Fondée en 1134, l’abbaye de Vauclair conserve les traces de neuf siècles d’histoire au pied du Chemin des Dames. Ses ruines cisterciennes, son jardin de plus de 400 espèces végétales et son verger conservatoire composent aujourd’hui un site archéologique classé.
Histoire de l’abbaye de Vauclair : les dates à retenir
L’abbaye de Vauclair est fondée en 1134 à Bouconville-Vauclair, dans le département de l’Aisne, en région Hauts-de-France. Barthélemy de Jur, évêque de Laon et parent de Bernard de Clairvaux, sollicite ce dernier pour établir une communauté sur un domaine épiscopal. Le terrain se trouve dans la vallée de l’Ailette, au pied du versant nord du Chemin des Dames. Une église y existe déjà.
Le 23 mai 1134, des moines venus de Clairvaux prennent possession du lieu. Leur supérieur est l’Anglais Henri Murdac, premier abbé de Vauclair jusqu’en 1143. Le monastère devient la quinzième fille de Clairvaux. Il appartient à l’ordre cistercien, fondé sur la règle de saint Benoît, le travail et une liturgie sobre.
Bernard de Clairvaux nomme le site Vauclair, issu de Vallis clara, soit « vallée claire ». Cette construction inverse le nom latin de Clairvaux, Clara vallis.
Les donations de familles possessionnées permettent à la communauté d’acquérir des terres et des fermes. Son domaine soutient une phase d’expansion médiévale. En 1142, Notre-Dame du Reclus est placée sous sa tutelle. En 1167, Vauclair fonde Notre-Dame de la Charmoye à la demande d’Henri Ier le Libéral, comte palatin de Champagne.
Une reconstruction engagée au XIIIe siècle agrandit l’église et les bâtiments réguliers. Les vestiges visibles appartiennent principalement à cette campagne. La guerre de Cent Ans endommage ensuite l’établissement. Les guerres de Religion affectent à leur tour la communauté durant la seconde moitié du XVIe siècle. À l’époque moderne, le régime de la commende confie les revenus de l’abbaye à un abbé qui ne réside pas nécessairement sur place.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1134 | Fondation de l’abbaye par Bernard de Clairvaux à la demande de Barthélemy de Jur. |
| 1142 | L’abbaye Notre-Dame du Reclus passe sous la tutelle de Vauclair. |
| 1167 | Vauclair fonde l’abbaye Notre-Dame de la Charmoye. |
| XIIIe siècle | Agrandissement du monastère et reconstruction des bâtiments. |
| 1790 | Dissolution et fermeture de l’abbaye pendant la Révolution française. |
| 1791 | Vente comme bien national et transformation en exploitation agricole. |
| 1917 | Destruction presque totale pendant l’offensive Nivelle, lors de la bataille du Chemin des Dames. |
| 1966 | Début des fouilles conduites par le père René Courtois avec le groupe Source. |
| 1970 | Classement des ruines au titre des monuments historiques le 9 janvier. |
| 1973 | Mise au jour de deux dépôts monétaires en argent. |
| 1976 | Inauguration du jardin de plantes médicinales. |
| 1990 | Ouverture au public de l’arboretum et du verger conservatoire. |
Ce que l’on voit aujourd’hui dans les ruines de Vauclair
L’abbaye de Vauclair est en ruine. Son état résulte moins de la Révolution que des combats de 1917. La proximité du front du Chemin des Dames place alors les anciens bâtiments sous le feu direct de l’artillerie. L’offensive Nivelle d’avril 1917 entraîne leur destruction presque totale.
Le terrain conserve les fondations et plusieurs élévations de l’église abbatiale. Le plan permet de reconnaître la nef, le transept et le chevet. Les bases de colonnes signalent le rythme des travées. Des fragments de murs matérialisent aussi l’organisation des bâtiments réguliers autour de l’ancien cloître.
Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communautéLe visiteur repère l’emplacement de la salle du chapitre, lieu où les moines lisaient la règle et traitaient les affaires de la communauté. Le réfectoire, les espaces de circulation et les secteurs de travail se comprennent par leurs maçonneries basses. Une lecture attentive du sol aide à restituer le passage entre l’église, le cloître et les bâtiments conventuels.
