À 763 mètres d’altitude, l’abbaye de Hohenbourg occupe le sommet du mont Sainte-Odile, au-dessus de la plaine d’Alsace. Fondé en 601, cet ancien établissement religieux d’Ottrott reste un lieu de pèlerinage, de visite et d’accueil, sans communauté monastique résidente.
Histoire de l’abbaye de Hohenbourg en dates
L’abbaye de Hohenbourg se trouve à Ottrott, dans le département du Bas-Rhin, en région Grand Est. Sa fondation est fixée à 601. Le site porte aussi le nom de couvent du Mont-Sainte-Odile.
Hohenbourg désignait d’abord une résidence fortifiée des ducs d’Alsace. La tradition monastique associe sa transformation à sainte Odile, fille du duc Etichon-Adalric et de Bereswinde. Le récit de sa cécité, de sa guérison lors du baptême et de son installation sur la montagne relève de l’hagiographie, c’est-à-dire du récit consacré à la vie d’un saint. Sa Vita est connue par des manuscrits dont les versions les plus anciennes remontent au IXe siècle.
Après la mort d’Odile, traditionnellement placée au 13 décembre 720, Hohenbourg devient un centre de pèlerinage. Charlemagne, puis Louis le Pieux, accordent leur protection au monastère. Cette immunité limite l’intervention des pouvoirs extérieurs dans son administration.
| Année | Événement |
|---|---|
| 601 | Fondation de l’abbaye de Hohenbourg. |
| 718 | Attale, nièce d’Odile, devient la première abbesse de l’abbaye Saint-Étienne de Strasbourg. |
| 720 | Mort de sainte Odile, fixée par la tradition au 13 décembre. |
| 1045 | Bruno d’Eguisheim, évêque de Toul, consacre l’église de Hohenbourg. |
| 1050 | Bruno revient comme pape sous le nom de Léon IX et confirme les biens ainsi que les privilèges du monastère. |
| 1150 | Arrivée de l’abbesse Relinde, qui introduit la règle de saint Augustin. |
| 1153 | Frédéric Barberousse engage la reconstruction de Hohenbourg et de Niedermunster. |
| 1176 | Mort de l’abbesse Relinde après une phase majeure de reconstruction. |
| 1546 | Un incendie met fin à la communauté féminine installée à Hohenbourg. |
| 1791 | La Révolution entraîne la vente du domaine comme bien national. |
| 1853 | Le diocèse de Strasbourg acquiert le mont Sainte-Odile et rétablit sa fonction religieuse. |
La seconde moitié du XIIe siècle constitue la période d’essor la mieux lisible dans les bâtiments. Relinde applique la règle de saint Augustin, qui organise la vie commune, la prière et les responsabilités du chapitre, l’assemblée chargée des affaires de la maison. Les travaux concernent l’église et plusieurs chapelles.
La commende, système confiant les revenus d’un établissement à un supérieur qui n’y réside pas toujours, ne constitue pas ici le principal point de rupture. L’incendie de 1546 met fin à l’ancienne abbaye féminine. Des religieux prémontrés occupent ensuite le lieu à partir du XVIIe siècle. La Révolution supprime cette présence régulière et disperse les biens.
Hohenbourg réunit deux histoires distinctes : celle d’une ancienne abbaye féminine et celle d’un sanctuaire diocésain toujours actif. La présence d’offices ne signifie donc pas qu’une communauté monastique y réside aujourd’hui.
Ce que l’on voit aujourd’hui au mont Sainte-Odile
L’abbaye de Hohenbourg est un monument historique classé. Les bâtiments occupent un plateau rocheux à 763 mètres d’altitude. Ils dominent le piémont vosgien, la plaine d’Alsace et les vallées de Barr et de Bœrsch.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéL’ensemble visible ne correspond pas à une abbaye médiévale conservée sans transformation. Les destructions, les incendies et les reconstructions ont modifié le plan. Les parties basses de certains murs de l’église ainsi que les chapelles de la Croix, des Larmes et des Anges conservent des éléments rattachés aux travaux du XIIe siècle. Les bâtiments d’accueil et une grande partie des élévations appartiennent aux campagnes postérieures.
