Fondée en 900, l’Abbaye Sainte-Marie du Rivet porte plus de onze siècles d’histoire religieuse à Auros, en Gironde. Dissoute en 1791, elle accueille de nouveau une communauté monastique depuis l’installation des trappistines en 1938.
L’histoire de l’Abbaye Sainte-Marie du Rivet en dates
L’Abbaye Sainte-Marie du Rivet se trouve à Auros, dans le département de la Gironde. Son nom vient du Rivet, un ruisseau du domaine qui rejoint le Beuve. La fondation remonte à 900. Le nom du fondateur n’est pas identifié.
Les parties les plus anciennes renvoient à l’époque carolingienne. Le premier monastère relève de la tradition bénédictine. Des piles et des murs de cette période ont été intégrés aux constructions postérieures. L’établissement rejoint l’ordre cistercien en 1189. Il devient une fille de l’abbaye Notre-Dame de Jouy, ce qui désigne son abbaye de filiation dans l’organisation cistercienne.
Une bulle du pape Urbain IV soustrait ensuite le monastère à l’autorité de l’évêché de Bazas et le place sous la protection pontificale. Aucun jalon précis ne fixe un apogée économique ou architectural. Le passage sous le régime de la commende, dans lequel un abbé perçoit les revenus sans diriger nécessairement la vie régulière, n’est pas daté. En 1779, Dom Claude-Benjamin Leclerc de Buffon occupe la charge abbatiale. Né en 1712, il est le frère cadet du naturaliste Georges-Louis Leclerc de Buffon, né en 1707 et mort en 1788.
| Année | Événement |
|---|---|
| 900 | Fondation du monastère, d’abord rattaché à la tradition bénédictine. |
| 1189 | Affiliation à l’ordre cistercien comme fille de Notre-Dame de Jouy. |
| 1261-1264 | Sous le pontificat d’Urbain IV, une bulle détache l’abbaye de l’évêché de Bazas et la place sous protection pontificale. |
| 1593 | Des protestants attaquent l’abbaye et en incendient une partie. |
| 1779 | Dom Claude-Benjamin Leclerc de Buffon est abbé du Rivet. |
| 30 mars 1791 | Après l’expulsion des moines, le monastère devenu bien national est vendu. La dissolution intervient en 1791. |
| 1885 | La famille Tamize rachète les bâtiments et engage leur restauration. |
| 7 janvier 1926 | L’église est classée au titre des monuments historiques par arrêté. |
| 1936 | Les cisterciennes de Blagnac recherchent un autre lieu en raison de la construction de l’aéroport de Toulouse. |
| 1938 | Les trappistines établissent leur communauté au Rivet. Leur installation se poursuit en 1938-1939. |
Le Rivet connaît deux ruptures nettes : l’incendie de 1593 et la dissolution de 1791. Le retour d’une communauté en 1938 rend au domaine sa fonction monastique.
Ce que l’on voit aujourd’hui à l’Abbaye Sainte-Marie du Rivet
Le site conserve un ensemble composite. Les maçonneries les plus anciennes se lisent dans des piles et des murs carolingiens repris par les campagnes ultérieures. L’église constitue le principal élément religieux protégé. Elle est classée depuis le 7 janvier 1926. L’ensemble bénéficie aussi du statut de monument historique inscrit.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéLes bâtiments ne présentent pas un état médiéval homogène. La famille Tamize, propriétaire à partir de 1885, conduit une restauration qui transforme l’apparence du domaine. Une tour prenant la forme d’un donjon, une échauguette, des encorbellements et des meurtrières sont ajoutés pour composer un vocabulaire médiéval. Ces éléments appartiennent donc à la campagne de transformation engagée après le rachat, et non au premier monastère fondé en 900.
L’église, la grotte et les traces du monastère ancien
La grotte constitue un autre repère du domaine. Louise Ripas, gouvernante de la famille Tamize, avait été guérie à Lourdes. Elle est à l’origine de la création au Rivet d’une reproduction de la grotte de Lourdes. Une source jaillit pendant son creusement.
Cette grotte joue un rôle direct dans le retour de la vie monastique. L’abbesse de Blagnac retient le Rivet notamment parce qu’une ancienne religieuse de sa communauté est cousine de Bernadette Soubirous. Le visiteur doit ainsi distinguer trois strates : les vestiges carolingiens, l’abbaye cistercienne remaniée et les ajouts réalisés à partir de 1885.