Les restes appartiennent surtout à la reconstruction du XIIIe siècle. Ils relèvent de l’architecture gothique cistercienne. Le décor reste subordonné à la structure. Les supports, les ouvertures et les alignements révèlent un édifice conçu pour la vie commune et la célébration des offices.
Le père René Courtois mène les recherches archéologiques à partir de 1966. Ce jésuite belge vit sur place jusqu’à sa mort en 2005. Il est enterré au centre des ruines de l’église abbatiale. Son travail rend lisible un ensemble longtemps masqué par les gravats et la végétation.
Visiter l’abbaye de Vauclair et lire son parcours
La visite concerne un site archéologique de plein air. Il n’existe plus de communauté, d’église en activité ni de porterie monastique, c’est-à-dire l’entrée tenue par un frère chargé de l’accueil. Vous ne suivez donc pas les contraintes propres à une abbaye vivante. Aucune clôture, espace réservé aux religieux, n’organise le parcours actuel.
Commencez par le plan général des ruines. Placez ensuite l’église, puis le carré claustral. Observez les différences de niveau, les bases des supports et l’épaisseur des murs. Ces indices distinguent les espaces liturgiques des bâtiments de service. Les vestiges se regardent depuis les cheminements aménagés, sans monter sur les maçonneries.
- L’église abbatiale : repérez la nef, le transept, le chevet et la tombe du père Courtois.
- Le cloître : suivez le carré qui distribuait les principales pièces de la communauté.
- Le chapitre : identifiez l’espace consacré à la lecture de la règle et aux décisions collectives.
- Le jardin médicinal : observez une collection de plus de 400 espèces végétales.
- Le verger conservatoire : regardez les anciennes variétés de pommiers et de poiriers du nord de la France.
Le jardin de plantes médicinales est conçu par le père Courtois avec Odette et Fabienne Ballot, herboristes à Laon. Il est inauguré en 1976. L’arboretum, également présenté comme un verger conservatoire, ouvre au public en 1990. L’association des amis de Vauclair gère le jardin depuis 2006.
Les conditions d’accès varient avec la saison, l’entretien et les manifestations culturelles. Consultez la fiche pratique de l’abbaye pour les heures du jour avant le déplacement. La page consacrée à la visite des abbayes aide aussi à préparer un parcours adapté aux ruines et aux monuments ouverts.
Ce qu’est devenue l’ancienne abbaye de Vauclair
La communauté cistercienne disparaît en 1790. Les bâtiments sont vendus à des particuliers en 1791, puis utilisés comme exploitation agricole. L’abbaye ne retrouve aucune vie monastique après cette fermeture. Il n’y a donc ni office, célébration quotidienne de la communauté, ni hôtellerie religieuse, ni atelier monastique.
Le site est aujourd’hui protégé comme monument historique classé. Le classement porte sur les ruines depuis le 9 janvier 1970. Cette protection accompagne le travail archéologique engagé quatre ans auparavant.
Le trésor monétaire de l’abbaye de Vauclair
Les fouilles livrent un ensemble notable en 1973. Le vendredi 3 août, les chercheurs mettent au jour 3 400 pièces en argent. Le jeudi 9 août, un second dépôt de plus de 800 pièces apparaît. Chaque lot avait été enfoui dans un sac de tissu.
Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communautéLes monnaies couvrent plusieurs règnes et territoires européens. Elles comprennent notamment des frappes d’Henri III, Charles X, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV. D’autres proviennent de Navarre, de Flandre, du Brabant, de Lorraine, de Bavière et d’Espagne. Ces dépôts témoignent des circulations monétaires de l’époque moderne.
Autour de l’abbaye de Vauclair dans les Hauts-de-France
Vauclair se situe à Bouconville-Vauclair, dans l’Aisne, au sud de Laon et près de la source de l’Ailette. Le site s’inscrit dans le paysage historique du Chemin des Dames. La page des abbayes des Hauts-de-France permet de replacer ses ruines parmi les fondations monastiques de la région.
Trois autres établissements complètent un itinéraire dans un rayon de 57 km. L’abbaye Notre-Dame d’Igny se trouve à 27 km. L’abbaye Notre-Dame de Longpont est située à 43 km. L’abbaye Notre-Dame d’Ourscamp se trouve à 57 km.
La carte des abbayes sert à ordonner ces étapes. La rubrique consacrée aux abbayes de France distingue les communautés vivantes, les monuments restaurés et les ensembles en ruine comme Vauclair.




