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Monastere Royal De Brou : histoire, visite et communauté

par Tanguy Le Berre · mis à jour le 19 août 2026

Avec une église longue de 72 m, large de 30 m et haute de 21 m, le Monastère royal de Brou relève autant du monument funéraire que de l’ancienne fondation religieuse. Marguerite d’Autriche y a réuni architecture gothique, sculpture brabançonne et mémoire dynastique au début du XVIe siècle.

Monastère royal de Brou : l’histoire en dates

Le Monastère royal de Brou se trouve à Bourg-en-Bresse, dans le département de l’Ain, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Son histoire commence bien avant le chantier voulu par Marguerite d’Autriche.

Vers 927, saint Gérard, évêque de Mâcon de 886 à 926, se retire sur le site avec quelques compagnons. Il y fonde un ermitage. Il y meurt et y est enterré en 958. Ses disciples poursuivent cette vie religieuse sous l’autorité d’un prieur.

Le prieuré dépend ensuite de l’abbaye d’Ambronay. En 1084, Hugues, archevêque de Lyon, règle les limites de sa dîmerie, le territoire soumis à la dîme. Une église placée sous le patronage de saint Pierre est construite sur la tombe de Gérard.

Le prieuré se dépeuple au début du XIVe siècle. En 1319, Jean de Clermont le remet au comte Amédée V de Savoie, à charge d’y entretenir un religieux. La commende, attribution des revenus d’un établissement religieux à un titulaire, ne constitue pas une étape structurante de la fondation reconstruite au XVIe siècle.

Les abbayesPrieuré du Jassonneix : histoire, visite et communauté

En 1506, Marguerite d’Autriche achète le prieuré. Veuve de Philibert II le Beau, duc de Savoie, elle accomplit le vœu de sa belle-mère, Marguerite de Bourbon. Elle veut réunir à Brou le tombeau de Philibert, celui de sa mère et le sien.

Le projet de Brou associe trois fonctions précises : un monastère augustin, une église dédiée à saint Nicolas de Tolentin et une nécropole dynastique.

Une bulle papale de 1506 autorise la fondation d’un monastère destiné à douze religieux augustins, membres des ermites de saint Augustin. Leur communauté mère se trouve en Lombardie. Marguerite d’Autriche pose la première pierre de l’église le 27 août 1506.

Année Événement
Vers 927 Saint Gérard fonde un ermitage à Brou.
958 Gérard meurt et est enterré sur le site.
1084 Les limites de la dîmerie sont réglées sur ordre de Hugues, archevêque de Lyon.
1319 Jean de Clermont remet le prieuré au comte Amédée V de Savoie.
1506 Marguerite d’Autriche achète le prieuré et obtient l’autorisation pontificale de fonder le monastère.
27 août 1506 Marguerite d’Autriche pose la première pierre de l’église.
1506-1512 Les bâtiments monastiques sont construits.
1512 Le projet des tombeaux est repris par Jan van Roome après les dessins de Jehan Perréal.
1513-1532 L’église Saint-Nicolas-de-Tolentin est édifiée sur les plans de Louis van Bodeghem.
22 mars 1532 Jean Joly de Fleury, évêque d’Ebron in partibus, consacre l’église.
1790 La suppression des ordres religieux met fin à la présence augustinienne.
1922 Le musée municipal de Bourg-en-Bresse s’installe dans les bâtiments monastiques.

Depuis Malines, Marguerite d’Autriche suit les dépenses, les maquettes et les échantillons. Son écuyer tranchant, Jean Bonnot, seigneur de Cormaillon, supervise le chantier. Louis van Bodeghem dirige l’architecture. Conrad Meit travaille aux gisants. Jehan Perréal et Jan van Roome interviennent dans la conception des monuments funéraires.

Ce que l’on voit aujourd’hui au Monastère royal de Brou

L’ensemble comprend l’église Saint-Nicolas-de-Tolentin et les bâtiments monastiques organisés autour de trois cloîtres. Il est classé monument historique. Les anciens espaces conventuels abritent le musée municipal de Bourg-en-Bresse.

Les bâtiments monastiques, élevés entre 1506 et 1512, présentent un traitement sobre. L’église, construite de 1513 à 1532, associe le gothique brabançon au gothique flamboyant français. Louis van Bodeghem en a tracé les plans. Brou constitue sa seule réalisation connue hors des anciens Pays-Bas.

