Fondée en 1101, l’Abbaye Notre-Dame de Longpont conserve neuf siècles d’histoire dans ses ruines gothiques, ses bâtiments conventuels et sa porte fortifiée. Cette ancienne abbaye cistercienne de l’Aisne, fermée en 1790, reste un monument privé ouvert à la visite certains jours.
L’histoire de l’Abbaye Notre-Dame de Longpont en dates
L’Abbaye Notre-Dame de Longpont est fondée en 1101 à Longpont, dans le département de l’Aisne. Elle appartient à l’ordre cistercien. Sa filiation monastique la rattache à l’abbaye de Clairvaux.
Les premières décennies sont soutenues par des donations. Raoul, comte de Vermandois, compte parmi les bienfaiteurs cités. Ces ressources financent le domaine agricole et la construction des bâtiments nécessaires à la communauté.
La grande église abbatiale gothique est bâtie entre 1192 et 1227. Sa consécration a lieu en 1227 en présence du roi Saint Louis. Cette campagne de construction marque l’apogée médiévale de Longpont.
Jean de Montmirail se retire dans l’abbaye et y mène la vie d’un simple moine. Il meurt à Longpont en 1217. Louis d’Évreux, demi-frère du roi Philippe IV, s’y retire en 1318 et y meurt en 1319.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1101 | Fondation de l’Abbaye Notre-Dame de Longpont. |
| 1192 | Début de la construction de l’église abbatiale gothique. |
| 1217 | Mort de Jean de Montmirail, retiré à Longpont comme simple moine. |
| 1227 | Achèvement et consécration de l’église en présence de Saint Louis. |
| 1318 | Retraite de Louis d’Évreux dans l’abbaye. |
| 1319 | Mort de Louis d’Évreux à Longpont. |
| 1790 | Dissolution et fermeture de l’abbaye. |
| 1793 | Destruction d’une partie du monastère après le départ des moines. |
| 1804 | Rachat des ruines par le comte Henri de Montesquiou. |
| 1889 | Classement de l’abbaye au titre des monuments historiques. |
De la commende à la fermeture de 1790
Longpont connaît le régime de la commende, système dans lequel un abbé nommé perçoit les revenus du monastère sans partager nécessairement la vie quotidienne des religieux. Au XVIIIe siècle, l’ancien cellier est transformé pour recevoir les hôtes des abbés commendataires.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéLa fermeture intervient en 1790 pendant la Révolution française. Les moines quittent les lieux. Les destructions de 1793 touchent notamment l’église, dont le chœur, le transept et la toiture disparaissent.
La façade ouverte sur le ciel n’est pas un édifice resté inachevé. Elle constitue le principal témoin d’une église gothique construite entre 1192 et 1227, puis démantelée après la fermeture révolutionnaire.
Ce que l’on voit aujourd’hui à Longpont
Le site réunit les vestiges de l’église, une galerie du cloître, des bâtiments conventuels remaniés au XVIIIe siècle et une porte fortifiée. L’ensemble est un monument historique classé. Il se trouve dans le vallon de la Savière, entre Soissons et Villers-Cotterêts, à proximité de la forêt domaniale de Retz.
Les ruines de l’église abbatiale
La façade principale de l’église reste debout. Sa grande rosace a perdu son remplage et ses vitraux. Des murs gouttereaux et plusieurs contreforts indiquent encore l’emprise de la nef.
La toiture a entièrement disparu. Le chœur, où se déroulait l’office liturgique, c’est-à-dire la prière collective des moines, n’existe plus. Le transept a également été détruit. La lecture du plan repose donc sur les maçonneries conservées et sur les ruptures visibles dans les élévations.
Le cloître et les bâtiments conventuels
Deux bâtiments bordent encore la cour. Une galerie du cloître, passage couvert qui reliait les espaces de la communauté, subsiste contre cet ensemble. Les façades ont été réaménagées au XVIIIe siècle et portent des balcons en fer forgé de style Louis XIV.