Visiter l’Abbaye Sainte-Marie du Rivet à Auros
L’abbaye est située au nord-ouest du village d’Auros. L’accès routier s’effectue par la D10 en direction de Langon, puis par une route vicinale partant vers le nord au lieu-dit Saint-Germain. Pour préparer le déplacement, la rubrique consacrée aux lieux à visiter permet de replacer le Rivet parmi les sites monastiques accessibles.
L’Abbaye Sainte-Marie du Rivet demeure un monastère vivant. L’église accueille les fidèles lors des offices, c’est-à-dire les prières communautaires qui rythment la journée. Les heures varient avec le calendrier liturgique et l’organisation de la communauté. La fiche pratique publiée par l’abbaye donne les heures du jour. La porterie, espace d’accueil situé à l’entrée du monastère, renseigne les visiteurs sur les accès ouverts.
Respecter la clôture de l’Abbaye Sainte-Marie du Rivet
La présence des moniales fixe une limite claire. La clôture, partie réservée à la communauté, ne se franchit pas. Les bâtiments de vie, les cellules et les espaces de travail internes ne forment pas un parcours touristique. L’accès porte sur l’église et sur les secteurs expressément ouverts par la communauté.
Une visite guidée dépend des dispositions annoncées pour la date choisie. Aucun départ ne doit être présumé sans confirmation. Adressez-vous à la porterie et consultez la fiche pratique de l’abbaye avant votre venue. La porterie indique également les conditions d’accès à la boutique et les productions disponibles. Cette organisation évite de perturber un office ou un temps de travail.
- À regarder : les maçonneries anciennes intégrées aux élévations postérieures.
- À identifier : la tour, l’échauguette, les encorbellements et les meurtrières ajoutés après 1885.
- À respecter : les indications de la porterie et les limites de la clôture.
- À vérifier le jour même : les heures des offices, l’accès à l’église et l’ouverture de la boutique.
La communauté trappistine du Rivet aujourd’hui
L’Abbaye Sainte-Marie du Rivet abrite une communauté vivante de trappistines. Ces moniales appartiennent à l’ordre cistercien de la stricte observance. Elles sont établies au Rivet depuis 1938 et relèvent du diocèse de Bordeaux.
Leur journée associe les offices, la lecture, le travail et les repas communautaires. Le chapitre, réunion où la communauté traite les questions de la vie monastique, demeure un espace interne. Les visiteurs n’y accèdent pas. Cette distinction explique pourquoi une église abbatiale ouverte ne signifie pas que tout le monastère se visite.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéL’hôtellerie monastique reçoit des personnes venues effectuer une retraite ou partager temporairement le rythme du lieu. L’accueil s’organise sur demande auprès de la communauté. Il ne fonctionne pas comme un hébergement touristique ordinaire. Les conditions de séjour, les disponibilités et les modalités des repas sont communiquées au moment de la demande.
Le travail manuel participe à l’équilibre de la communauté. Les ateliers et la boutique relèvent de cette économie monastique. Les références disponibles changent avec la production. La porterie indique ce qui est proposé lors de la visite. Vous trouverez d’autres communautés et monuments dans le répertoire des abbayes de France.
Autour de l’abbaye, trois étapes en Nouvelle-Aquitaine
Le Rivet se situe en Nouvelle-Aquitaine, dans un territoire où les établissements bénédictins et cisterciens permettent de comparer des formes très différentes de patrimoine monastique. La carte des abbayes aide à organiser un itinéraire depuis Auros.
À 30 km, l’Abbaye de La Sauve-Majeure offre le contrepoint d’un grand établissement médiéval conservé à l’état monumental. À 74 km, l’Abbaye Notre-Dame de Bonne-Espérance d’Échourgnac abrite également une communauté féminine cistercienne. À 80 km, l’Abbaye Sainte-Marie de La Garde complète le parcours par une autre présence monastique vivante.
| Abbaye voisine | Distance depuis le Rivet | Repère |
|---|---|---|
| Abbaye de La Sauve-Majeure | 30 km | Ensemble monastique médiéval. |
| Abbaye Notre-Dame de Bonne-Espérance d’Échourgnac | 74 km | Communauté cistercienne féminine. |
| Abbaye Sainte-Marie de La Garde | 80 km | Monastère habité par une communauté. |