Les espaces à regarder dans l’abbaye de Hohenbourg
L’église reste le centre liturgique du site. Le tombeau de sainte Odile matérialise la fonction de pèlerinage. Les chapelles prolongent le parcours religieux. La terrasse ouvre la vue vers l’est, sur Ottrott et la plaine d’Alsace.
Le cloître, espace de circulation organisé autour d’une cour, ne se lit plus comme celui d’une communauté médiévale complète. Les bâtiments disparus ou remaniés empêchent de restituer directement les lieux du dortoir, du réfectoire et du chapitre. La visite demande donc de distinguer les vestiges romans, les reconstructions religieuses et les aménagements contemporains.
Le massif conserve aussi le mur païen, une enceinte ancienne qui entoure une partie du plateau. Il ne dépend pas de la fondation monastique de 601. Son tracé rappelle que la montagne était occupée et fortifiée avant l’organisation de l’abbaye.
Visiter l’abbaye de Hohenbourg
Le mont Sainte-Odile fonctionne d’abord comme un sanctuaire. L’église est accessible dans le cadre de l’accueil des pèlerins et des offices. Une célébration reste un temps cultuel : vous entrez en silence et vous évitez de circuler dans le chœur pendant la liturgie.
La visite comprend l’église, le tombeau de sainte Odile, les chapelles accessibles et les espaces extérieurs ouverts au public. Les secteurs réservés au service du sanctuaire relèvent de la clôture, terme qui désigne les espaces non ouverts aux visiteurs. Vous ne les franchissez pas sans autorisation.
- Commencez par l’église afin de comprendre l’organisation cultuelle du lieu.
- Repérez les maçonneries anciennes dans les chapelles de la Croix, des Larmes et des Anges.
- Observez les ruptures d’appareil dans les murs, signes des reconstructions successives.
- Rejoignez la terrasse pour situer Ottrott, le piémont des Vosges et la plaine d’Alsace.
- Adressez-vous à la porterie, l’accueil placé à l’entrée, pour les conditions d’accès du jour.
Les horaires varient avec les offices, les célébrations et l’organisation du sanctuaire. Consultez la fiche pratique de l’abbaye pour les heures du jour. Lorsqu’une visite guidée est programmée, son départ et ses modalités sont indiqués sur place. La boutique propose des ouvrages religieux, des souvenirs du pèlerinage et des produits sélectionnés par le sanctuaire.
Pour préparer un parcours plus large, la rubrique visiter les abbayes rassemble les repères pratiques. La carte des abbayes aide à organiser les étapes sans confondre un monument ouvert, une maison religieuse active et un site accessible seulement de l’extérieur.
Ce qu’est devenue l’ancienne abbaye de Hohenbourg
Aucune communauté monastique ne vit aujourd’hui à Hohenbourg. Le lieu conserve une activité catholique sous la responsabilité du diocèse de Strasbourg. Des prêtres et des laïcs assurent les offices, l’accueil des pèlerins et le fonctionnement quotidien.
L’hôtellerie reçoit des visiteurs dans le cadre du sanctuaire. Elle ne constitue pas une hôtellerie monastique au sens strict, puisqu’aucun ordre résident ne règle la journée. La réservation, les repas et les conditions de séjour relèvent de l’organisation de l’établissement. La porterie renseigne sur l’accueil individuel et les groupes.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéLes ateliers monastiques ont disparu avec la communauté. Les articles vendus à la boutique ne doivent donc pas être présentés comme une production des religieuses de Hohenbourg. Cette distinction évite d’attribuer au lieu une activité artisanale qu’il n’exerce plus.
Autour de l’abbaye de Hohenbourg dans le Grand Est
L’abbaye se situe dans le Grand Est, sur le versant alsacien des Vosges. Ottrott forme le point d’accès communal. Obernai, Barr et Rosheim structurent les déplacements dans le piémont.
L’abbaye de Baumgarten se trouve à 8 km. Cette proximité permet d’associer les deux lieux dans une même journée, sous réserve des conditions d’accès propres à chaque maison.
Le couvent de Saint-Jean-de-Bassel est situé à 51 km. L’abbaye Notre-Dame d’Autrey se trouve à 55 km. Ces étapes montrent des usages religieux différents de celui de Hohenbourg. Le répertoire des abbayes de France permet de distinguer les communautés vivantes, les anciens monastères et les monuments convertis à d’autres fonctions.