Le chauffoir des moines date du XIIIe siècle. Cette salle chauffée répondait aux besoins pratiques de la communauté. Sa cheminée centrale repose sur quatre piliers.
L’ancien cellier gothique appartient aussi au XIIIe siècle. Au XVIIIe siècle, deux rangées de baies sont percées dans ses arcatures pour aménager le logement des hôtes des abbés commendataires. Le vestibule conserve un grand escalier de pierre et une rampe en fer forgé.
La salle du chapitre, lieu de réunion quotidienne des moines, ne se lit plus comme un espace conventuel complet. Elle appartenait à l’organisation régulière qui distribuait les bâtiments autour du cloître. La clôture, partie réservée aux religieux, a perdu sa fonction depuis la dissolution.
La porte fortifiée de l’Abbaye Notre-Dame de Longpont
La porte fortifiée se trouve dans le village. Elle date du XIVe siècle. Son massif rectangulaire est flanqué de quatre tourelles coiffées de pierre. Trois reposent sur des contreforts par des tas de charge.
Deux passages en arc brisé la traversent. L’un servait aux piétons. L’autre recevait les charrettes. Un assommoir défend l’espace placé devant la porte charretière. Une galerie intérieure en bois remonte à la Renaissance.
Cette porterie, entrée surveillée du domaine monastique, prenait ici la forme d’un châtelet capable d’abriter une petite garnison. La façade extérieure porte les armes de l’abbaye, devenues celles de la commune : un pont de trois arches d’argent sur une rivière, surmonté de deux fleurs de lys d’or.
Visiter l’Abbaye Notre-Dame de Longpont
L’abbaye est une propriété privée ouverte à la visite. L’accès est annoncé les samedis, dimanches et jours fériés. Les horaires variant selon la période, consultez la fiche pratique du site de l’abbaye avant votre déplacement. Le billet se prend à l’accueil lorsque le parcours est ouvert.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéLa visite porte sur les parties accessibles du monument. Vous ne pénétrez pas librement dans les espaces privés. Suivez les indications données à l’entrée et restez sur le parcours autorisé.
- Commencez par la façade de l’église et sa rosace vide.
- Repérez les arrachements de maçonnerie laissés par la toiture disparue.
- Examinez la cheminée à quatre piliers du chauffoir.
- Comparez les arcatures gothiques du cellier avec les baies ajoutées au XVIIIe siècle.
- Observez le dispositif défensif de la porte fortifiée depuis le village.
Le train de la ligne Paris–Laon dessert un arrêt à proximité de l’abbaye. Pour préparer d’autres parcours patrimoniaux, la rubrique visiter les abbayes rassemble les repères pratiques disponibles.
Ce qu’est devenue l’ancienne abbaye
Aucune communauté monastique ne vit aujourd’hui à Longpont. L’ordre cistercien a quitté les lieux lors de la dissolution de 1790. Il n’y a donc ni offices réguliers, ni hôtellerie monastique, ni atelier exploité par des religieux.
En 1804, le comte Henri de Montesquiou, né en 1768 et mort en 1844, rachète les ruines. Ses descendants assurent encore l’entretien des bâtiments conservés. Cette continuité privée a accompagné la sauvegarde du site après les destructions révolutionnaires.
Le classement de 1889 encadre la conservation du monument. Longpont se visite comme une ancienne abbaye et non comme un monastère en activité. Vous trouverez d’autres situations comparables dans l’inventaire des abbayes de France.
Autour de l’abbaye, dans les Hauts-de-France
Longpont se situe dans l’Aisne, en région Hauts-de-France. Le site s’inscrit dans un territoire où les fondations médiévales, les reconstructions modernes et les ruines révolutionnaires forment des ensembles très différents.
- L’Abbaye Notre-Dame d’Ourscamp se trouve à 34 km.
- L’Abbaye Notre-Dame d’Igny se trouve à 34 km.
- L’Abbaye Notre-Dame de Jouarre se trouve à 39 km.
Ces trois étapes montrent des états de conservation et des usages contemporains distincts. La carte des abbayes aide à organiser leur enchaînement depuis Longpont.





