 1791 par son alliance avec l’héritière de Jean-Pierre de Bally de Bourchenu. Le château reste dans cette famille jusqu’à la fin du XXe siècle. La Révolution française ne supprime donc aucune communauté à Triors, puisque le lieu n’est pas encore un monastère. Il ne connaît pas davantage la commende, système par lequel les revenus d’une abbaye étaient attribués à un abbé extérieur à la communauté.

De la seigneurie de Triors à l’abbaye bénédictine

Année Événement
1480-1515 Les droits sur la seigneurie sont transmis à Humbert Odde et à Jean Odde.
1675 Charles de Lionne fait construire le château et aménager les jardins à la française.
1709 Charles-Antoine de Chabo de la Serre acquiert le domaine le 7 octobre.
1754 François-Joseph de Bally de Bourchenu achète la propriété le 28 août.
1791 Marc-Joseph de Gratet du Bouchage hérite du château de Triors.
1977 Joséfa du Bouchage prend contact avec l’abbaye Notre-Dame de Fontgombault.
1983 Didier-Léon Marchand et Antoine Forgeot signent la charte autorisant la fondation.
1984 Quatorze moines arrivent le 22 août et le prieuré est fondé le 6 octobre.
1994 Le prieuré devient une abbaye et Hervé Courau en reçoit la charge.
1996 L’église abbatiale est dédiée le 5 octobre à Notre Dame dans le mystère de l’Immaculée Conception.
2016 Le nouveau bâtiment destiné aux hôtes est achevé.
2018 Le cardinal Robert Sarah consacre la chapelle de l’hôtellerie.

Les démarches en faveur d’une implantation religieuse commencent après la Deuxième Guerre mondiale auprès de l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes. Elles n’aboutissent pas à cette date. Après la mort de la dernière héritière directe en 1976, Joséfa du Bouchage sollicite Fontgombault en 1977.

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L’évêque de Valence Didier-Léon Marchand autorise l’installation en 1983. Il signe la charte avec Antoine Forgeot, père abbé de Fontgombault. Les travaux d’extension commencent pendant l’hiver 1990 sous la direction de l’architecte lyonnais Jean-François Grange-Chavanis. L’élévation du prieuré au rang d’abbaye en 1994 marque son accomplissement institutionnel.

Triors n’est pas une abbaye médiévale restaurée. C’est un château ancien transformé en monastère, puis complété par des bâtiments conçus pour la vie bénédictine.

Ce que l’on voit aujourd’hui à l’Abbaye Notre-Dame de Triors

Le site réunit un château du XVIIIe siècle et des constructions monastiques de la fin du XXe siècle. Le corps de logis conserve la composition héritée des agrandissements successifs. Ses ailes et sa façade sud rappellent les campagnes menées par la famille de Bally de Bourchenu.

Les travaux engagés à partir de l’hiver 1990 ont donné au domaine les espaces nécessaires à une abbaye. Ils organisent la circulation entre l’église, les lieux communautaires et les secteurs réservés aux moines. Le chapitre, assemblée où la communauté traite ses affaires sous la présidence de l’abbé, appartient à cette organisation monastique.

L’église abbatiale de Triors

L’église abbatiale est construite en 1992 et 1993. Sa dédicace est célébrée le 5 octobre 1996 par l’évêque de Valence. Elle est placée sous le vocable de Notre Dame dans son mystère de l’Immaculée Conception.

Le bâtiment d’accueil des hôtes répond à une campagne distincte. Le projet est lancé en 2013. Le chantier commence en juillet 2014 et s’achève en 2016. Sa chapelle reçoit sa consécration en 2018.

Vous ne trouverez ni vestiges d’une église romane ni ruines d’un cloître médiéval. La fondation religieuse appartient au XXe siècle. La lecture du lieu repose sur la transformation d’une demeure seigneuriale en abbaye active.

Visiter l’Abbaye Notre-Dame de Triors

Triors reste un monastère vivant. L’église accueille les fidèles pendant les offices, c’est-à-dire les prières liturgiques célébrées à heures régulières. Les horaires suivent le calendrier de la communauté. Consultez la fiche pratique de l’abbaye pour connaître les heures du jour avant votre déplacement.

L’accès s’effectue par la porterie, le point d’accueil situé à l’entrée du monastère. La présence à un office ne donne pas accès aux bâtiments communautaires. La clôture, partie réservée aux religieux, ne se franchit pas. Cette règle concerne notamment les espaces de travail, de repas et de repos des moines.

Préparer une venue à Triors

Une visite de l’abbaye ne fonctionne pas comme le parcours libre d’un monument civil. Le temps liturgique règle l’accès à l’église. Le silence est demandé avant et pendant les célébrations. Une tenue adaptée à un lieu de culte est attendue.

La boutique propose les productions de la communauté selon ses jours d’ouverture. Le passage par la porterie permet d’obtenir les indications du moment. Pour organiser votre parcours, consultez aussi la rubrique consacrée aux lieux à visiter parmi les abbayes de France.