La façade, la toiture et le plan de l’église

L’église adopte un plan en croix latine. Sa façade comporte trois registres séparés par des balustrades. Le niveau supérieur réunit un pignon curviligne, une rosace et trois baies triangulaires. Le registre médian présente une verrière précédée d’une statue de saint André.

Deux portes ouvrent sur la nef au registre inférieur. Saint Nicolas de Tolentin occupe le trumeau, le support placé entre les portes. Le tympan représente Marguerite d’Autriche et Philibert II de Savoie tournés vers un Ecce homo. La toiture actuelle reprend les tuiles vernissées polychromes disparues au XVIIIe siècle, lorsqu’un toit à la Mansart les avait remplacées.

Sur le parvis, un cadran solaire circulaire comporte une méridienne horizontale. Son analemme dessine un 8 et matérialise les variations de la course solaire au fil de l’année.

La nef, le jubé et les tombeaux

L’église mesure 72 m de long, 30 m de large et 21 m de haut. La nef est voûtée d’ogives. Elle est bordée de bas-côtés et de chapelles. Ses piliers, ses murs peu ornés et ses verrières incolores conduisent le regard vers le jubé, clôture de pierre séparant historiquement la nef du chœur.

Le chœur conserve les mausolées achevés en 1532. Ils appartiennent à Marguerite d’Autriche, à Philibert II et à Marguerite de Bourbon, née en 1438 et morte en 1483. Les tombeaux de Marguerite d’Autriche et de Philibert présentent une double effigie : une représentation au vif, puis une figure en linceul au niveau inférieur. Conrad Meit exécute les gisants.

Des sarcophages visibles dans l’église rappellent que le terrain accueille depuis deux millénaires des sépultures antiques, paléochrétiennes et burgondes. Les cloîtres et les salles conventuelles restituent aussi l’organisation collective. Le chapitre, réunion des religieux chargée des affaires de la communauté, rythmait cette vie quotidienne.

Visiter le Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse

Le Monastère royal de Brou se visite comme un monument et un musée. Le billet se prend à l’accueil. La porterie, entrée contrôlée d’un monastère, a perdu sa fonction religieuse d’origine. Il n’existe plus de clôture active, c’est-à-dire de secteur réservé à une communauté.

Les abbayesAbbaye d’Aubazine : histoire, visite et communauté

Le parcours associe l’église, les trois cloîtres et les collections installées dans les bâtiments monastiques. Commencez par la façade afin d’identifier ses trois registres. Dans la nef, placez-vous dans l’axe du jubé. Rejoignez ensuite le chœur pour observer la disposition des trois mausolées et la différence entre les effigies au vif et les gisants en linceul.

  • À l’extérieur : regardez la toiture de tuiles vernissées, le trumeau et le cadran solaire du parvis.
  • Dans la nef : repérez les voûtes d’ogives, les bas-côtés et le contraste avec le décor du jubé.
  • Dans le chœur : examinez les tombeaux de Marguerite d’Autriche, Philibert II et Marguerite de Bourbon.
  • Dans les bâtiments conventuels : suivez le parcours du musée municipal autour des cloîtres.

Les horaires et les conditions d’accès varient selon la saison et la programmation. Consultez la fiche pratique officielle du monument pour les heures du jour. La page visiter les abbayes aide aussi à préparer un parcours consacré au patrimoine monastique.

Ce qu’est devenu l’ancien monastère de Brou

Le Monastère royal de Brou n’abrite aucune communauté monastique aujourd’hui. Il ne propose donc ni hôtellerie religieuse, ni ateliers monastiques, ni rythme communautaire. L’office, prière liturgique célébrée à heures fixes, ne structure plus la visite du lieu.

Les bâtiments monastiques accueillent le musée municipal de Bourg-en-Bresse. Cette affectation maintient les espaces conventuels dans un usage public. L’église conserve sa fonction patrimoniale et funéraire. Les cloîtres servent de circulation entre les différentes parties du parcours.

Pour distinguer Brou des établissements encore habités, la liste des abbayes de France précise la nature de chaque site : communauté vivante, monument, ruine ou bâtiment réaffecté.

Autour du Monastère royal de Brou en Auvergne-Rhône-Alpes

Bourg-en-Bresse offre un point de départ direct vers plusieurs fondations religieuses de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Leurs histoires, leurs architectures et leurs usages actuels diffèrent nettement de ceux de Brou.

La carte des abbayes permet de situer ces trois étapes par rapport à Bourg-en-Bresse et d’organiser un itinéraire entre l’Ain, la Bresse et le Clunisois.

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