Aucun accès touristique ne doit être déduit d’une porte ouverte dans les bâtiments conventuels. Les consignes affichées sur place font foi. Les photographies pendant la liturgie et dans les secteurs monastiques restent soumises aux règles données par la communauté.

La communauté bénédictine de Triors aujourd’hui

L’Abbaye Notre-Dame de Triors abrite une communauté vivante de Bénédictins, moines de la congrégation de Solesmes pratiquant le rite tridentin. Elle est établie en 1984 dans le diocèse de Valence. Le rite tridentin désigne ici la forme traditionnelle du rite romain.

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La communauté bénéficie dès 1988 de l’indult autorisant cette forme liturgique. Le chant grégorien tient une place structurante dans les offices. L’abbaye a enregistré une discographie grégorienne couvrant l’ensemble des dimanches du calendrier liturgique catholique. Les laudes et les vêpres sont diffusées en direct par Radio Espérance depuis décembre 2013.

Hervé Courau exerce la charge abbatiale de 1994 à 2021. Louis Blanc lui succède en 2021. L’abbé dirige la communauté avec les responsabilités prévues par la règle de saint Benoît et les constitutions de la congrégation.

L’hôtellerie de l’Abbaye Notre-Dame de Triors

L’hôtellerie reçoit des hommes pour une durée de 2 à 8 jours. Il s’agit d’une hôtellerie masculine dans une abbaye de moines installée dans un château du XVIIIe siècle. Le séjour s’inscrit dans le rythme d’une liturgie traditionnelle.

La demande se fait auprès de l’hôtellerie avant l’arrivée. L’accueil ne correspond pas à une réservation hôtelière ordinaire. Le retraitant respecte les horaires, le silence et le fonctionnement du monastère. La rubrique consacrée à l’hôtellerie monastique aide à préparer ce type de séjour.

Les ateliers fabriquent notamment de l’huile de noix, des pâtisseries et du fromage. Ces produits relèvent du travail monastique quotidien. Leur disponibilité varie avec la production et les périodes d’ouverture de la boutique.

Autour de l’Abbaye Notre-Dame de Triors

Triors se situe dans la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes. La carte des abbayes permet de replacer la fondation dans un ensemble monastique plus large entre Drôme et Isère.

Saint-Antoine-l’Abbaye offre un contrepoint historique à la fondation contemporaine de Triors. Chambarand appartient au paysage religieux de l’Isère voisine. Chalais inscrit le déplacement dans l’histoire monastique du massif préalpin.

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Le plan de abbaye Notre-Dame de Triors

D’après le plan de Saint-Gall, l’abbaye idéale du IXe siècle : ce qui existe encore ici est tracé en plein, ce qui a disparu — ou n’a jamais existé — en pointillé.

ÉGLISECLOÎTREPORTERIEHÔTELLERIECELLIERBIBLIOTHÈQUEINFIRMERIEJARDIN
en usage aujourd’huidisparu ou sans objet

L’horaire des offices

Une communauté vit ici : sept fois par jour, l’église s’ouvre pour un office. Les heures exactes varient d’une maison à l’autre — celles-ci sont celles de la Règle, à l’heure de votre montre.

Il est 21 h 08 — dernier office : Complies, avant le grand silence. Prochain : Vigiles dans 7 h 22.

VigilesLaudesTierceSexteNoneVêpresComplies

Les abbayes voisines

N

Y dormir

Abbaye de moines dans un château du XVIIIe, liturgie traditionnelle. Hôtellerie masculine.

Qui est reçules hommes seulement
Durée habituelle2 à 8 jours
Commentpar courrier ou par le site de l’abbaye, jamais par téléphone le soir
Ce qu’on donneune participation aux frais, laissée à chacun

Le Registre des hôtelleries

Les mots de l’abbaye
abbaye
monastère gouverné par un abbé ou une abbesse, élu par la communauté ; un prieuré dépend d’une abbaye, une chartreuse suit la règle de saint Bruno.
office
prière chantée en commun, sept fois par jour selon la règle de saint Benoît : vigiles, laudes, tierce, sexte, none, vêpres, complies.
hôtellerie
bâtiment où l’abbaye reçoit des hôtes pour quelques jours, hors de la clôture ; on y mange en silence et l’on participe aux frais.
clôture
partie du monastère réservée aux moines ou aux moniales ; un visiteur n’y entre jamais, même invité.
cloître
galerie couverte qui entoure un jardin carré, au sud de l’église ; c’est le cœur de la vie du monastère, pas une simple cour.
commende
régime (XVIe-XVIIIe siècles) où l’abbé était nommé par le roi et touchait les revenus sans vivre à l’abbaye — le début de bien des ruines.
porterie
la loge du portier, à l’entrée : c’est là qu’on demande une chambre, un renseignement, ou l’heure du prochain office.

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